LE BIOLIBERALISME

TITRE :          LE BIOLIBERALISME

Genre : Essais

Résumé :         Nous vivons à une époque stimulante, la fin du communisme soviétique laisse orphelin les intellectuels du monde entier. Que l’on soit de droite ou de gauche la disparition d’un pan entier de la pensée ne peut laisser indifférent. Ce grand vide plonge les pays dans l’attente d’un nouvel espoir. La droite triomphante n’est hélas pas la panacée, les difficultés monétaires font de l’économie capitaliste un géant aux pieds d’argile. Le monde entier tremble dans l’attente de la prochaine crise et s’angoisse de ses possibles répercussions.

Ni de droite ni de gauche, mais alliant des solutions dont la paternité est issue deux bords, le biolibéralisme apparait comme une alternative plausible. Résolument social au travers de la monnaie temps ou le partage des dividendes, mais très certainement à droite pour l’abandon de la forme salariale, et la disparition de l’état providence. Cette étonnante idéologie ouvre grand les portes à l’union des partis en une seule pensée. L’humanité est une et indivisible, le salariat a partagé la population en deux classes qui ont vocation à s’unir par le biolibéralisme. En supprimant une démarcation arbitraire, nous retrouverons l’unité nationale indispensable à la paix sociale et à la fin d’une guerre stérile.

Abandonner le salariat et sa contrainte horaire nous fait entrer de plain-pied dans un monde nouveau débarrassé du productivisme. En nous permettant de travailler pour vivre et non plus de vivre pour travailler, le biolibéralisme rééquilibre nos rapports avec la nature. Par cette méthode l’humanité cesse d’abuser de son environnement pour enfin retrouver la place qui est la sienne au sein d’une coopération harmonieuse.

                                                           CHAPITRE 1

Un nouveau CALCUL.

Au cours de la journée sanglante du 10 aout 1792, l’Ancien Monde vacille. Le roi Louis XVI et sa famille sont jetés en prison, et le 21 septembre l’Assemblée législative proclame l’abolition de la royauté. L’instauration de la 1re République française, fut éphémère, la décapitation du roi le 21 janvier 1793 sera suivie quelques années plus tard, par le sacre de l’empereur Napoléon premier. À sa chute, Louis-Philippe Ier roi des Français, est porté par les instances dirigeantes à la tête du pays. La révolution industrielle embourgeoise la population, mais elle appauvrit les classes les plus basses. La contestation gronde et le roi est obligé d’abdiquer.

La IIe République est proclamée le 24 février 1848, assoiffée de démocratie, elle instaure le suffrage universel masculin, et abolit définitivement l’esclavage dans les colonies françaises. Marchant résolument vers une société toujours plus sociale la IIIe République institue l’enseignement public laïque et gratuit. Soucieux du bienêtre de ses administrés, l’état inaugure la semaine de 40 heures, et les congés payés. Nous sommes aujourd’hui sous la cinquième république, et on peut légitimement se poser la question de savoir, si les réformes démocratiques sont totalement abouties.

Abraham Lincoln, décris la démocratie comme étant le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Il est donc légitime de savoir si nous nous gouvernons vraiment. Fasciné par cette déclaration, je me suis souvent demandé à quoi pourrait ressembler une société, où les représentants du peuple reflètent fidèlement sa volonté. Le processus républicain ne projette pas cette image. Il se dégage de ses actions, l’impression de faire de nous les rouages d’une machine, n’ayant pas pour objectif le bien commun, mais l’intérêt de ceux qui nous dirigent. Ce ressenti est-il le prix à payer pour vivre dans nos sociétés modernes, ou pouvons-nous espérer mieux ?

L’opulence des démocraties occidentales va-t-elle de pair, avec une certaine forme de contestation réservée aux esprits chagrins et insatisfaits, dont hélas je ferais partie ? L’observation m’a permis de constater chez un grand nombre de mes concitoyens, les mêmes dispositions. En portant le regard vers l’étranger, on peut observer des comportements identiques. La contestation s’étend des pays les plus proches aux plus éloignés. Fort de ce constat je dus me résoudre à l’évidence, la critique du pouvoir semble être une norme universelle. Tous les pays développés présentent des signes évidents de contestation. Pas un gouvernement ne peut se dispenser d’un effort pour contrôler cette grogne. Quel que soit le continent, les pays affectent bien plus de moyens pour gérer leur population, qu’ils ne le font pour se prémunir de leurs voisins.

S’il existe de nombreuses régions, où de pseudodémocraties font régner une véritable terreur, on peut s’étonner de l’insatisfaction de notre civilisation occidentale, qui dans sa grande majorité se gouverne par le peuple, et donc à priori pour le peuple. L’occident vit sous des régimes démocratiques, et si le procédé souffre de nombreux défauts, il recèle l’immense avantage de nous donner des lois estimées juste. De tous les pays du monde, la France a un niveau de vie parmi le plus élevé et la répartition de sa richesse est certainement la mieux partagée. Le sentiment de rejet des institutions est d’autant plus incompréhensible que pouvant faire élire nos responsables, nous en sommes mécontents une fois mis en place.

Si un système considéré comme équitable n’est pas satisfaisant, il existe forcément une cause au mécontentement. Toute expérience infirmant une théorie démontre la nécessité de vérifier le bon fonctionnement de l’un ou l’autre facteur, voir des deux en même temps. Le sujet est délicat, car notre société n’a pas inventé d’autres systèmes. Il n’existe pas sur cette planète, de moyen de faire régner la volonté populaire, sans élire ceux chargés de la mettre en forme. Rejeter nos dirigeants, revient à dénigrer le processus électif. Le progrès est pourtant évident par rapport à la royauté, un régime dont tout le monde s’accorde à reconnaitre la très grande injustice. Ainsi de manière totalement illogique, nous sommes animés d’un sentiment nous poussant à rejeter le système libérateur. Quiconque désirerait comprendre la nature de ce rejet, devrait devant la multitude des accusations réelles ou imaginaires, essayer tout d’abord d’en cerner la nature.

Une contestation continue.

Nous vivons à l’ère fascinante d’internet où, la technologie a donné à la population la possibilité de s’exprimer dans un univers virtuel. Autrefois il eût sans doute fallu visiter les bars et écumer les places publiques, pour entrer en contact avec la population. Aujourd’hui les doléances trouvées en ligne, sont le fidèle reflet des causeries, rendant caduque la nécessité de se déplacer. Consulter cet étrange lieu d’expression où, le pire côtoie le meilleur, permet de recueillir les pensées les plus marquantes. C’est ainsi qu’apparaissent non de manière cachée, mais, parfaitement visibles aux yeux de tous, entassés pêlemêle, les critiques les outrages, les forfaitures réelles ou supposées, attribuées à ceux qui nous dominent. Ces informations à l’état brut, donnent plus l’impression de parcourir un pamphlet, qu’un traité de philosophie. Elles nous offrent néanmoins, une vue directe de l’état d’esprit de nos concitoyens. Animé de la volonté de comprendre, il est alors nécessaire de faire la part des choses. Prenant les informations comme elles viennent nous ne nous offusquerons pas de la forme, pour nous attacher aux griefs.

J’ai trouvé maints exemples de critiques envers les politiciens, accusés de gagner trop. Ce sont les notes de frais jugées trop dispendieuses et servant de motif à des accusations de détournement. La population manifeste bruyamment son mécontentement et exprime ses désidératas. Elle considère clairement que les salaires versés à nos élus ne valent pas les résultats obtenus. La population souhaite réduire le salaire des fonctionnaires, et cherche simplement par ses revendications, à faire connaitre le motif de ses griefs.

En effet toute personne gagnant correctement sa vie n’aurait cure du train de vie d’un dirigeant, si par ailleurs, il pouvait vivre dignement. A l’inverse de ce que l’on pourrait penser, les administrés ne sont absolument pas obnubilés par les émoluments des élus, mais bien par la faiblesse des leurs. De telles propositions n’ont pas pour but de réformer les rémunérations de l’administration, mais bien de punir un résultat attendu en vain. Cette vision est d’ailleurs confortée par le processus judiciaire. Si l’on soupçonne les élus d’être corrompus, lorsque l’un d’entre eux est finalement jugé pour une faute réelle, l’opprobre est rejeté sur l’ensemble de la profession. Personne n’est soulagé par l’action de nos magistrats. La sanction n’assouvit pas la soif de justice, ne rapportant rien et ne solutionnant d’aucune façon les problèmes courants, elle est sans effet sur la population. De toute évidence si l’on faisait travailler les élus gratuitement, ils continueraient à mécontenter.

Le processus est identique pour ces maires soupçonnés d’être indélicats dans la gestion de leur commune. Même pris pour faute, ils sont régulièrement réélus. La raison ressortira de manière limpide de toute discussion sur le sujet. Le choix des votants est dicté par leur intérêt direct. On vote pour un maire en fonction de ses largesses. Au-delà de toute connotation morale, de telles actions confirment les véritables motivations des électeurs. Ils se soucient peu de savoir ce qui est gagné, s’ils en bénéficient. Le vote est une affirmation fort claire, de l’état d’esprit de nos concitoyens. Le problème majeur est bien leur niveau de vie, et non un idéal de justice ou de probité. Les administrés voteront toujours pour celui qui leur coutera le moins cher, ou leur rapportera le plus possible. Il ne s’agit pas ici d’une tentative de justification de la subornation des électeurs, mais seulement de l’observation des mécanismes engendrés par les insatisfactions.

Demander de moins payer les fonctionnaires rend les élus dubitatifs. Ne connaissant pas la solution pour les satisfaire, ils s’abstiennent en général d’agir par simple mesure de prudence. En effet les rémunérations reprochées aux fonctionnaires ne peuvent être réduites sous peine de mettre en péril l’état lui-même. Il n’est pas possible de construire une fonction publique avec un gouvernement de gens sous-payés. L’histoire nous a largement démontré la chose, une administration mal payée favorise la corruption de ses agents. Chaque décideur étant parfaitement conscient de ce problème, personne ne veut en être la cause.

Entendre les manifestations du malaise social, nous renseigne sur le mal, les gens veulent gagner plus en payant moins de taxes. Les symptômes sont révélateurs de la maladie rongeant le malade. À l’évidence la cause majeure des récriminations concerne la situation financière des administrés. Ils manifestent une volonté de sanction pour une détresse non entendue. L’argent rend le pouvoir insupportable aux yeux des plaignants. Furieux de n’en avoir pas assez, ils ne comprennent pas l’inaction du gouvernement, sans vraiment savoir comment cela pourrait se faire.

Le désarroi des élus.

Le législateur ne sachant pas dans quel sens agir se trouve désarmé lorsqu’il s’agit d’exercer son pouvoir. Il observe des différences entre riches et pauvres, mais tous étant soumis aux mêmes règles, les écarts semblent seulement créés par les différences naturelles. Les moyens permettant aux citoyens de s’enrichir semblent justes, parce qu’utilisés d’une manière ou d’une autre, par les contestataires eux-mêmes. Le sentiment d’asservissement ne peut être nié du fait de son ampleur et de sa persistance au cours des temps, mais personne ne parait en mesure de l’atténuer. Aucune solution satisfaisante n’a pu trouver le moyen de gommer les différences entre les employés et les patrons. Dans une société capitaliste, demander à nos dirigeants plus d’argent ou moins de taxes passe pour un abus. Ceux-ci sont bien en peine de trouver une raison de pousser la logique de redistribution obligatoire plus loin.

 Nous avons en Europe les gouvernements qui prélèvent le plus, avec comme but avoué d’en répartir le plus possible, l’état fait tout ce qui est en son pouvoir pour contrebalancer les différences. La société n’a pas vocation à instaurer une tyrannie des pauvres sur les riches. Tout le monde a en souvenir, les expériences malheureuses. L’instauration, par les diverses dictatures du prolétariat, d’une pseudo justice sociale, s’est toujours soldée par un appauvrissement généralisé. Il devrait être possible de réduire les écarts de revenus.

Plus d’état implique plus de taxes.

S’adresser à l’état pour résoudre un problème économique n’est pas le meilleur réflexe. Personne n’est particulièrement friand d’impôts, de taxes, et de toutes mesures coercitives, permettant de rééquilibrer les disparités. Les moyens par lesquels agissent nos élus sont contraignants, désagréables et se retournent toujours contre les demandeurs. Le domaine d’expertise de l’état est de former et d’entrainer des individus à mourir, en temps de guerre, ou à mater des révoltes qui, nous le savons tous, sont des catastrophes.

Si vous demandez à l’état des solutions, il fera ce qu’il sait faire : augmenter les impôts et engager des fonctionnaires. Plus vous vous révolterez contre les taxes mises en place et, plus il sera violent, c’est le moyen naturel par lequel il traite ce genre de manifestations. Les prélèvements n’ont pas été inventés pour réduire les inégalités financières. Notre système, bien qu’animé des meilleures intentions, trouve en conséquence, le moyen de déplaire à toutes les parties. Il mécontente le secteur asservi par des taxes, et laisse les destinataires insatisfaits. Cessons de voir l’état comme source de richesse, car ni sa fonction ni son mode opératoire ne sont faits pour cela.

Nous vivons depuis deux siècles dans une succession incessante de conflits sociaux, dont l’apogée a été le vingtième siècle. On a longtemps pensé la politique du gouvernement comme étant le résultat de la lutte des producteurs. Hélas il n’en est rien, aucun progrès ne pourra à nouveau être obtenu par ce moyen, car il est intrinsèquement inefficace. Ce n’est pas devant la colère des travailleurs ou la force des syndicats que l’état a favorisé le social. Si les organisations avaient un quelconque pouvoir, elles auraient lutté contre les délocalisations. La contestation tirait sa puissance de l’étranger et plus précisément de l’URSS. Personne ne se dresse contre le pouvoir s’il n’est pas soutenu par une puissance au moins égale.

L’effondrement du « grand frère soviétique » a entrainé avec lui l’appareil de déstabilisation. C’est la raison pour laquelle les syndicats, les mouvements nationalistes, l’intelligentsia littéraire, et artistique postsoviétique se sont effondrés comme un château de cartes. Tous ont disparu par enchantement après la chute du mur de Berlin. A-t-on déjà vu dans l’histoire de l’humanité, des individus sans pouvoir, dicter leur volonté à l’état ? Plus aucun ne se dresse devant la détérioration des conditions de travail et le démantèlement des avantages sociaux, car plus personne n’est organisé par l’étranger pour le faire. La courageuse protestation contre les taxes des gilets jaunes, manifestation d’une authentique détresse est restée lettre morte. L’état a favorisé les dissensions internes pour déjouer toute coordination. Il a découragé les leadeurs et laissé le mouvement se résorber seul. La guerre est finie, car la force est une coquille vidée de sa substance, ne produisant plus aucun d’effet, si elle n’en a jamais eu.

Cessons de nous bercer d’illusions, la raison est la meilleure manière de progresser. Vouloir imposer une cause est l’aveu de la faiblesse des arguments. La bataille pour la justice sociale aura pour arme des mots et pour méthode la non-violence. Nous sommes dans un état de guerre économique internationale uniformisant les salaires par le bas, et étouffant petit à petit toute demande naturelle de revalorisation. Notre système social basé sur les taxes est en bout de course. Contesté pour sa lourdeur comme pour son manque de moyens, il doit renaitre sur de nouvelles bases, les anciennes montrant leurs limites.

Demander à voir ses revenus augmenter est vain, il est préférable de trouver la raison de le faire. L’ignorance des causes génère l’impuissance des conséquences. Savoir pourquoi les salaires sont bas sera le seul moyen de les revaloriser. La pauvreté est néfaste pour les individus comme pour l’économie. Si l’on doit chercher une origine au problème, penchons-nous sur la manière dont on reçoit l’argent, plus que sur la façon de le répartir. Pour se faire, il serait opportun d’essayer de sortir d’un mécanisme stupide permettant de gagner trop, pour ensuite devoir subir les méthodes de l’état, pour en donner aux nécessiteux. Si l’on souhaite accroitre le niveau de vie de manière équitable, il est plus logique de modifier le procédé par lequel on gagne sa vie, plutôt que de tenter un rééquilibrage visiblement insuffisant et cause de désaccord.

Le milieu originel.

Comme la monnaie est à la fois la cause et la solution du problème, en comprendre les origines permettra d’éclaircir la question. Le but étant de déterminer si les différences débutent avec l’argent, ou si elles préexistaient. Je vous propose un retour en arrière, non pour faire une reconstitution historique, mais plutôt un déroulement logique. Remontons à l’époque charnière de son apparition au début du néolithique ou nous trouverons des groupes trop petits pour avoir des institutions.

À cette époque la répartition des produits du sol se faisait en fonction de l’utilité de chacun. Les chefs coutumiers basaient leur puissance sur la confiance inspirée. Le chamane servait d’intercesseur, exerçant ses talents de guérisseur réels ou supposés.  Les chefs s’imposaient par leurs capacités, et perdaient leur titre s’ils venaient à déchoir. Manifester ces compétences dans le domaine de la connaissance des animaux, de l’usage des plantes, ou de la stratégie guerrière, établissait une supériorité.  Les chefs dominaient par le service rendu, les différences naturelles existaient, mais étaient le résultat de capacités individuelles et non d’un moyen artificiel. La conclusion est qu’à cette époque et durant les millions d’années qui les ont précédées, ces différences naturelles étaient parfaitement acceptées pour les bienêtres qu’elles procuraient.

L’argent mis hors de cause.

Dans ce contexte, lorsque l’argent est apparu, il était un nouvel outil facilitant des échanges au sein d’une hiérarchie préexistante. L’argent est donc un agent de liaison utile, car il permettait de créer une communauté d’intérêts, au-delà des différences. Il a même certainement contribué à des échanges entre des individus ne se connaissant pas, et permis de créer une cohésion entre des peuples de langues différentes. Des spécialités ont pu se développer en renforçant le partage des tâches.

L’argent avait donc une action bénéfique et constituait une aide précieuse à la cohésion des groupes, il ne divisait pas il unissait. Si certains extrémistes lui imputent l’origine de nos maux à l’évidence ils se trompent, vouloir se passer de l’argent c’est comme jeter le bébé avec l’eau du bain. L’argent est une invention merveilleuse en soi et, s’il y a quelque chose à reprocher, c’est à nous-mêmes qu’il faut s’en prendre, pas à un objet inanimé fort utile au demeurant. La question qui se pose est alors, de chercher à comprendre comment un outil aussi bénéfique a pu engendrer des disparités si exagérées, qu’elles en finissent par sembler artificielles. Trouver l’origine de cette déviance, donnerait corps à l’existence d’un mécanisme injuste et, nous offrirait par la même occasion le moyen de la solutionner.

Dans ce contexte de communauté primitive harmonieuse, un changement de situation significatif est apparu au moment précis où, certains se sont enrichis, non de leur travail, mais du travail des autres. C’est, je pense, une définition exacte, de la cause des différences entre les individus. Cette chose a été rendue possible par ce que nous nommons aujourd’hui le salariat. Les fortunes se sont alors bâties sur les employés. C’est parce qu’il existe une différence de statut entre employeurs et employés qu’il y a une disparité de revenus.

Il peut sembler étrange de jeter un tel anathème, comment un salaire pourrait être juste, s’il s’applique à une personne, et devenir injuste en s’appliquant à plusieurs. Une rémunération est juste si elle rémunère correctement celui qui la reçoit et rémunérer une, dix, ou cent personnes n’y changera rien. Si chacun est payé au prorata du travail effectué, personne ne trouvera cette méthode injuste et il n’y aurait aucune injustice à être riche. Ne dénigrons en aucun cas les personnes s’enrichissant par la collaboration, car alors nous condamnons la richesse elle-même. Si tel était le cas, plus personne ne pourrait s’enrichir, peu importe l’ordre de grandeur.

La question à poser serait plutôt relative à l’équité de cet échange. Quels sont les critères pour rendre juste un salaire ? Quelle serait la limite au-delà de laquelle on estime un salarié pas assez payé, et son employeur l’est trop ? Si un salaire permet de devenir riche, rien n’explique pourquoi le salarié peut devenir pauvre. Si notre société a besoin d’une justification des salaires, la solution se trouve dans cette explication.

Une juste répartition.

Nous avons donc mis le doigt sur le problème, comment peut-on définir un salaire comme juste ou injuste, si on le compare à un autre salaire. Non seulement il n’est pas équitable de faire de l’employeur le juge de la valeur du salaire d’autrui, mais il est tout aussi inéquitable de comparer les salaires les uns avec les autres. Au jeu des comparaisons, le salaire de l’employé sera toujours trop bas, et celui de l’employeur toujours trop haut.  Pour établir un équilibre, il faut un point extérieur, et une référence de partage. Pour ma part il me semble naturel de dire qu’un partage juste nécessite de savoir ce que l’on partage :

La justesse d’un salaire se base sur la rémunération proportionnelle de l’effort des intervenants, en rapport au prix de vente. Lui seul peut déterminer la masse à partager, faute de quoi on ne saurait plus ce qu’il a à partager et la notion même de partage n’aurait plus aucun sens. C’est pour cela que je peux affirmer que tout « partage » qui ne se base pas, sur le prix de vente de l’objet, est injuste.

Le deuxième point est tout aussi essentiel, c’est l’étalon de référence. Il n’est pas possible de partager un prix de vente de manière équitable, si le coefficient des salaires est défini à l’avance. Pour une égalité entre les individus seuls, le temps peut servir de mesure. Si vous faites une répartition avec des coefficients imposés, vous ne faites que répartir une inégalité.

Or force est de constater qu’aujourd’hui, la grande majorité des gens sont rémunérés non au prorata de ce qu’ils produisent, mais sur la base d’un salaire horaire défini arbitrairement, sans aucune référence ni au prix de vente ni à un coefficient égalitaire. Voilà donc une chose étrange, la principale source de revenus des habitants de cette planète, appuie son calcul, sur une rétribution partiale. Supprimer toute référence au prix de vente, exclu tout équilibre. Imposer un taux horaire avant la répartition la rend caduque. On conçoit immédiatement les énormes abus pouvant en découler. Par ce procédé l’employeur aura le pouvoir de maximiser ce qui lui revient, en faisant simplement jouer l’offre et la demande. Inversement les employés pourraient faire augmenter leur salaire par la contrainte de la grève. Vous comprendrez donc l’utilité d’une méthode juste, définissant exactement la part de chacun. En l’absence de mode équitable, vous ouvrez grande la porte à une subjectivité sans fond. Sans cette référence au prix de vente et au temps, il est impossible de dire si, un salaire est en deçà ou delà d’une juste rémunération. Les employés peuvent, par ce principe, eux aussi, exploiter l’employeur.

Le partage proportionnel

Toute description littéraire du principe de répartition proportionnelle étant sujette à interprétation, voici le mode opératoire d’un calcul de répartition proportionnel du bénéfice. Les frais se traitent en amont, et ne sauraient servir de prétexte à l’inégalité.

La 1re manière : le partage en parts égales.

Exemple :  un père désire partager 1200€ de bénéfice sur la fabrication d’un objet, entre lui et ses 2 enfants. Chacun recevra 1200/3=400€

La 2em manière : la repartions selon un critère.

Exemple :  un père partage 1200€ de Bénéfice entre lui et ses deux enfants en fonction du temps de travail de chacun.  Le père ayant travaillé : 12h, Pierre : 9h, et Paul : 15h

Pour que le partage soit équitable, il faut faire un partage proportionnel aux heures de chacun.

Pour faire ce calcul, il faut commencer par faire la somme de toutes les heures de travail que l’on nommera T, ce sera le temps global.

T= 12h + 9h + 15h = 36h

Il faut ensuite appliquer la formule de répartition aux trois personnes que l’on nommera le Père= a, Pierre = b, et Paul = c

Pour trouver la part de chacun, on multiplie donc le temps de chacun par le Bénéfice et on le divise par le temps global.

Vérification

a + b +c =400 + 300 +500 =1200

1200 est bien la somme totale à partager

Les trois inégalités du calcul salarial.

L’égalité d’une répartition passe donc obligatoirement par un calcul proportionnel. À l’inverse le salariat fonctionne sur un modèle totalement différent, créant trois niveaux d’inégalité.

Si on reprend les personnages de l’exemple, le père « a » choisira de rémunérer ses enfants « b,c » moins que lui. Pour ce faire il augmentera leur durée de travail. À l’époque de l’esclavage, la contrainte pouvait n’avoir pas de fin. Aujourd’hui cette obligation s’est réduite à 8 heures par jour.  Nous parlerons d’une inégalité temporelle. Il est en effet totalement abusif d’imposer un horaire à une classe sociale. On ne doit pas dépendre de l’employeur, mais bel et bien du client. Rien ne justifie de se voir contraint de travailler pour un soi-disant supérieur. Les individus doivent avoir un statut identique afin de s’accorder sur un plan d’égalité. Tous doivent être libres de leur temps à l’image des artisans.

-S’il faut 36 heures à trois pour fabriquer un objet, le père obligera les enfants à travailler 8 heures par jour, et à produire nonstop, il se contentera de gérer les approvisionnements et la qualité du produit fini. Les enfants fabriqueront un objet toutes les 36 heures à deux. L’inégalité temporelle est la base des castes.

En seconds lieux, le père fixera un coefficient minorant la valeur horaire des enfants, et en utilisera un autre pour majorer les siennes, nous parlerons d’inégalité de coefficient. Dans l’absolu les coefficients ne devraient pas exister.  Chacun étant enclin à majorer le sien, et à minorer celui d’autrui, cette compétition est néfaste, car elle est source de conflit. Il n’y a pas de limite à la subjectivité en matière de valeur des individus. Les différences de salaire attribuées aux classes sont seulement des différences de pouvoir. Toute production étant le résultat d’un temps de travail, seul le temps peut être un étalon impartial, et servir de mesure.

-Si chaque employé a besoin de 10€ par jour pour vivre, le père donnera aux deux 40€ pour deux jours de travail. Accessoirement le père reversera 40€ supplémentaires de charges sociales pour pourvoir à leur santé. C’est l’inégalité de coefficient créant le différentiel entre la richesse et la pauvreté. Nous sommes très loin des 400€ et 300€ dus à Pierre et à Paul.

Ayant augmenté le temps de travail, et réduit le coefficient de répartition de ses enfants, le père s’attribuera la part principale du reliquat. Ainsi le prix de vente n’influera pas sur les salaires. C’est l’inégalité de bénéfice, car il n’y aura pas de répartition. Avec de tels principes, le père se retrouvera rapidement riche, et les enfants gagneront à peine de quoi vivre. Le salariat est un système de classe, avec un statut particulièrement injuste pour les employés. C’est pourtant sur ce modèle que sont calculées les rémunérations au sein de l’entreprise.

-Le père aura amassé un capital 1200-80=1120€ il dépensera 40 euros pour vivre et gardera le reste pour investir. Nous arrivons à une situation totalement artificielle ou le père est riche et les enfants sont pauvres. En multipliant le nombre d’employés, le père pourra mettre un gestionnaire salarié, et vivre de ses rentes, l’inégalité de bénéfice créant la société capitaliste.

Ces trois inégalités engendrées par le salariat dénaturent l’équation de répartition proportionnelle. Elles créent un déséquilibre des rémunérations en faveur de l’employeur au détriment des employés. Le calcul salarial n’est pas le résultat d’une équation puisque par principe chaque inégalité découle de l’intervention arbitraire de l’employeur.

Le tableau serait incomplet si l’on n’y rajoutait pas le fonctionnement de la banque. N’ayant pas l’utilité des sommes gagnées pour vivre, le père les placera afin qu’elles rapportent. C’est ainsi que les enfants devant emprunter pour construire leur maison payeront un intérêt sur ce qu’ils emprunteront pour ne l’avoir pas touché en salaire.  C’est de cette manière que le père employeur pourra vivre de son capital sans travailler. Le système capitaliste s’appuie entièrement sur cette construction. Si vous répartissez correctement l’argent, le capitalisme disparait ainsi que l’exploitation sur laquelle il se base.

Historiquement l’état s’est toujours positionné en défenseur des employés en instaurant un salaire minimum, un temps de travail maximum et des charges sociales afin d’alléger la condition des travailleurs. Cette position protectrice lui impose d’incarner un rôle qui aujourd’hui devient pesant.  Ce qui était une attitude bienveillante se transforme en un autoritarisme mal placé. Les travailleurs aspirent à prendre en charge leurs paramètres sociaux et l’état se refuse avec raison à leur passer la main. Il est en effet impossible de donner le contrôle de ces indices a des salariés de peur qu’ils en abusent. L’état réprimera par la force toute tentative populaire en vue d’acquérir la maitrise de ses constantes salariales tant que leur statut ne sera pas transformé en un entrepreneuriat généralisé . On ne peut donner la liberté de fixer un salaire minimum à des gens astreints à un horaire. On doit tout au contraire les libérer de la contrainte, ainsi libre de leur temps ils pourront fixer leur prix et définir leurs charges.

Le salariat est une technique perverse. Se voyant contraint à un travail sans fin, le salarié n’est pas enclin à finir vite pour passer à autre chose. Dirigé en tout point le salarié attend simplement qu’on lui donne un nouveau travail, son statut n’implique pas d’avoir de l’initiative, puisque par principe son activité lui est donnée par celui qui l’emploi. Le salaria est par essence déresponsabilisant puisqu’il divise la population en deux classes ceux qui donnent les ordres et ceux qui les reçoivent.

            En imposant des horaires, nous avons fait le choix de vivre au sein d’une culture conflictuelle. L’interdiction faite aux salariés de fixer le prix de leur travail est génératrice de colère. Dans de telles circonstances, nous ne devons pas nous étonner des récriminations salariales venant régulièrement obscurcir le climat de la société. En imposant un salaire minimum en lieu et place d’une liberté semblable à celle des artisans nous envenimons les relations entre les différentes castes de travailleurs. Les manifestations ne sont que l’expression de la frustration de ne pouvoir être affranchie de ces contraintes. Remettre entre les mains de l’état le pouvoir de contrôler la majorité de la population, c’est allumer la mèche d’une bombe sociale.

L’instinct mathématique

Le comportement salarial est une culture pervertie. Jamais nous n’avons été faits pour abuser les uns des autres. Seules des circonstances historiques extrêmement défavorables ont pu nous pousser à de telles extrémités. Le fait de vivre maintenant dans une société d’abondance est une incitation à un retour à notre véritable nature.

Le principe de répartition proportionnelle sur un critère de temps est donc la transcription mathématique, de notre nature profonde. Le principe salarial nous fait souffrir, parce que nous ne sommes pas faits pour ce type de société. Notre sens social est tellement développé, qu’il ne peut tolérer une domination arbitraire.

Le partage salarial n’est pas équitable et doit être aboli pour les torts qu’il cause. Personne ne pourra se contenter de contremesures. Devoir en passer par l’impôt pour rétablir l’équilibre oblige à subir le joug d’une administration pour le prélever et celle des services sociaux pour les distribuer. Nous nous retrouvons pieds et poings liés par l’état qui seul décide des quantités à ponctionner, en lieu et place d’un juste système de répartition. Il est tout aussi détestable pour l’employeur de se voir délester de ce qu’il pense avoir gagné par son travail que de dépendre du bon vouloir de l’état pour déterminer les quantités nécessaires à rétablir la justice.

La liberté de choix.

Le biolibéralisme est le principe qui désigne la répartition salariale comme l’origine du trouble social. Il affirme que cette méthode injuste est maintenue en place par le pouvoir de l’état qui, plutôt que de se reformer préfère rééquilibrer les revenus par l’impôt. Nous sommes dans un système ubuesque où le pouvoir s’est établi en redresseur de torts alors qu’il est à l’origine de la répartition salariale. Le biolibéralisme demande donc que soient interdits les horaires de travail imposés pour tout le monde. Cette méthode détestable est un reliquat des temps obscurs de l’esclavage et doit être interdite. 

On pourrait penser que vouloir imposer l’entrepreneuriat en faisant disparaitre le salariat est une atteinte à la faculté de choix. Le système dans lequel nous vivons n’impose à personne de devenir salarié, chacun peut s’il le désire, s’établir comme son propre patron à défaut d’employer du personnel.

Hélas, le principe de liberté ne résiste pas à l’analyse. Il n’est en fait pas possible de s’installer comme indépendant pour une grande majorité des professions. Hormis le fait que l’éducation nationale nous formate pour devenir salarié, le statut d’entrepreneur ne peut pas lutter contre les entreprises salariales. De prime abord la concurrence pose un problème majeur. Il n’est pas possible pour de petits entrepreneurs de lutter contre le patronat. Le service fourni par des employés sous-payés sera toujours moins cher que ceux d’un petit patron. Un grand employeur peut non seulement dégager de quoi vivre, s’il décide de baisser les prix, mais disposera, grâce à son chiffre d’affaires, de la possibilité d’emprunter. Non seulement la marge commerciale prise sur chaque salaire permettra de rembourser facilement les emprunts, mais de plus il pourra mener une guerre commerciale contre les petits concurrents. L’histoire regorge d’exemples, il suffit de se rappeler les petites surfaces alimentaires qui ont en grande partie disparu du fait de la concurrence des super et hyper marchés. Il faut donc choisir soit nous acceptons de payer les choses un peu plus pour avoir un meilleur niveau de vie, soit nous préférons les payer moins cher avec pour conséquence d’être pauvres et exploités.

Tout mon propos consistera à démontrer que la richesse obtenue dessert les employés. Le fait d’acheter à bas prix ne les enrichit pas puisqu’ils sont déjà pauvres par la faiblesse de leurs revenus. Les produits bon marché sont de tellement mauvaise qualité que s’usant rapidement ils doivent sans cesse les racheter. Enrichir un intermédiaire ne présente aucun intérêt collectif. Le peuple est plus appauvri par les marchands de pacotille que par les artisans. Il vaut mieux payer plus cher un produit ou un service de qualité, que bon marché des sous-produits. Vous êtes obligé de changer régulièrement de voiture, vous vous habillez de nylon et de lycra, vous achetez une nourriture issue d’animaux en mauvaise santé, les végétaux que vous consommez nécessitent l’emploi de produits chimiques, toute la production reposant sur une économie bon marché liée aux hydrocarbures met la planète en danger. Vous économisez peut-être à l’achat, mais ce que vous payez est de si mauvaise qualité que vous n’êtes pas enrichi. Peu de gens possèdent réellement le choix de s’installer comme artisans ou salariés, nous sommes en guerre commerciale et les employeurs ont gagné, ils dominent le marché sans aucun profit pour le consommateur.

Éradiquer le consumérisme.

La véritable liberté.

Abolir les horaires permet d’envisager une véritable égalité des individus et aura pour immense vertu de supprimer les castes d’employeurs et d’employés. La liberté ne doit pas être un avantage accordé à ceux présentant certaines compétences, capacités, ou autres facilités prétendument naturelles ou héritées. Est-il normal pour être libre de devoir répondre à des critères inaccessibles à d’autres ? S’installer n’est pas toujours une chose aisée, il est inutile de dresser des obstacles supplémentaires, surtout pour les personnes ne possédant rien. La faiblesse des finances ou des études ne peut et ne doit pas être une justification de l’asservissement. Être pauvre ou avoir un faible niveau de culture ne devrait pas rogner la rémunération et la liberté des moins bien dotées. L’état doit reconnaitre l’injustice d’un tel système et l’interdire.

De tels principes coupent le pays en deux factions ennemies, celles des employeurs et des employés aux buts divergents. Historiquement, le droit à des horaires libres a de tout temps été l’apanage des employeurs appartenant à la bourgeoisie, la noblesse ou à l’église. Lorsque les révolutions anglaises puis françaises ont supprimé les privilèges, elles n’ont fait qu’étendre les avantages des employeurs aux roturiers en oubliant de supprimer le statut de salarié. La révolution n’est pas allée jusqu’au bout de sa logique et toute la société industrielle s’est construite sur le modèle salarial.

Les marxistes n’ont absolument pas vu ce problème. En prônant la collectivisation des moyens de production, ils n’ont fait que remplacer les bourgeois par l’état. Ils ont certes dépouillé les employeurs, mais n’ont rien donné aux employés. En dépossédant les propriétaires, ils ont appauvri les riches, mais n’ont pas enrichi les pauvres. Il n’est apparu aux yeux de personne que l’état est un employeur comme les autres avec de graves lacunes de productivité.

Soyons objectifs historiquement, le salariat est la prolongation naturelle de l’esclavage. Le principe est de ne pas payer proportionnellement aux services rendus en imposant un salaire. Le montant est certes plus élevé aujourd’hui qu’hier, mais toujours arbitrairement restreint. Le salariat se distingue peut-être de l’esclavage par un plus grand respect des individus, par des assurances maladie, chômage, vieillesse et par un salaire minimum, mais ne change rien au principe d’une rémunération plafonnée et d’un travail contraint.

Nous vivons encore à un âge sombre où des castes constituées d’une minorité de gens rémunérés proportionnellement au montant de la vente exploitent sans même en avoir conscience une immense population de salariés. Supprimer le salariat éliminerait un système discriminatoire, chaque individu deviendrait l’égal en droit des autres, ce serait la fin des guerres syndicales et des factions politiques. N’en avez-vous pas assez de cette démarcation stérile entre le parti des ouvriers et celui des patrons ? Ne serait-il pas plus juste que chacun devienne l’égal de celui qu’il côtoie au travail ou ailleurs ?

Malheureusement, en continuant à protéger le salariat, nous renforçons l’idée qu’il est naturel d’avoir des barrières à franchir pour devenir libre alors que c’est une vertu destinée à tous. Le salariat est un système pervers n’ayant aucun droit à perdurer en démocratie. Il doit le plus rapidement possible disparaitre à cause des inégalités artificielles qu’il impose. S’il y a des pauvres, c’est parce que le système est fait pour appauvrir une majorité au profit d’une minorité. C’est un modèle social arriéré incapable de répondre aux exigences d’une société moderne.

Une évolution libératrice.

Aujourd’hui, la richesse d’un pays dépend de la capacité à consommer du plus grand nombre et non des dépenses d’une élite. La division, employeur employé, n’a plus aucun sens. Il n’est pas possible de continuer à prétendre vivre sous une égalité des règles avec deux statuts fort différents. Comment peut-on tolérer qu’au sein d’un même pays règnent deux classes inégales, l’une étant soumise à l’autre. Est-il normal que deux personnes ayant affaire au même client, l’employeur soit payé à la pièce, et l’employé le soit au temps ? comment peut-on soutenir que l’employeur est l’égal de l’employé lorsque le premier impose des horaires et un salaire plafonné au second, en lieu et place d’une juste répartition. Le système salarial crée des strates arbitraires et le seul moyen d’en sortir est de mettre purement et simplement fin à ces paléométhodes. De telles disparités entrainent des distorsions de salaire tellement importantes qu’il est ensuite nécessaire d’instaurer des mesures de protection sociale et des impôts pour en contrer les dommages.

Le changement sera de taille, mais c’est le passage obligé de toute métamorphose. La première transformation impactera l’ordre de l’offre et de la demande. Ainsi vont disparaitre les politiques de vente agressive. La démarche publicitaire est la conséquence directe de l’obligation de produire. Si la contrainte disparait, ce sera alors aux clients à se faire connaitre. Les entreprises cessant de produire huit heures par jour n’auront plus la nécessité de se battre pour vendre, ce sera la fin du productivisme.

Pour maintenir la concurrence, il sera nécessaire de mettre en place un système de devis normalisé. Une bourse du travail les publiera afin que le client puisse les comparer. Dans un monde où chacun aura la possibilité de faire ses prix, la transparence des offres sera le seul moyen de maintenir la concurrence. Si quelqu’un souhaite faire changer un évier, ce sera à lui de fournir le descriptif des travaux. S’il ne sait pas le faire, il utilisera un professionnel pour y parvenir.

Un tel monde peut paraitre étrange, mais c’est la vision d’une société qui produit à la demande et non plus simplement pour produire. S’il existe des comparatifs de prix sur internet, aucun système de facturation normalisé ou de bourse du travail n’existe. Leur réalisation est à la portée de notre technologie. De manière évidente, les employés seront gagnants, mais les entrepreneurs le seront tout autant. J’irai même plus loin en assurant un bénéfice de nature exponentielle pour tous. Nous cesserons de produire trop et à bas prix, au point de faire des objets défaillants et polluants. Les individus retrouveront dans la liberté le gout de relations sociales trop longtemps contraintes.

Les contraintes techniques.

La société ne peut prétendre évoluer si ses infrastructures ne le font pas. C’est un euphémisme de dire que la disparition des inégalités de coefficient, de temps et de bénéfice devra passer par une réforme profonde de la société.  Le consumérisme nous pousse dans nos derniers retranchements nous atteignons les limites de ce que notre planète peut supporter, le changement d’orientation n’est plus une option ouverte. Les solutions techniques permettant d’atteindre les objectifs n’existent pas, mais elles sont à la portée de notre civilisation. Il ne s’agit pas d’invention nécessitant un progrès révolutionnaire, seulement une adaptation de la technologie a un but différent.  Parler d’un monde nouveau nécessite une description des outils permettant de l’obtenir. Ne pouvant me laisser stopper dans mon développement, j’ai décidé de poursuivre le raisonnement en considérant que les inventions nécessaires à sa réalisation, bien qu’hypothétiques sont envisageables.

L’effort nécessaire pour vaincre les trois inégalités doit être motivé par des gains conséquents. Le but de cet ouvrage est donc de démontrer l’injustice de notre système, et les avantages à en changer. C’est pourquoi je vous demanderais de faire preuve d’ouverture d’esprit, et de ne pas juger ce travail à l’aune de l’actuel système. Nous vivons dans un monde politique bipartite, et la majorité cherchera au cours de sa lecture à retrouver ses marques. Je vous demande d’abandonner votre prisme de lecture usuel, pour aborder ce texte d’un œil neuf. Le biolibéralisme a pour but de fondre les classes en une seule. Les avantages ou les inconvénients d’un tel système en termes de droite ou de gauche n’auraient aucun sens.

Le biolibéralisme.

 Le biolibéralisme a pour objectif de faire cesser les horaires imposés pour retrouver une égalité de statut. Ce faisant, il n’y aurait plus d’un côté les employeurs et de l’autre les employés, mais une classe unique ou chacun serait l’égal des autres. Cela n’empêchera en rien les individus de travailler ensemble, ou de s’hiérarchiser, mais ils le feront volontairement et sans pénalité.

-Abandonner les coefficients horaires est certes troublant, mais indispensable. La richesse et la pauvreté sont le résultat direct de la disparité des salaires. Comme il est abusif de fixer arbitrairement une rémunération, le mieux consiste à faire du temps lui-même l’unité de salaire. Le prix d’un objet ne sera plus le résultat de la multiplication du temps par un coefficient arbitraire, mais aura comme valeur, le temps passé à le produire. Le temps devient une monnaie.

-Le fait d’être libre de ses horaires ne sera en rien pénalisant pour le processus de fabrication, de tout temps les artisans ont travaillé de concert lorsqu’ils n’étaient pas soumis par des castes. Ainsi la mise en œuvre d’une telle procédure ne dépendrait aucunement d’une technique compliquée et découlerait simplement d’une interdiction des horaires.

-L’accumulation de capital est une méthode d’enrichissement barbare, car égoïste. Une fois constitué il implique de vivre du travail des autres sans jamais rien partager. C’est un mode de répartition fait pour favoriser un petit nombre de gens au détriment des autres. En répartissant le bénéfice proportionnellement aux heures travaillées, on égalise les revenus. Un tel mode de répartition donne une chance égale à tous, non seulement de profiter, mais aussi de participer à la construction de la richesse commune.  C’est en brisant le monopole de l’employeur que chaque individu devient l’égal des autres et que l’on en finit avec le capitalisme. C’est en instaurant une concurrence entre les producteurs que l’on vainc définitivement le socialisme.

Instaurer une égalité de coefficient, d’horaire, et de bénéfice est la stricte application du principe de répartition proportionnelle. J’ai appelé cette méthode le biolibéralisme, car cette égalité peut donc s’ériger en philosophie ayant pour vocation de combattre les inégalités du salariat.

Quand le coefficient salarial impose des différences de salaires injustifiées, le biolibéralisme préconise la fin des indices et propose le temps comme unique monnaie d’échange.

Lorsque le salariat prône l’asservissement d’une caste par une autre, en imposant des horaires injustifiés, le biolibéralisme prône tout au contraire l’égalité de statut des individus, quelle que soit la couleur de leur peau, leur croyance, leur richesse ou leur intelligence.

Quand enfin le salariat instaure en faveur de l’employeur le monopole de l’emploi et une redistribution exclusive des capitaux, le biolibéralisme demande une redistribution équitable et la fin du monopole de l’emploi.

Par la disparition des trois inégalités, nous débouchons sur une société libérée du poids de l’état sur l’entreprise si chère aux gens de droite. Par des valeurs d’égalité et de solidarité, il sera possible de créer une plus grande égalité de revenu apprécié par les gens de gauche. Si donc vous vous demandez comment il sera possible, en mélangeant des solutions des deux bords, d’obtenir le meilleur de chacun, je vous invite à me suivre, telle Alice, dans le terrier du lapin.

Ce chemin nous conduit vers un monde libéral, mais non capitaliste. À l’encontre des apparences, il ne s’agit pas d’une nouvelle idéologie, mais bien au contraire d’une chose extrêmement ancienne. En abandonnant capitalisme et socialisme, on retrouve le libéralisme originel. Suivre ces préceptes nous ramène à l’époque où, aucun indice horaire, imposé par la force, ne venait différencier les partenaires et chaque humain disposait de la maitrise son temps. Le partage du bénéfice nous ramène aux temps où le produit de la chasse était réparti entre les membres de la tribu. Dans ce retour vers le passé avec les moyens du futur, les innovations technologiques auront pour but de permettre à l’humain de se comporter selon sa nature profonde. Le progrès se mettra au service de l’atavisme social.

Si l’aventure intellectuelle ne vous fait pas froid aux yeux, je vous invite à me suivre sur des rivages, affranchis de la servitude salariale. J’y ai découvert un monde où l’argent n’est plus un moyen de diviser les producteurs, mais au contraire de les unifier. Une civilisation libérée du poids de l’état où chaque individu contrôle ses charges sociales est une société ou la lutte des classes ne sera plus qu’un lointain souvenir. Le statut d’artisan verra la disparition du chômage qui n’existait que par le salariat. Par la progression des outils économiques, nous changerons de paradigmes. Il n’est pas nécessaire d’entreprendre une lutte, pour parvenir à un tel résultat. La démocratie nous permettra de faire de cet espoir une réalité au travers des urnes.

                                               CHAPITRE 2

 Les indices et la monnaie.

L’inégalité de coefficient

De nombreuses personnes s’élèvent contre l’injustice de la disparité des revenus. Pour pallier ce problème, nos dirigeants ont choisi de faire de l’impôt un moyen de combattre les déséquilibres sociaux. Prendre au riche pour donner aux pauvres est une devise prisée des états ne voyant pas qu’il serait préférable d’équilibrer les gains à la source.

De nombreuses personnes prônent l’instauration d’un impôt progressif, confisquant jusqu’à quatre-vingt-dix pour cent des plus hauts revenus. L’idée a été avancée de nombreuses fois. Il serait ainsi possible de redistribuer la majeure partie des bénéfices captés. Un tel prélèvement suscite l’engouement de la gauche et se ses extrêmes, pour sa facilité de mise en œuvre. Le système fiscal est parfaitement rodé, les déclarations d’impôts obligatoires existent déjà, et il en est de même des percepteurs. L’organisme social redistribuant les fonds aux plus démunis, fonctionne parfaitement.

Tout serait pour le mieux si un rééquilibrage aussi brutal des salaires ne suscitait à n’en pas douter l’indignation des employeurs. Nous vivons à une époque d’ouverture des frontières, et il ne faudrait pas longtemps pour que les patrons se mettent hors d’atteinte d’un tel système. Une telle répartition engendrant inévitablement un fort mécontentement, il ne serait pas étonnant qu’une reprise en main du pouvoir signe la fin d’une époque sociale. Ainsi la difficulté ne réside pas dans la mise en œuvre d’une telle proposition, mais bel est bien dans les réactions qu’elle pourrait occasionner.

La solution pour résoudre les inégalités de salaire consisterait à abandonner les coefficients horaires. C’est certes troublant, mais inéluctable, car la richesse et la pauvreté sont le résultat direct de la disparité des salaires. Comme fixer arbitrairement une rémunération est injuste, il est nécessaire de se reposer sur un arbitre impartial. La meilleure manière d’abandonner la subjectivité consiste à faire du temps lui-même une unité de compte. Le prix d’un objet ne sera plus le résultat de la multiplication du temps par un coefficient arbitraire, mais aura comme valeur le temps passé à le produire. Le temps deviendra une monnaie fixant à la fois la valeur des choses et la rémunération attendue.

Si encore une fois nous remontons aux époques préhistoriques, nous aurons une vision plus exacte de ce qu’était l’argent. Lorsque deux individus veulent procéder à une affaire, ils échangent leur temps de travail matérialisé par un objet. Ainsi l’argent n’est que la représentation de ce temps. À une époque où la monnaie était faite de coquillages, on échangeait des heures de travail matérialisées par ces objets. La méthode est certes fonctionnelle, mais elle présente des inconvénients. Si la valeur du coquillage était plus ou moins fixe, l’heure de travail pouvait être soumise à une constante augmentation. C’est de là que vient l’inflation par les prix, résultant précisément de la volonté de chaque travailleur, d’être payé toujours plus.

En faisant du temps une unité de compte, nous pourrons nous doter d’une mesure du travail non inflationniste.

Ce qu’hier ne permettait pas la monnaie physique est dès aujourd’hui possible par les monnaies virtuelles. Dans un avenir proche, on ne s’échangera plus un bien contre de l’or l’argent des billets ou des chèques. Le montant des salaires ne sera plus fonction de la valeur d’une monnaie nationale, mais du temps lui-même géré par ordinateurs.  Les sociétés bancaires deviendront de simples organismes conservant la mémoire des transactions. Elles ne se feront plus payer par un pourcentage, mais par une simple rémunération de l’entretien, des machines et des programmes, comptabilisant le temps.

Cette monnaie-temps existe déjà sous une forme rudimentaire. Le terme est dérivé de celui de « time dollar » inventé par Edgar Cahn dans son livre Time dollar, coécrit avec Jonathan Rowe en 1992. Plus généralement le concept s’est développé autour des Systèmes d’Échange locaux (SEL) et des banques d’échange de temps les « Accorderies »

Le terme de monnaie-temps tel qu’utilisé ici ne serait pas un moyen de paiement de substitution, mais une monnaie à part entière. Celle-ci n’est pas destinée à remplacer l’euro, mais tout au contraire à s’installer à l’intérieur de celui-ci. L’objectif n’est pas de réintroduire les monnaies nationales, mais d’instaurer une monnaie intracommunautaire, débarrassée de ses travers monopolistiques, permettant d’unifier les pays de la zone euro par l’égalité des salaires.

La monnaie temps est une révolution nécessaire pour la vertu qu’elle impose. Lorsque vous faites l’échange de votre temps contre un salaire, votre paie ne représente pas le temps que vous avez passé à effectuer une tâche, mais le résultat d’une multiplication de votre temps par un coefficient subjectif. Toute fiche de paie est construite sur ce principe ; or l’accepter est tendancieux cela modifie la perception que nous avons de nous-mêmes et des autres. Valider l’idée d’un coefficient c’est affirmer que notre temps n’est pas l’égal d’un autre. Un tel procédé nous fait entrer de plain-pied dans la plus grande subjectivité. Il nous poussera systématiquement à considérer ce que nous faisons n’est pas assez payé, en conséquence de quoi vous serez pris d’avidité. Vous voudrez systématiquement augmenter votre coefficient pour accroitre votre pouvoir d’achat, et diminuer celui des autres pour vous permettre d’acheter moins chers.

L’égalité entre les humains découle directement de l’égalité de la valeur du temps comme monnaie étalon. Si vous refusez ce mode égalitaire, il est inutile de se plaindre des défauts engendrés par les coefficients salariaux. Prôner la différence entre les individus, c’est accepter qu’il y ait des très riches et des très pauvres. Cautionner cette injustice c’est ouvrir la porte à la pauvreté dans le monde. Tolérer cette inégalité c’est institutionnaliser la disparité de revenus. Les êtres humains sont peut-être différents, mais la valeur de leur travail ne doit pas l’être.

Demain le biolibéralisme.

Le suffrage universel a donné à tous le droit de s’enrichir. Il est donc normal que cette égalité politique se traduise dans l’économie. Le travail biolibéral diffère du salariat dans le sens où il consiste à être payé, non de ce que nous prenons à autrui, mais de l’échange de notre labeur. Ainsi nous sommes récompensés de notre travail par les bienfaits qu’il nous apporte, et non par la domination que nous exerçons sur ceux qui collaborent avec nous.

Si vous échangez en faisant en sorte que les deux parties gagnent un avantage, l’argent retrouve sa véritable place de moyen et non de but.  Une heure de votre travail doit valoir la même chose que celle d’autrui. Si tel n’est pas le cas, vous finirez par affamer celui avec qui vous échangez, car vous refuserez de reconnaitre qu’il a droit au même plancher de rémunération que vous.

Essayer de gagner plus que ce que vous donnez vous contraindra à user de force ou de ruse pour que votre partenaire commercial perde à l’échange.  Cela vous fera entrer dans un cercle vicieux, où tous les moyens sont bons pour exploiter. Lorsque vous en viendrez à utiliser la violence, vous serez parvenu à un usage de l’argent, tel que nous le connaissons aujourd’hui. Avoir un sentiment de supériorité ne vous confère aucune qualité supplémentaire. Si vous achetez une heure de ménage, c’est que vous en avez besoin, elle vaut donc la même chose que ce que vous êtes en train de faire.  En la payant moins, vous affirmez votre supériorité et vous vous octroyez le droit de ne pas avoir de plafond à votre rémunération.

La seule véritable richesse découle de l’échange égalitaire. Acquérir ce que nous n’avons pas, en contrepartie de ce que nous produisons en trop, est la définition de l’enrichissement mutuel. S’enrichir en prenant plus que ce que vous donnez nuira à celui à qui vous avez pris. Ce comportement finira par se retourner contre vous-même, lorsqu’un autre fera de même à votre encontre.

Si vous n’instaurez pas l’égalité, vous vivrez sous la domination des plus forts.

Si vous souhaitez obtenir plus qu’un autre en paiement de ce que vous faites, vous brisez l’égalité, et le fruit de votre travail ne peut plus être échangé de manière égalitaire. Certains trouveront cette idée révoltante et ne comprendront pas le principe. Nous vivons dans un monde ou les compétences naturelles font l’objet de différences d’indices salariaux. Il est donc difficile de concevoir une société d’échanges symétriques.

Si vous êtes physicien, c’est que vous aimez comprendre et travailler sur les forces. Si vous êtes chimiste, c’est pour votre amour des réactions de la matière. On peut donc dire que votre métier est le résultat de vos gouts. Votre première récompense consiste à donc à faire ce que vous aimez faire. Une personne ayant moins de compétences aura des tâches plus simples à exécuter et n’aura pas le prestige résultant de son travail. Si vous êtes balayeur ou nettoyeur de carreau, vous exercez vos compétences les plus basiques.  Ainsi la première forme de rémunération est directement liée à l’activité exercée. Si vous êtes un leadeur, votre récompense se trouve précisément dans le fait de leader. Il n’est pas égalitaire de demander à être payé plus qu’un autre pour faire ce que vous aimez, et c’est valable pour tous les métiers. Si une profession devait revendiquer une augmentation, ce sont les activités pénibles qui devraient en bénéficier.

On ne s’enrichit pas de la différence de salaire, cette vision des choses est une illusion, car cela ne vous donne qu’une supériorité relative. On s’enrichit par les gains de productivité, car cela augmente le bienêtre de tous de manière égale. La fortune n’est pas le résultat de la pauvreté de tous au profit d’une poignée, mais de la possibilité, d’avoir des biens et des services au cout le plus bas possible.  Pour arriver à ce résultat, il n’est pas besoin d’appauvrir une population au profit d’une autre, mais tout au contraire de s’enrichir tous ensemble par la mécanisation.

Un tel système n’exclut cependant pas la liberté des prix. Il est naturel pour tout artisan de faire ses devis selon ce que le marché peut vous payer.  Instaurer une égalité des salaires ne doit pas supprimer la compétition. Toute personne créant un produit ou un service nouveau est en droit de le faire payer. Il en est de même pour les services isolés, devant par nécessité être plus chers. Le biolibéralisme n’a pas vocation à figer les prix, mais tout au contraire à les laisser évoluer librement dans un certain cadre. Le combat doit être mené contre les salaires imposés d’avance, que s’arrogent les castes professionnelles.

Certains verront dans le principe d’échange égalitaire une résurgence du communisme. Il n’en est rien, car la richesse collective est une richesse seulement si elle est aussi individuelle. Ainsi le processus par lequel s’obtiendra l’égalité finale, ne passe pas par une diminution des hauts salaires, mais par une augmentation du pouvoir d’achat des plus bas.

Le système financier.

Une fois encore j’exhorte le lecteur à abandonner tout apriori. La monnaie est un sujet sensible, où l’on s’interdit de remettre en cause les règles communes, par peur de l’ordre établi. Remplacer un outil obsolète est naturel. Ne craignions pas les innovations même si elles touchent le socle même de notre société.

L’humanité n’a pas franchi le pas plus tôt, en raison d’obstacles bien réel tel l’archaïsme des monnaies pour représenter le temps. Le potentiel des ordinateurs défi maintenant l’imagination, de tels outils peuvent révolutionner le système bancaire et la monnaie elle-même.

Il n’est plus nécessaire de se demander si la puissance informatique peut influer sur les couts de gestions de la monnaie. La véritable question est de savoir si la rémunération des banques est juste, et si la manière dont elles rendent leurs prestations est équitable.

Le bon choix.

De nombreux philosophes ont prôné l’égalité, sans jamais savoir comment l’obtenir. Une chose est certaine, on ne la décrète pas par une simple limitation de la rémunération patronale. Si on souhaite modifier l’équilibre des richesses, il est nécessaire de changer de système de répartition.

Toute personne intelligente acceptera de gagner moins, si elle est convaincue de gagner mieux par la coopération. Un régime inégalitaire s’est mis en place, parce qu’il n’existait pas d’autre moyen de représenter le temps de travail. Démontrer qu’un système juste existe, et fort et faible y adhèreront pour progresser ensemble, car la coopération engendrera une richesse supérieure à l’exploitation.

L’enrichissement abusif.

À l’image des révolutions et de leurs spoliations, nous avons depuis des millénaires, mis en place un nombre considérable d’exploitations. L’une d’elles se distingue par son efficacité. Elle consiste à être payé pour quelque chose que nous ne vendons pas. C’est certainement la forme la plus élaborée d’appauvrissement, puisque celui qui la paye n’en obtient jamais la propriété. De cette manière, un bien rapporte de manière infinie, puisque par principe, le locataire ne peut s’acquitter définitivement de sa dette. C’est sur ce principe que se base l’exploitation des biens culturels. Vous payez continuellement une chose vue ou entendue un nombre considérable de fois.

La location s’applique à bien des domaines, dont certains plus asservissants que d’autres. Elle est modérément appauvrissante dans le cas d’œuvres musicales ou cinématographiques, mais devient beaucoup plus gênante, s’il s’agit d’un bien immobilier. Payer indéfiniment son appartement est une forme extrême d’appauvrissement. Par bonheur notre société a prévu la possibilité de devenir propriétaire. La chose n’est pas aisée, même si elle est ouverte à la plupart, on jettera un voile pudique sur le fait d’être inaccessible aux plus démunis.

Les intérêts.

Tout le monde a besoin de liquidité à un moment ou à un autre et doit alors passer entre Les Fourches caudines du crédit. Le loyer de l’argent est abusif, car le calcul des intérêts est un héritage de l’époque où l’or et argent métal, étaient encore en circulation. Lorsque l’on prête une monnaie physique, il n’est pas possible de prêter la même somme à plusieurs personnes à la fois, c’est pourquoi on lui appliquait un taux d’intérêt cumulatif. L’or rapportait de l’or par une méthode simple, mais extrêmement efficace, chaque unité de temps était rentabilisée, par des intérêts. Si ceux-ci n’étaient pas payés, ils se transformaient en capital, et il fallait payer des intérêts sur les intérêts. Les taux étaient établis en fonction du risque, par ce moyen les banquiers pouvaient se rembourser rapidement, et ainsi se prémunir de pertes extrêmement préjudiciables. Si pendant un temps la monnaie papier a été considérée comme ayant un rapport direct avec la monnaie étalon, depuis la démonétisation de l’or et de l’argent métal ce n’est plus le cas. Aujourd’hui les euros empruntés sont créés ex nihilo.

La conclusion logique est que les taux d’intérêt n’ont plus de raison d’être. 

Si une unité de compte peut se multiplier à l’infini, faire payer un intérêt en fonction du temps d’utilisation est un non-sens, puisqu’on prête des chiffres. La seule chose qu’il est naturel de payer est le travail de la banque pour s’assurer de votre identité et de vos capacités de remboursement. Les intérêts sont préjudiciables et devraient être proscrits comme première cause d’appauvrissement.  Il est complètement abusif de conserver une location de la monnaie, si sa nature change. Ainsi pour les emprunts qui ne présentent aucun risque, c’est-à-dire tous ceux qui peuvent être garantis par un bien ou une assurance, les intérêts sont totalement obsolètes.

Dans le cadre d’un prêt immobilier ou à la consommation, le travail de la banque est simple. Celle-ci doit s’assurer de votre identité, de votre capacité de remboursement, et vous faire prendre une assurance. Une fois l’emprunt signé la banque est là pour assurer la comptabilité du remboursement. Aucun de ces contrôles ne justifie un intérêt, de simples frais de dossier sont amplement suffisants. Un système sans intérêt permettrait d’étaler les remboursements sur de très longues périodes, sans préjudice pour personne. S’il y a une inflation, elle doit bénéficier à l’emprunteur et non à un tiers.

La création monétaire ou l’auto-emprunt.

La logique de répartition proportionnelle diffère de la répartition salariale par le fait que ce n’est plus ni l’état ni la banque qui crée la monnaie, mais l’emprunteur. Le banquier est simplement là pour s’assurer de bonnes conditions de remboursement, il ne prête rien. Dans le cas d’une monnaie électronique, je n’emprunte plus auprès d’autrui, mais de moi-même, c’est par définition la fin du capitalisme. La rente monétaire en particulier et la location en général tombera en désuétude.

C’est la fin du leasing, du crédit-bail, et de toutes les formes de paiement différé à intérêt. Vos mensualités de remboursement ne seront constituées que de capital. Si vous êtes dans l’impossibilité de payer une ou plusieurs mensualités, il n’y aura plus de pénalités, vos remboursements seront simplement décalés.  Ce sera la fin de l’angoisse du découvert et du rejet de prélèvements, la limite devenant beaucoup plus flexible lorsque la dette ne s’accroit plus avec le temps.

L’auto-emprunt mettra fin à la barrière financière de l’emprunt bancaire. Il ne sera plus nécessaire de posséder un bien pour accéder au crédit. La capacité de travail sera un gage suffisant de solvabilité. Une telle technique permet un accès universel au prêt. Il ne sera plus nécessaire d’être soumis à des intérêts, cause majeure d’appauvrissement.

Le crédit par l’hypothèque notariée.

On peut augmenter encore la souplesse de remboursement si les notaires deviennent les comptables de tous les biens mobiliers et immobiliers. Il sera alors possible à partir de la valeur hypothécaire de ses biens d’augmenter son crédit. En couplant le service des notaires et des banquiers aux comptes courants, on atteindra une souplesse jamais espérée par aucun service bancaire.

Le liquide.

Depuis la nuit des temps, nous utilisons les espèces pour régler nos transactions, mais cette forme d’argent anonyme est inconciliable avec les futurs standards de sécurité de notre société. On ne peut demander à l’état de maintenir une monnaie dont le principal intérêt est la fraude et le crime.  La monnaie électronique permet d’offrir un confort d’utilisation sans précédent, elle ne coute pratiquement rien à produire et permet le prélèvement des taxes par une répartition sur l’ensemble des transactions. Les euros pièces et billets sont appelés à disparaitre pour la simple raison qu’ils servent à cent pour cent les transactions criminelles.

Il est certain que chaque utilisateur de la monnaie n’est pas un criminel, mais tous les criminels sans exception en sont des utilisateurs. Que ce soit pour la corruption, les commissions occultes, ou le financement des actions illégales par le gouvernement, rien ne pourrait se faire sans le liquide. Il en est de même pour la délinquance quotidienne que ce soit pour le recel, les attaques à main armées, la drogue, les faux monnayeurs ou le proxénétisme. Il n’est pas dans la logique d’un pays de favoriser les moyens par lesquels le crime se développe. La monnaie cumule un nombre d’inconvénients impressionnants tolérés pour la simple raison qu’il n’était pas possible de faire autrement. Si l’informatique nous offre un système monétaire débarrassé de ses défauts, il faudrait être irresponsable pour ne pas l’adopter.

La monnaie-temps non inflationniste.

Dans le système actuel, rien ne peut empêcher l’inflation par les prix et les salaires.  Mon propos sera donc de mettre en évidence de quelle manière on peut réduire ces augmentations. Supprimer les taux d’intérêt, minore la principale source d’inflation sans pour autant l’éradiquer. L’accès à un crédit bon marché est un facteur inévitable d’augmentation de la masse monétaire. La solution a donc trait à l’utilisation d’une monnaie-temps.

Dans la logique salariale, on veut gagner le plus possible pour le fruit de son travail, et inversement on veut payer le moins possible pour le travail d’autrui, on attribue donc plusieurs valeurs au temps en fonction de celui qui l’utilise. On a tendance à vouloir augmenter sa rémunération horaire et à diminuer celle des autres. Dans la logique biolibéral, la valeur horaire sera la même pour tout le monde. L’unité monétaire serait donc le temps que l’on décompose en minutes ou en secondes. Une journée de 8h valant 480 minutes. Un objet qui aura nécessité 8h de travail coutera donc 480 unités.

Une telle innovation ne pourra pas s’effectuer par simple décret. Afin d’habituer la population, il sera sans doute nécessaire de réduire progressivement l’écart entre les salaires. Par cette technique on rompt définitivement avec le principe du salaire horaire fluctuant sans cesse à la hausse. On sort de la logique de revendication syndicale et de l’inflation qui en découle. Faire du temps l’unité monétaire présente un immense avantage, le temps ne connait ni inflation ni pénuries. Lui imposer un intérêt n’aurait pas de sens. On ne peut en manquer n’étant limité que par celui dont on dispose naturellement pour le rembourser.

C’est aussi une excellente manière de stabiliser les prix. Chaque produit étant le résultat d’un temps de travail, la valeur d’un produit fini ne peut être inférieure à la somme des heures nécessaire à sa production, c’est la fin de la pauvreté dans le monde et des salaires de misère. La fameuse formule « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit » devient une réalité. La spéculation en sera fortement réduite. Bien qu’il soit toujours possible de surpayer un produit, l’inflation ne pourra pas se développer, puisque la rareté ne peut se poursuivre indéfiniment.

Certains considèreront que la monnaie temps est un avatar du communisme, fait pour créer une classe unique de travailleurs, payés à l’identique. C’est une erreur, une telle monnaie n’est pas le moyen de payer moins un service, elle est simplement une méthode pour rémunérer chacun au prorata de ses efforts.

Soit, vous considérez qu’il est préférable de donner un indice au temps, et votre rémunération est soumise à des baisses de pouvoir d’achat. Dans ce cas vous serez pénalisé par les taux d’intérêt de vos emprunts et l’inflation due à la hausse des prix et des salaires.

Soit, vous préférez être payé en temps et vivre dans un monde sans inflation et sans taux d’intérêt, parce qu’une monnaie-temps ne possède pas ces travers. Il a été prouvé que les hausses de salaire sont un leurre et que l’inflation provoquée appauvrit en définitive, qui croit s’enrichir par ce moyen.

Le temps or.

Une monnaie dont la valeur ne change pas dans le temps, possède une propriété fondamentale unique, elle est plus stable que l’or ou l’argent.   Par cette qualité la monnaie-temps aurait le pouvoir de changer jusqu’à la nature de la banque.   L’argument par lequel la banque perçoit des intérêts à cause de l’inflation perd toute sa justification. Il n’est plus nécessaire de verser ou de percevoir des intérêts, sur une monnaie qui possède une valeur constante et qui ne coute pratiquement rien à produire. Dans un contexte mondial où les matières premières n’iront qu’en se raréfiant, une telle unité de compte possède des qualités hors du commun. Il en résulterait que non seulement les taux d’intérêt deviendraient obsolètes, mais l’inflation en serait totalement supprimée. Une monnaie imposant un taux horaire fixe stabiliserait le prix des objets.  Si les salaires ne peuvent augmenter la valeur des objets qui en découlent non plus. Par le processus de gain de productivité, les indices auront même tendance à baisser.

Les limites du système monétaire traditionnel. 

Le progrès est une machine que l’on n’arrête pas. Ne pas vouloir changer les propriétés de la monnaie, relèvera de l’inconscience. Si les banques administrent l’argent comme s’il était une matière première, l’exploitation des clients n’aura jamais de fin. Si elle continue à créer de l’argent à partir de rien, la masse monétaire augmentera sans aucune justification, et l’exploitation sera de plus en plus pesante. Les banques finiront par s’étrangler elles-mêmes, avec des taux d’intérêt qui deviendront tout simplement impossibles à payer. Les états sont les premiers à en ressentir la gêne, ils imposent déjà des taux bas pour la bonne raison que les augmenter reviendrait à les mettre en difficulté.

Le temps est déjà là, les dettes publiques se voient simplement appliquer des taux de remboursement sans intérêt. Nous sommes dans une logique suicidaire, rémunérer des unités de compte présente un redoutable danger, car si elle venait à cesser, ces sommes chercheraient à s’investir sur d’autres supports, créant immédiatement une inflation proportionnelle à leur taille. Les premiers signes annonciateurs de la débâcle sont les taux d’intérêt négatifs. Lorsque la population se rendra compte qu’il n’y a plus aucun intérêt à rester en liquide, les investisseurs du monde entier commenceront par se ruer sur la bourse, puis sur les biens physiques.  Quand il apparaitra de manière évidente que les sommes en circulation dépassent largement la quantité des biens disponibles et qu’il est impossible de les rémunérer et encore moins de garantir leur valeur, alors commencera l’inflation qui sera à l’origine de la plus grande crise monétaire jamais connue.

Les solutions.

La solution est simple. L’utilisation de la monnaie temps permettra une stabilisation de la valeur de l’argent et une reprise des investissements. Comme les économies occidentales ont déjà réalisé leurs infrastructures, il sera nécessaire de se tourner vers les pays en voie de développement. La chine a ouvert la voie avec l’Afrique. Nous devrons certainement poursuivre et amplifier le mouvement, non seulement en industrialisant, mais en le faisant de manière écologique. Cependant pour pérenniser le système il ne sera pas possible de s’économiser une véritable métamorphose.  Nous devrons mettre un terme définitif aux taux d’intérêt qui sont une véritable bombe à retardement dans une société qui augmente sans cesse sa masse monétaire.

La fin des intermédiaires bancaires.

Les banques sont nées de la nécessité de prêter de l’argent. Si les monnaies étalons sont abandonnées, les banques qui vivent de l’encaissement des intérêts n’ont plus de raison de conserver leur forme actuelle. C’est parce qu’elles prêtent de l’argent pour des investissements douteux qu’elles peuvent faire faillite. Nous devons mettre en place des banques qui ne sont plus un intermédiaire entre le client et son crédit. Ce sont les individus qui doivent faire faillite et non les banques, cela mettra fin aux bulles financières et aux cracks qui en découlent. En utilisant la monnaie temps électronique nous sécurisons le système bancaire. Les prêts aux particuliers se feront en fonction de la capacité de remboursement de chacun et ne couteront que les frais de dossier. Les prêts aux professionnels se feront à partir de nouvelles méthodes telles le crowdfunding. Le capital-risque disparaitra ainsi que la rente financière.

La fin des faillites bancaires.

Le principe de la banque d’affaires est tendancieux.  Elle laisse supposer qu’elle assume le risque de ses investissements, ce qui est totalement faux. Elle peut faire faillite et ce sont alors les épargnants qui sont pénalisés, voir l’ensemble de la population, si c’est l’état qui reprend la dette. L’inconscience de la banque est sans borne, elle peut prêter autant qu’elle souhaite, prendre des commissions sur chaque dossier, encaisser les intérêts le temps de leur versement, et ne pas être pénalisée en cas de faillite. Tout son effort repose donc sur sa capacité à dissimuler ses pertes. Elle est passée maitre dans l’art de les faire supporter à ses clients, en proposant des investissements irrécouvrables, mélangés avec des affaires saines, comme on le fait par la titrisation.

La banque n’a pas pour fonction d’assumer les pertes, mais de faire du profit. Elle se défausse dès qu’elle le peut sur ses clients et en dernier recours sur les contribuables. Par sa fonction la banque retarde la mort naturelle des entreprises déficientes, elle permet leur accumulation sous la forme de bulles spéculatives, jusqu’au moment inéluctable où elles sont imputées aux épargnants, en un temps très court. Cette gestion financière est calamiteuse aux vues des terribles conséquences. De notoriété publique, le crack de 1929 a instauré les conditions de la dernière guerre mondiale, avec ses millions de morts.  Il est infiniment préférable d’avoir des entreprises faisant faillite régulièrement, plutôt que d’entretenir un processus d’accumulation, se soldant par de terribles coups de boutoir économiques.

 Le système est totalement pervers, il prend en otage les déposants au point que les états n’osent plus sanctionner les banques, de peur du tort causé aux épargnants. Dans un tel système seul, les déposants prennent un risque, bien souvent sans même le savoir. L’organisme bancaire fait passer ses erreurs de gestions pour une fatalité naturelle, alors qu’ils en sont les seuls responsables. Les bulles spéculatives sont générées par les mécanismes usuels du fonctionnement bancaire. Lorsque la bourse monte, ce n’est nullement la garantie de la bonne marche de l’économie, mais simplement celui de la spéculation boursière. Le crack n’est que le retour à la réalité.  Se passer des intérêts c’est en finir avec l’argent casino. La banque doit disparaitre au profit des agents de banque qui peuvent être rapidement traduits en justice, en cas de malversations.

Méta sagesse.

Enrichissons-nous individuellement de manière équitable, pour produire une richesse collective indécente. L’humanité n’a pas progressé en faisant payer des intérêts, mais à partir d’innovations techniques.  Lorsque l’humain trouve un procédé pour réduire son temps de production, il s’enrichit non pas parce qu’il continue à vendre un service au prix fort, mais lorsque tout le monde produit en moins de temps. La plus belle preuve étant que pour le même nombre d’heures de travail, nous pouvons nous offrir un niveau de vie que le plus riche des monarques, n’aurait pas pu s’offrir il n’y a que 200 ans. Le dernier verrou de notre pauvreté est un défaut structurel.

Nous avons organisé l’argent comme un moyen d’enrichissement individuel et d’appauvrissement collectif.

Rétablissons l’équilibre des transactions, de manière à refléter une volonté d’échange égalitaire gagnant-gagnant. Si notre pouvoir d’achat ne cesse d’augmenter, et la majorité se voit rationner l’essentiel, c’est que la manière dont on l’emploie nous empêche de profiter de la richesse créée.

La nouvelle richesse.

On en vient à se demander quel est le moyen, par lequel on gagnerait réellement de l’argent dans un système proportionnel. Échanger ses heures permet peut-être de bien vivre, mais n’enrichit pas. Supprimer les rentes de l’argent et des immeubles laisse l’impression d’être contraint à un travail sans fin. La solution est simple, si on ne cherche plus une rente de situation, par définition profondément injuste, cherchons la rente de création. Le système oblige toujours à gagner son argent sur autrui, mais par ce moyen on lui donne une justification profonde. Celui de l’intérêt public. L’invention est la seule chose, qui mérite un déséquilibre, car sans elle la société cesse de progresser.

La rémunération des inventions doit répondre à certaines règles. Dans le système salarial, l’invention est la propriété de l’inventeur, qui peut en faire ce que bon lui semble. Ainsi il peut choisir de ne pas l’utiliser, ou demander des royalties abusives, ou encore consolider son invention, afin de prolonger son monopole d’utilisation. Chacun de ces comportements lèse la communauté, ils présentent l’immense désavantage de ralentir toute évolution.

Les brevets.

Pour pallier une injuste monopolisation de l’invention, la notion de propriété du brevet, ne doit pas être totale.  Si un brevet appartient bien à son propriétaire, les modifications pouvant en découler doivent pouvoir être déposées librement par n’importe quel autre inventeur. Il n’est pas juste que le cout des royalties, soit un frein à l’innovation. N’importe qui doit pouvoir améliorer un produit, sans avoir à se soucier de son origine. Prenons l’exemple d’un brevet n’ayant donné lieu à aucune exploitation commerciale, il ne devrait pas ralentir l’apparition d’une invention découlant de la première. Un brevet non exploité doit automatiquement tomber dans le public. Le brevet ne doit être ni un moyen de blocage ni de chantage. Dans le cas où les royalties demandées seraient un frein à la diffusion du produit, celle-ci devrait pouvoir être limitée.

Le principe du brevet dans un système non salarial consiste à avoir certaines propriétés du logiciel libre. S’il doit conserver la possibilité de rapporter à ses inventeurs, il doit pouvoir être modifié sans restriction. Les nouveaux apports doivent pouvoir eux aussi donner lieu à une juste rétribution. 

Pour que les royalties ne soient pas un frein, leur montant ne doit pas être laissé à l’appréciation de l’inventeur, mais être défini au même titre qu’une taxe. Elles doivent avoir un taux de prélèvement et une enveloppe globale. La somme totale devra être la même pour tous les inventeurs. L’objectif étant que le montant obtenu par exemplaire vendu ne dépasse pas un pourcentage maximum du prix de vente. Si l’on fixe cette taxe à dix pour cent du prix de l’objet la durée globale s’étendra dans le temps jusqu’à atteindre le plafond autorisé.  Par cette méthode on limite le poids de la taxe qui n’est plus un frein au service ou à l’acquisition de l’objet.  Ainsi toute personne qui améliorera l’invention, pourra rajouter son pourcentage tout en maintenant un prix raisonnable pour le client. Si le produit vient à ne plus se vendre, la taxe continuera à être prélevée par l’impôt sur l’ensemble de la population, dans les limites de ce qui a été perçu sur la vente de l’objet, jusqu’à atteindre l’enveloppe globale, ou la disparition de l’inventeur.

Une nouvelle richesse.

Faisons de l’invention un secteur économique à part entière. En garantissant à tous les inventeurs une certitude de rémunération, on assure à la société une recherche prospère et inépuisable. Dans une société où tout le monde est payé en monnaie-temps, les seules perspectives de plus-values se trouveront dans le progrès. Nous sommes actuellement dans une société qui récompense le capital et son exploitation, avec un intérêt collectif plus que restreint. En faisant de l’innovation le nouveau système d’exploitation, le gain pour la société sera purement gigantesque. Nous ne cesserons plus d’innover et les améliorations ne cesseront d’enrichir le plus grand nombre par la diminution des couts.  

La véritable puissance d’une nation.

Lorsque vous donnez à l’entreprise la gestion de la société, celle-ci évolue selon ses propres intérêts. Le système d’échange est conçu pour favoriser un intermédiaire (privé ou public), plutôt que le producteur ou le consommateur. Comprenons que cette répartition est totalement contreproductive dans une société moderne, ou tout se trouve en abondance, car elle appauvrit dans un milieu riche.  De nos jours la puissance d’une nation ne se trouve pas dans sa capacité à enrichir une minorité en appauvrissant une majorité, mais tout au contraire dans le pouvoir d’achat de cette majorité. Toute action visant à détourner la richesse collective vers des particuliers, favorise des gens dont la consommation ne pourra égaler, celle de ceux qu’ils appauvrissent. C’est par sa puissance de production qu’une nation peut riposter en cas d’attaque, la force militaire d’un pays dépend donc directement de ses capacités industrielles. 

Nous sommes entrés dans une société de communication et de mécanisation des facultés intellectuelles. Notre capacité à nous défendre dépend donc directement de notre vigueur à produire ces nouveaux outils. Plus vous appauvrissez la population, moins elle peut se payer les nouvelles technologies, moins nous pouvons conserver nos industries stratégiques. Par le suffrage universel, nous sommes entrés dans l’ère des États-nations. L’état et la nation ne font qu’un et ne peuvent tolérer d’appauvrir ceux qui le constituent. Diminuer le pouvoir d’achat de la population de quelque manière que ce soit est un crime de trahison puisqu’il en vient à affaiblir l’état et ses capacités de défense. Si vous donnez à quelques individus une richesse immense, ils finiront par les dépenser en chose inutile, car elles seront insuffisantes à faire tourner l’économie d’un pays, mais affaibliront directement chacun de ses constituants. Ce n’est pas l’industrie des voitures de luxe, des yachts de plaisance et des jets privés qui fait la richesse d’un pays. C’est la possibilité donnée à chacun d’acheter les machines qui leur faciliteront la vie courante, et leur feront gagner du temps.

L’origine de la prospérité moderne.

C’est parce qu’ils ont constaté des différences entre les riches et les pauvres que nos états modernes se sont donnés comme première mission, d’abolir les privilèges de l’ancien régime. C’est donc pour s’enrichir que la population a supprimé les avantages de la noblesse et du clergé.  En faisant des patrons la nouvelle élite, l’état s’est fait l’émissaire des employeurs.  Avec le temps une seconde révolution s’est accomplie. Le vote censitaire et masculin a fini par être remplacé par le vote universel donnant autant de poids aux femmes et aux employés, qu’à ceux qui les dominent.

C’est sans tambour ni mitrailles que c’est lentement installé ce changement radical.  L’état est devenu le représentant de la totalité de la population, et non plus des seuls employeurs. Il est donc normal que la société reflète cette nouvelle forme d’organisation. Supprimons le privilège absurde d’asservir les employés, pour faire de chacun des entrepreneurs égaux. Ainsi tous pourront prétendre à des revenus proportionnels à leurs efforts, et non plus à travailler en vain pour un salaire plafonné.

Un nouveau contrat social.

Transférer le privilège de l’emploi aux employeurs, a créé par le jeu de la concurrence, une richesse économique et une puissance politique, sans précédent.  Si une libération partielle de la population a développé la puissance actuelle, imaginez ce que donnerait une libération totale. La logique voudrait que l’exploitation salariale prenne fin, afin de permettre à tous d’augmenter leurs revenus. Aveuglés par une tradition considérée comme naturelle, ils ont ignoré le pouvoir des individus à s’organiser librement, et n’ont pas tenté de développer une société basée sur la collaboration. La domination des nobles vivant sur leurs vassaux, perdure au travers des patrons, en pure perte pour tout le monde.

Les perspectives de progrès.

La réussite extraordinaire de nos employeurs est aussi notre faiblesse. Comme le système salarial a été adopté par la planète entière, il n’incite pas au changement. La suppression de la noblesse a créé le patronat, alors que celui-ci devait in fine être totalement supprimé, au profit de l’entrepreneuriat. Admettons que l’état n’a pas fini sa tâche. En mettant fin aux privilèges, il aurait dû en faire une libération universelle, et non un avantage destiné à ceux qui pouvaient s’en saisir. Le peuple s’en rend compte, mais ne peut se libérer lui-même. La raison en est simple, si les élections sont gagnées au nombre de voie, elles continuent à être financées, par les détenteurs de la puissance. Ainsi les employeurs sont au pouvoir, et bloquent toute réforme du statut.

N’y voyez rien d’intentionnel, ne connaissant que le modèle par lequel nous nous sommes enrichis, nos dirigeants sont simplement frileux à l’idée d’en changer. Ils ne mettent pas fin au salariat, pour la simple raison qu’ils ne savent pas ce qu’il adviendrait, s’ils le faisaient. Si l’état a besoin d’une population riche pour relancer l’économie, il ignore qu’il suffit de libérer les employés, pour qu’ils s’enrichissent. Si la situation reste bloquée sur un statuquo, c’est simplement que nos dirigeants ne mesurent pas les avantages qu’il y a à franchir le pas. Ils n’arrivent pas à percevoir les gains de productivité, qui seront mis en œuvre par le procédé.

Les moyens utilisés par une société fonctionnant par et pour le salariat sont catastrophiques tant ils sont contreproductifs. Les progrès déjà manifestés par une libération partielle des entrepreneurs ont été immenses. Ceux qui adviendront le seront d’autant plus que nous n’avons ouvert les vannes, qu’en proportion d’un nombre restreint d’entrepreneur. Le réservoir salarial en attente présente un immense potentiel totalement inexploité. Imaginez la puissance de création d’une société totalement dessalariée. Cette perspective est à peine concevable, tant elle sera bénéfique. La vitesse d’évolution sera multipliée, selon un facteur équivalent à celui de la loi de Moore. Le progrès que nous connaissons aujourd’hui sera considéré comme lent. Il reste à voir comment cela peut se faire.

L’industrie du savoir.

La véritable richesse d’une population réside dans sa capacité à fabriquer du savoir. C’est le moyen par lequel les individus arrivent à produire toujours moins cher, et de manière toujours plus efficace. Ainsi l’évolution de la connaissance, est l’enjeu majeur de notre société. Elle seule peut justifier de hautes rémunérations.

Comme il est totalement impossible de savoir à l’avance qui va produire une invention. Le seul moyen de s’assurer qu’une population entre dans un processus vertueux, est de fournir au plus grand nombre, un accès libre et gratuit à la connaissance, et une meilleure rémunération en cas de succès. On peut très bien être instruit, et ne jamais rien inventer.

Il est inutile de former par un processus sélectif long et difficile, une élite dont rien ne garantit un résultat. Nous sommes dans un système extrêmement démotivant, où les chercheurs publics sont peu payés, et ne gagnent rien lorsqu’ils trouvent. En enlevant la possibilité de toucher des royalties sur les découvertes publiques, vous supprimez tout intérêt au travail. Il est temps d’offrir un intéressement aux bénéfices, à ceux qui font réellement progresser la société. Si la recherche se fait au salaire minimum, lorsque l’on trouve, la réponse doit être vraiment gratifiante.

Le système privé n’est guère plus performant. Financés par les grands groupes, les chercheurs sont peut-être bien payés, mais sont spoliés des résultats qu’ils seraient en droit d’attendre. Les découvreurs travaillants dans le cadre de startups sont soumis aux investisseurs. En faisant financer le processus de la mise sur le marché, le capital-risque s’approprie ce qui revient naturellement à ceux qui en ont la paternité. Un inventeur n’a pas besoin de donner les résultats d’une invention, à celui qui la finance, grâce au biolibéralisme il aura largement les moyens de financer lui-même sa mise sur le marché. La source de profit que génère une nouvelle activité, et les gains potentiels en termes d’innovation rembourseront largement la collectivité en cas d’échecs.

Dans une société libérée de ses intermédiaires, le cout de la fabrication des prototypes, ainsi que leur lancement commercial, doit être assumé par la communauté. Il y a peu à perdre en cas d’échec, et un immense profit en cas de réussite. Face à l’incertitude de la découverte, une seule chose est certaine, celui qui trouve doit être fortement récompensé. Il doit non seulement pouvoir posséder la gloire, mais la richesse qui va avec. Il est inutile de sanctionner l’échec par la faillite. Lancer un produit en travaillant au salaire de base est une motivation largement suffisante pour inciter à faire mieux.

La nouvelle entreprise.

Si une entreprise répartit ses bénéfices proportionnellement au temps de travail de chacun, elle est incompatible avec un système basé sur les parts sociales, la proportionnalité modifie fondamentalement sa forme. L’employeur perd son statut de chef suprême et les actionnaires disparaissent. Le financement sera apporté par les entrepreneurs eux-mêmes par le biais de l’autocrédit. L’ensemble de ces ajustements permettra de faire porter le leadeurship sur les innovateurs, et non sur de simples gestionnaires.   

Si les sociétés par actions ont vocation à voir disparaitre leur actionnariat, on ne peut décréter comme illégal un jour, ce qui était légal la veille sans créer un grand tort, à tous ceux qui ont investi leur capital dans ce genre de support. On ne peut flouer les actionnaires qui ont investi sur ce type de placement.

Le rachat des esclaves.

L’histoire a déjà connu cette situation au moment de la fin de l’esclavage. Libérer les captifs des colonies a nécessité l’indemnisation des colons. Il n’est pas possible de simplement interdire le salariat sans se préoccuper de ceux qui ont investi dans ce modèle. C’est pourquoi l’état français lorsqu’il a été confronté à ce dilemme l’a résolu fort simplement par le rachat des esclaves. De la même manière, il sera nécessaire de racheter la liberté des anciens salariés, auprès de leurs actuels propriétaires, les actionnaires. Il n’est pas possible de simplement libérer les salariés, car alors, les entreprises se videraient de leur substance pour se recréer libre, lésant les rentiers, qui ne sont en rien responsables de la situation.

C’est bien entendu la fin de la bourse et des rentes financières. Nous n’avons pas besoin de capitaux externes pour lancer une entreprise, lorsque l’on a accès à un crédit quasiment illimité et gratuit en interne. Quant aux spéculateurs ils pourront toujours s’il le souhaite, parier sur les indices. Il ne sera plus possible de prendre une participation sur le travail d’autrui, en contre parti d’un financement. Ce sera la fin des revenus du capital et le règne absolu des revenus du travail.

Crowdfunding.

Le lancement d’un produit ne nécessitera plus de passer par le capital-risque. Chaque personne aura la possibilité de mettre une petite partie de ses biens en gages ou d’emprunter sur le capital travail dont il dispose. Si le crédit individuel s’avère insuffisant, le lancement d’un produit pourra être totalement pris en charge par la communauté, et par un crowdfunding nationalisé. La levée de fond obtenue auprès des futurs acheteurs remplace avantageusement les circuits bancaires traditionnels, ses intérêts abusifs et les prises de participation indécentes.

Un tel mécanisme aurait pour but de réguler l’utilisation du crédit, en interdisant une spéculation contreproductive. Un projet ne dépendra plus de quelques individus pour exister, il demandera au contraire la validation de tous les intervenants chacun prenant sa part de responsabilité. Ainsi il ne sera plus possible de mettre en péril l’économie dans son ensemble comme cela a été le cas avec les bulles spéculatives.

Dans un système d’auto-emprunt, le risque sera mutualisé. Il n’existe aucune justification au fait de s’appauvrir lorsque l’on échoue à enrichir la communauté par l’invention. De la même manière qu’il ne sera pas possible de s’enrichir tant que l’on ne sera pas parvenu à faire une découverte significative.

            Il est évident que ce procédé doit être assorti d’une garantie pour les producteurs d’avoir un revenu minimum. Comme nous l’avons vu plus haut chaque individu a la possibilité de participer aux travaux collectifs dans les matières de la santé, de l’éducation ou de la défense. Toute personne ayant effectué un certain nombre d’heures, se verra attribuer la possibilité de continuer à toucher les minimas sociaux durant un certain temps, lui permettant ainsi de lancer les projets qu’il a conçus. Durant ce temps de gestation une rémunération minimale réduira les pertes en cas d’échec.

Le méta jeu économique.

Les règles de la société ne doivent plus être faites dans le but d’un enrichissement individuel au détriment du collectif, mais d’un enrichissement collectif permettant un bénéfice individuel. À la question de pourquoi joue-t-on, le sot dira qu’il joue pour gagner, or gagner implique qu’il y ait un perdant. Le sage comprendra que le jeu n’est qu’une forme de communication pour permettre à deux individus d’échanger dans un profit mutuel. On peut dire que le jeu est dans notre société, l’ensemble des règles qui permettent de nous coordonner, pour assouvir nos besoins primaires de nutrition, de reproduction, ou de défense.

L’argent gagné est donc, le moyen par lequel deux personnes prennent du plaisir à socialiser, dans le but de satisfaire leurs fonctions biologiques. S’ils le font de manière aliénante, le jeu sera désagréable. S’ils le font de manière souveraine, c’est-à-dire dans le respect l’un de l’autre, le jeu sera agréable. À ce stade de la réflexion il est possible de dire qu’il dépend de notre seule volonté, que ce soit plaisant, enrichissant et épanouissant, ou au contraire, violant, infamant, et une préfiguration de l’enfer sur terre.

Le jeu économique n’a de sens seulement s’il est respectueux des individus qui le jouent. Notre système économique a peut-être pour vocation d’échanger des biens et des services, mais sa portée est infiniment plus personnelle. Comprenons que nous ne produisons plus seulement de la viande, du blé, des vêtements, ou du chauffage pour nos chaumières. Nous en sommes arrivés au stade où nous produisons des humains de manière industrielle. Pour illustrer mes propos, je voudrais vous montrer de quelle manière, le salariat impacte la production humaine elle-même, en ne rémunérant pas correctement les intervenants.   

C’est pourquoi je commencerais par présenter les raisons d’abandonner le système actuel. Persuadé de la justesse d’une démarche, on en acceptera alors les changements techniques et le prix, comme une nécessité naturelle.

Vocabulaire.

Pour désigner les acteurs du salariat, j’utiliserai les termes de dirigeants, d’employeurs, employés patrons ou salariés. Pour la matrice de répartition proportionnelle les termes d’entrepreneurs, de partenaires ou de collaborateurs. Un employeur ou un employé sera qualifié de dominant s’il impose des règles et de dominé s’il les subit.

                                                           CHAPITRE 3

La contrainte temporelle.

Pourquoi mettre fin à l’asservissement.

Pour prendre réellement en considération le sort des salariés, il est nécessaire de mesurer le préjudice des horaires. Dans un système par répartition proportionnelle, si vous souscrivez à la demande d’un client, vous êtes maitre de votre temps, et de vos mouvements. Vous décidez seul, du rythme nécessaire à la réalisation de votre ouvrage. À l’inverse si, cherchant du travail, vous acceptez l’offre d’un employeur, le rythme imposé ne sera pas dans l’intérêt du destinataire final, mais le sien. Vivant de votre travail, il poussera constamment votre cadence, au nom de la rentabilité. Ne plus pouvoir stopper une activité, a pour conséquence inévitable, de ne plus être maitre de votre fatigue.  Dans ces conditions, un travail continu vous imposera des signaux intellectuels et corporels persistants. Une sensation simplement gênante peut se transformer en douleur.

Pour un grand nombre de personnes, parler de douleurs générées par une cadence normale, même si elle est imposée, relève de l’exagération. Les exemples abondent où, l’humanité a été capable de la plus grande endurance. Certains préfèreront considérer qu’il suffit d’ignorer de telles manifestations, pour qu’elles s’effacent. Pour ma part, le principe de répartition démontre tout au contraire, la nature injuste de la douleur, découlant directement d’une perte d’autonomie. L’humain n’est pas fait pour déléguer à autrui, le fonctionnement de son propre corps. Si la personne avec qui vous partagez une activité n’est pas votre égal, il n’est pas naturel, de lui donner le contrôle de votre rentabilité. Il semble logique de penser qu’il va en abuser. Une fois ce droit fondamental abdiqué, vous aurez alors perdu le contrôle de votre liberté spatiotemporelle, vous serez asservi.

L’état paternaliste.

Historiquement, soucieux du bienêtre de ses citoyens, l’état a légiféré pour donner de meilleures conditions de travail. Admettons qu’alléger la contrainte du salarié, ne libère personne. Les mesures de protection humanisent le labeur, mais les repos octroyés de loin en loin n’annulent pas la douleur, ils la décalent. Louons les efforts faits par nos gouvernements pour nous donner des horaires décents, mais de la même manière qu’il est déplaisant de travailler sous la contrainte, comment apprécier une pause trop courte ou disposée au mauvais moment. La vie devient un immense tunnel, fixant l’arrêt de la souffrance à heure convenue, telle la journée, à période fixe pour les weekends, à temps fixe avec les vacances, ou à époque fixe telle la retraite. Recevoir un repos, au moment où devenue inutile à la société, le corps flanche, n’est pas une récompense. En 1941 la retraite par répartition a été accordée à l’âge de 60 ans, le fait de prolonger la vie au-delà n’est pas une victoire, elle ne rend pas la jeunesse. Accorder le repos à ceux dont les capacités déclinent est une mesure de charité, pas une gratification.

Ainsi malgré la bonne volonté du gouvernement, accorder des repos de loin en loin, ne lève pas la servitude. Même en allégeant la charge de travail, les individus continueront à revendiquer, pour l’alléger encore. Le problème n’est pas le temps travaillé, mais bel et bien d’y être contraint. Le salariat est une condition détestable, imposée à vie, telle une punition permanente. Adopter les 35 heures, ne change rien au problème.  On pourrait passer aux 30 heures, cela ne ferait pas taire le mécontentement ni augmenter la productivité. Seule la liberté satisfera les captifs.

Louons l’attitude du gouvernement, qui par sa politique de réduction du temps de travail, cherche indéniablement à répondre, aux attentes des salariés, mais il faut savoir reconnaitre son erreur, si une solution ne marche pas. Dans cette affaire, l’état réalise la prouesse de déplaire aux employés, dans une loi censée les favoriser, la majorité la trouvant trop superficielle, ne cesse de ressasser son insuffisance. Dans le même temps, elle déplait aux entrepreneurs, trouvant la mesure excessive. L’état ne doit pas maintenir, un système salarial, mécontentant les deux partis. Chaque partie ayant des objectifs contraires, l’emploi autoritaire doit disparaitre, et laisser les individus se coordonner librement.

La contrainte spatiale.

Le mécontentement généré par les horaires se répartit aussi aux sphères adjacentes. Comme toujours la dimension temporelle s’accompagne d’une dimension spatiale. Le principe vous imposant un temps de travail, vous astreints aussi à un lieu, et les conditions environnementales. Être contraint au travail dans un espace délimité par autrui, vous interdisant d’en gérer les paramètres, suscite une gêne constante. La température trop chaude ou trop froide sera considérée comme une difficulté, par le fait même d’être contraint. Il en sera de même, pour les lieux où l’on doit subir la pluie, la boue ou simplement une hygrométrie trop basse ou trop élevée. La sensation d’inconfort pourra être accentuée par des vêtements inadéquats ou de mauvaise qualité.

 Je n’aborderais pas la règlementation des conditions de travail, aussi lourde à concevoir qu’à mettre en œuvre. Légiférer allège la contrainte, elle ne la supprime pas. Les mesures de protection ne donnent pas à l’individu, la possibilité de se protéger lui-même. L’état cherchant à améliorer la situation, fait malheureusement des lois une gêne supplémentaire. Les employés subissent, leur environnement, car le principe salarial, ne leur donne ni le droit ni les moyens de faire autrement. Insuffisamment payés ils ne peuvent s’offrir la sécurité désirée. Le problème n’est pas l’environnement, mais bel et bien la contrainte. Tant que chacun n’obtiendra pas l’autonomie donnée par la liberté, les revendications continueront.

Les principes d’opposition.

Conserver le salariat revient alors, à faire perdurer un système, nécessitant de multiples contremesures. Si vous ne laissez pas aux individus, la possibilité de moduler leur environnement, vous augmentez sans raison la difficulté du travail. Il s’en suit une contestation observable chaque jour, et en tous lieux, touchant absolument tous les secteurs.

Les revendications syndicales, ayant pour but d’améliorer les conditions de travail, constituent un bruit de fond perpétuel. Les manifestations et les actions sociales seront dans la majorité des cas, mal perçues par l’ensemble de la population.Ainsi perdure un climat délétère, opposants employeurs à employés, n’ayant aucune raison d’exister, entre citoyens libres de se coordonner. Lorsque les tribunaux sont saisis pour résoudre des questions de droit, le salariat instaure une culture conflictuelle. La paix sociale serait à elle seule, une raison suffisante pour motiver le changement.Les premiers à en pâtir étant les consommateurs devant utiliser des services dégradés, pour cause de grèves intempestives.

                        Les vicissitudes du statut d’employeur.

Comme Janus, le salariat à deux faces. Ayant créé un enfer, il fallait un paradis. Contrairement aux idées reçues, être employeur est un poste inconfortable, motivant les titulaires à gagner au plus tôt leur retraite. La détermination déployée par les patrons est bien supérieure, à celle de leurs subordonnés. L’employeur contrairement au salarié, a un montant de retraite étroitement corrélé au succès de son entreprise. Sa gestion impose un résultat, et beaucoup n’y parviennent pas. Les échecs contribuent au mythe du dirigeant, consistant à éliminer les faibles, les insuffisamment motivés, ceux manquant de surface financière, pour constituer une élite.  Les faillites sont un gaspillage de vocation complètement inutile, elles ont vocation à imposer la peur de l’échec pour inciter à plus d’efficacité.

L’esclavagiste esclavagisé.

Le patronat n’est pas fait pour les petites structures, mais pour les grandes entreprises. C’est un reliquat de la société féodale, fait pour privilégier une élite de naissance. Seul un très petit nombre de gens peuvent se permettre de vivre sans travailler. Or ce but est impossible à atteindre dans des entreprises trop petites pour fonctionner seules.  Pour la grande majorité, ils doivent se reposer sur eux-mêmes, ne pouvant laisser les employés sans surveillance. Ce faisant, ils se sont peut-être allégés d’une tâche de production, mais se sont imposé une tâche d’administration encore plus lourde. L’ensemble de la société repose sur leur travail, et bien peu d’entre eux auront conscience, de l’effort réel produit. Devenant un chainon comme un autre, ils seront tout aussi exploités par les règles qu’ils mettent en place que tous ceux subissant leur contrôle.

Le travail à la tâche.

Cumuler un travail horaire avec la responsabilité d’employeur vous fait supporter la forme de travail, la plus dure qui soit.  Pour en prendre conscience, il est bon d’en observer le détail :

Le travail d’employeur consiste à minima à être présent, vous subissez donc une contrainte horaire. Devant donner l’exemple, vous vous imposerez un rendement maximum. Chaque employé ayant une tâche spécifique, vous assumerez la coordination de la logistique, du matériel et des personnes. Soucieux d’une gestion rigoureuse, vous aurez la surveillance du rendement des employés et la responsabilité des comptes. Pour finir, vous assurerez certainement une tâche spécifique, au sein de l’entreprise. Les patrons technicien, commerciaux, gestionnaire, cumuleront toutes les casquettes. Le plus incroyable étant que pour ce travail, vous n’avez aucune garantie d’être payé.

En essayant d’échapper à la contrainte horaire, vous acceptez de travailler dans des conditions inhumaines, pour un bénéfice plus qu’aléatoire. Cette forme de travail porte un nom, le travail à la tâche. Il consiste à déconnecter la rémunération, du temps, mais ne vous libère d’aucune façon. À rendement équivalent, la majorité des employeurs reçoit, un salaire largement inférieur, à ce qu’ils payent leurs employées, charges comprises. Il est courant que l’employeur ne puisse même pas s’offrir un salaire. Se contentant des dividendes il fait alors l’impasse sur les avantages des charges salariales. Les professions libérales seront pourtant astreintes à des cotisations sociales proportionnelles au montant du bénéfice dépassant les cinquante pour cent avant impôt. L’employeur ne peut contrôler les charges de ce qu’il produit, et voit son bénéfice rogné, sans rien pouvoir y faire.  Les impôts et taxes réduisent les revenus, et augmentent le temps de travail.

Le patronat est un système avantageux, pour qui a la possibilité de s’arrêter de travailler, et vivre du labeur des autres. Reconnaissons que très peu obtiennent ce statut. Beaucoup s’en aperçoivent, trop tard. Fort de ce constat rendons-nous à l’évidence, travailler en tant qu’employeur ne libère pas de la contrainte temporelle, il l’accentue et fait vivre d’espoir. Comme la servitude est volontaire, il n’est pas possible de se plaindre.

L’auto exploitation patronale.

Le Code du travail impose qu’un salarié soit payé au minimum le taux horaire du SMIC, pour chaque heure exécutée. L’employeur ne possède pas cette sécurité.  Travailler à un taux horaire inférieur au taux national, est loin d’être rare, dans notre société. Par le simple fait de la concurrence, les revenus se rétrécissent, pendant que le temps de travail s’intensifie, et s’allonge.  On s’imagine que toute personne devant travailler à un taux trop bas ne le fera pas. Nous devons ouvrir les yeux sur cette technique barbare largement cautionnée par l’état. Être à son compte n’est pas toujours libérateur, certains subissent les conséquences de plein fouet. N’oublions pas qu’un agriculteur se suicide tous les deux jours en France, dans l’indifférence la plus totale. Cette statistique est cinq fois celle de la moyenne nationale. Heureusement toutes les professions, ne possèdent pas un tel niveau de risque, mais le travail à la tache tue. La promesse d’échapper au salariat pousse les individus à s’engager sur cette voie dangereuse. Ils ont pour objectif d’accéder à un rapport direct, entre le travail et l’argent gagné. Personne ne s’engagerait volontairement dans une telle situation, s’il pouvait en avoir d’avance, une vision objective. Ce n’est pas par choix que l’employeur subit une telle pression, c’est par ignorance.

L’opposition des classes.

L’ensemble du vivant respecte le principe fondamental de l’économie d’énergie : personne ne désire travailler plus que nécessaire. L’employeur accepte de travailler vite, pour gagner plus, selon le même principe, l’employé travaillera lentement, ne pouvant augmenter ses revenus. L’entrepreneur accentuera la dureté de la production, et le salarié cherchera tous les moyens d’y échapper. Les revendications syndicales des uns et des autres sont antagonistes, car l’un tire sa subsistance du travail de l’autre. N’ayant pas de juste milieu, nos politiciens oscillent d’un extrême à l’autre. Échapper à ce balancement dépend uniquement des protagonistes et de leur volonté de descendre du manège. Le salariat est la méthode par laquelle on impose des souffrances, qui n’en seraient pas si elles étaient librement consenties. Il dresse les gens les uns contre les autres, favorisant un état de récriminations permanentes. 

La guerre ritualisée.

Parfaitement conscient du problème, l’état a voulu ouvrir le dialogue entre les factions. Pour ce faire il a créé les partis politiques, ayant pour fonction de ritualiser des positions antinomiques. Ainsi gouverné, l’état devient une véritable usine à frustration, produisant des lois favorables à un extrême, puis à l’autre.  Comment concilier des points de vue, si divergents ? la nation ne peut progresser, dirigée sans cesse dans des directions opposées. Personne n’est satisfait, et le système démocratique est remis en cause. La société doit s’unifier en une seule classe si elle veut arriver, à concilier toutes les positions. Le système des partis est un carrousel d’intérêts inconciliables. Le système de classe engendre des luttes sociales fratricides que rien ne justifie.

L’aiguillon de la productivité.

Le calcul proportionnel, réparti le bénéfice en fonction du temps de chacun et cette méthode est génératrice de paix. Dans le système salarial, la paix ne peut exister, puisque l’employeur contraint l’employé à un travail. Le rôle de l’employeur est donc basé sur l’aiguillon de la menace, leur relation n’est pas équilibrée. Les deux partis se battent pour vivre, et chacun reprochera à l’autre, les moyens mis en œuvre, pour optimiser son travail.  L’employeur contraindra l’employé pour l’inciter à produire, alors que l’employé trouvera l’employeur écœurant de se repaitre de son travail, et essayera par tous les moyens, d’arracher quelques avantages de situation. Cette posture sans empathie ni pitié n’est pas indemne de conséquences, et joue profondément sur le psychisme de ceux qu’elle impacte.

Les classes divisent de manière artificielle. Elles se combattent, au nom du principe salarial. C’est un jeu sadique et masochiste, par l’inégalité des revenus instaurés. Il a le pouvoir que vous lui donnez. Les humains se combattent, croyant qu’autrui les provoque, alors qu’autrui est l’image de soi. C’est la règle qui organise la souffrance, pas les individus. Nous sommes tout au contraire des êtres aimants et d’une incroyable sociabilité. Nous nous sommes fait du mal pendant des millénaires, à cause d’un comportement acquis stupide. L’humain est naturellement bon, les mauvaises règles le poussent à ne respecter, ni autrui ni lui-même.  Il en découle une logique, de dominant et de dominé. Les dominants chercheront à garder leur place, et les dominés à le leur prendre. En payant les autres, vous prenez le rôle de gardien. Par le même principe, l’employé accepte de jouer le rôle de prisonnier. Les deux sont agents, de leur emprisonnement.  La prison la plus inviolable est celle où gardien et détenu sont volontairement enfermés, et se libérer affranchit les autres. La haine de classe a un effet pervers, elle détourne les yeux de la cause principale, l’inégalité de traitement. Elle vous désigne un ennemi, qui n’est qu’une autre victime. La cause de ce qui vous aliène, disparais littéralement, au point de vous rendre incapable de la nommer. Le miroir se brisera lorsque la règle deviendra la même pour tous.

Le nouvel entrepreneur.

Pour pouvoir réellement bénéficier des avantages du statut d’entrepreneur, il ne faut employer personne, mais plutôt collaborer. Dans le cadre biolibéral, l’entreprise change de forme. Les relations ne doivent plus être, d’employeur à employer, mais d’entrepreneur à entrepreneur, chaque individu devenant responsable de son activité. Il n’est plus nécessaire de surveiller le rendement d’autrui, chacun surveillant le sien. De même, il ne sert plus à rien d’organiser le travail des autres, ses fournitures, ses outils ou sa sécurité, si tous deviennent responsables. Il ne reste plus dès lors qu’à faire valoir ses propres compétences, à assumer le travail, et à se coordonner entre gens responsables. L’état doit accepter le fait que l’employeur est un humain comme les autres, il ne doit ni asservir, ni être asservi. Tous doivent avoir le même statut.  Alors seulement les prélèvements sociaux, pourront être remis entre les mains d’une classe unifiée.  Chaque individu fonctionnant selon le même principe, toute raison de ne pas s’entendre aura disparu.

            Employeur employé même combat.

La pseudo consommation.

Le marché de dupes devient flagrant, lorsque gravissant l’échelon social l’employeur en arrive à avoir un grand nombre d’employés. Détenant enfin le temps, il cherche à jouir de sa richesse.  Hélas celui qui plafonne le salaire de ses employés, ne gagne pas les heures qu’il prend, il n’a qu’une bouche, deux bras et un seul appareil reproducteur. Il dort dans un seul lit, et mange trois fois par jour. Il devra s’alimenter de manière équilibrée, et toute sa fortune ne lui permettra pas d’abuser des desserts sucrés, comme tout le monde. Ainsi dans la majorité des cas, il n’aura tout simplement pas le temps de profiter de ce qu’il gagne. Regardez celui que l’on désigne comme étant parvenu, il est bien souvent dans un état physique déplorable, il souffre parfois d’embonpoint par manque d’exercice physique. Certain nerveusement à bout, compenseront en se gavant d’anxiolytiques. D’autres dépenseront, pour vivre par procuration au travers de leur famille. Ils payeront une surface d’habitation inutile, des voitures dormant dans le garage, et peut être des liaisons extraconjugales, chèrement payées s’ils se font prendre. Le riche se paye de la non-souffrance à laquelle il échappe, et se persuade de connaitre le bonheur par la quantité et la qualité de ce qu’il possède.

Que font les dirigeants des GAFAM, NATU et autres BATX et ceux gagnant au loto ? Ils travaillent parce qu’il n’y a rien d’autre à faire dans ce type de société, où il n’est laissé aucune place aux loisirs.  On ne se réjouit pas de la non-souffrance comme si c’était du plaisir. Avoir un avion privé ne provoque pas d’orgasme à chaque fois que l’on s’en sert, pas plus que pousser la porte d’un château en rentrant le soir. C’est dans ce but que les milliardaires améliorent leur cadre de travail, et en font profiter leurs collaborateurs. Il n’y a aucun avantage à être riche seul, sinon à avoir l’immense honneur, d’être le producteur des excréments les plus chers du pays. L’argent permet de satisfaire ses besoins biologiques, manger à sa faim, bien se reproduire, pouvoir lutter contre le chaud et le froid, dormir en sécurité. Ces avantages ne génèrent pas le bonheur, car le plaisir de vivre réside dans l’échange. L’argent permet d’acheter des courtisans, mais dans un monde déshumanisé est-ce si coupable ?  Le monopole de la richesse est un mirage, sa structure pyramidale fait que l’on martyrise des millions de personnes, pour le supposé plaisir d’une élite. Celle-ci croit pouvoir profiter du fait d’en détenir l’usage, mais en réalité elle jouit non de sa richesse, mais de sa supériorité.

L’employeur prisonnier.

Vous tenez votre patron comme responsable du découpage de votre temps, mais le principe salarial contrôle employeurs et employés. Si les supérieurs sont là pour faire respecter le rythme quotidien, la prison spatiotemporelle est la même pour tous. L’employeur a juste le droit, d’utiliser toutes les ressources d’un homme libre, pour y échapper. Il est préférable d’être gardien plutôt que prisonnier pour des raisons de condition de travail, mais les prisons les plus dures sont celles n’ayant pas de murs. Si les contraintes se font moins ressentir pour les dirigeants, les avantages ne sont pas proportionnels aux inconvénients.

Être employeur ou cadre, demande une implication, dépassant largement le minimum horaire. La logique du patron vous imposera d’arriver avant, et de partir après.  L’initiative requise pour le poste vous imposera, une fois votre labeur fini, d’emporter les soucis de l’organisation du travail, jusque chez vous. Traitant le temps des autres, vous n’avez pas toujours celui d’effectuer votre tâche. Quant à la retraite, elle sera bien souvent un mirage. Travailler toute sa vie sans compter son temps et son énergie, pour arriver à se constituer une rente, n’est pas toujours le meilleur calcul. Très peu auront la possibilité, de jouir d’un train de vie égale à celui qu’ils avaient pendant leur activité, et seul un nombre extrêmement restreint pourront y accéder avant l’âge légal. Dans la majorité des cas, ils n’auront gagné tout au long de leur vie, que l’équivalent fort mal payé, de l’effort nécessaire à faire travailler les autres. Nous avons le pouvoir de faire cesser l’exploitation et la douleur qui en découle, mais par habitude et ignorance nous la poursuivons. Si l’employeur préfère contrôler plutôt que de subir, cette sensation est hélas une illusion.

La fausse richesse.

La richesse engendre un phénomène troublant, travailler à réunir les conditions du bienêtre, au détriment de ceux qui vous entourent, vous plongera dans la pauvreté. En vous perchant sur une pyramide de salariés, vous produisez mal, sans aucun profit ni pour la société ni pour l’environnement. Ce que vous en retirez sera toujours inférieur à une libre collaboration. Ce type de relation dégrade le tissu social et produit de mauvais services. Les rois étaient certes les individus les plus riches, mais étaient soumis à une technologie archaïque, dont ils freinaient eux-mêmes l’évolution. À quoi cela sert-il d’être un monarque, si vous pouvez mourir d’une simple infection, ou contraints de vivre dans la maladie. Vieillir vite, vous déplacer à la vitesse d’un cheval, supporter une hygiène douteuse et faire vos besoins sur une chaise percée, est-ce bien vivre ? Quel intérêt d’avoir une quantité de bien présent indécente en hypothéquant le futur ? Nous sommes à l’orée de percées médicales dans le domaine de la génétique, de telles avancées devraient nous permettre d’avoir un niveau de santé inconcevable. Nous pourrions ralentir le vieillissement non pour durer plus longtemps, mais pour vieillir en meilleure santé. Nous pourrions vivre mieux si nous ne freinions, l’évolution normale des choses par le salariat.

Tellement pressés d’être riches, nous croyons nous enrichir en prenant aux autres, il en résulte une richesse relative, et non une richesse absolue. Nous nous croyons supérieurs, en dépouillant les pauvres, la belle affaire ! Être riche n’est pas une fin en soi, car une fois parvenu à destination, le principe qui vous a enrichi travaillera à votre appauvrissement. Le nouveau riche se verra assailli de toutes parts, par tous ceux qui comme lui, cherchent à s’enrichir en appauvrissant les autres. C’est ainsi que l’on a une industrie du luxe, destinée à fournir à cette clientèle une marchandise extrêmement chère, ne présentant que des qualités tout simplement normales.

Ces nouveaux riches peuvent s’offrir des objets faits main, qui n’ont rien de plus que celle que vous pourriez produire vous-même, si l’on vous l’avait appris et si l’on vous laissait le temps de le faire.  Ils portent des matières nobles telles que le cuir, la soie, le lin, le cachemire, qui pourraient aujourd’hui être vendus à des prix abordables à tout le monde, si l’on faisait l’effort de les produire en grande quantité. Ils roulent dans des bolides à la vitesse de véhicule d’entrée de gamme.  Ils peuvent se payer des meubles en véritable bois, et avoir des revêtements en matières naturelles. Le summum étant de s’offrir l’heure avec des montres en or massif, ou de faire incruster leur téléphone portable de diamants, dont il faudra un gemmologue pour leur garantir qu’ils sont naturels, incapable de voir par eux-mêmes la différence.

Ils ne se rendent pas compte qu’ils surpayent leurs achats, ils pourraient avoir un bien être identiques, sans chercher à appauvrir la population. Ils se croient riches parce qu’ils dépensent beaucoup dans des produits artificiellement chers. C’est ainsi que nous voyons une population vêtue de synthétique, afin qu’une « élite » puisse s’habiller normalement et il en va des habits comme pour tout le reste.

Le véritable libéralisme.

Ce que nous prenons nous cache la réalité, nous sommes à un âge arriéré et insalubre, pour qui nous regardera du futur. Un jour viendra, où, on se moquera de l’époque où l’on craignait le chômage, et où l’on aspirait à la richesse de ne rien faire. La société biolibéral est la promesse de la disparition des sans-emplois par l’abolition du salariat. Défaisons-nous d’une coutume aliénante, ne présentant aucun avantage, pour ceux qui la pratiquent comme pour ceux qui la subissent, pour se trouver enfin libre d’œuvrer à ses besoins dans le respect d’autrui.

Les employés.

Un intérêt mutuel.

Rejeter le travail est le résultat d’un excès. L’humain n’est ni paresseux ni lymphatique. Il adore satisfaire ses envies, par la collaboration. Il déteste seulement le faire de manière contrainte, pour les autres, et à des cadences infernales. Imposer un travail enlève tout plaisir de le faire. Donner aux individus, la possibilité de gérer leur temps de repos n’allongera pas le temps global, il le diminuera. Il va de l’intérêt des deux parties, d’abandonner la servitude du travail horaire. Affranchis ils pourront s’enrichir de concert, et non plus l’un sur l’autre. Le travail captif a de piètres résultats, tant en termes de revenus, qu’en condition de travail. Nous faisons sciemment de nos vies un enfer. Les uns essayant de faire produire des gens qui n’ont aucun intérêt à le faire. Les autres s’activant pour justifier une paie, sans vraiment se préoccuper, de la rentabilité de ce qu’ils font. En donnant aux employés les mêmes conditions qu’à leurs patrons, vous libèrerez les deux de l’asservissement salarial.

Le plaisir de la productivité.

Si vous souhaitez voir les individus prendre du plaisir dans leur activité, il faut créer un rapport direct entre le travail et la récompense. Dès lors qu’une situation procure de l’agrément, il devient naturel de la multiplier. La méthode est tellement puissante, que certains trouveront même du plaisir à l’exercer, alors que la nécessité ne se fait plus sentir. Redonnons de la satisfaction à travailler en rétablissant l’intérêt qu’il y a à le faire. Le plaisir découle directement de l’avantage obtenu. La sensation de bienfait perdure, même une fois le but atteint. C’est de ce surcroit de dynamisme que nait toute progression de l’abondance. Un excès d’ardeur permet de faire naitre de nouvelles techniques. Le travail supplémentaire nous offre la capacité d’explorer les méthodes, permettant de nous faire gagner du temps. C’est justement ce gain que le pacte salarial ne nous permet pas d’obtenir, le temps travaillé, étant par convention, incompressible. Employeur et employés luttent pour la même chose, mais se combattent parce que les moyens de l’obtenir sont contradictoires. Cessons cette culture du conflit, en donnant à tous le même statut, afin d’être en synergie et non en opposition.

Le plaisir de produire.

Grâce à la mécanisation, nous travaillons sans cesse plus vite.  Hélas cette accélération, ne produit pas de raccourcissement du temps travaillé. Les gens s’en aperçoivent, en souffrent, et conçoivent du ressentiment, envers leurs dirigeants. Le fait d’imposer une contrainte horaire génère des effets allant à l’encontre, du but fixé. Plus vous chercherez à faire travailler les gens, et moins ils auront envie de le faire. Plus vous mettrez de stratégie en œuvre, pour les faire produire plus, et moins ils souhaiteront les suivre. Établissez un mode de répartition en fonction d’une tâche, et non d’un temps infini, et la douleur cessera. Alors seulement, les individus n’auront plus de ressentiment les uns envers les autres. Laissez-leur le choix de travailler, d’organiser leur productivité et vous rétablirez une unité nationale. Les individus auront des rendements d’une productivité inimaginable. Le but n’étant plus de travailler, mais de finir, les gens ne perdront plus de temps. Prenant du plaisir à leur activité, ils renouvèleront constamment les opérations.

Le management absurde.

Quel intérêt y a-t-il à travailler vite, si la fin du travail n’est pas conditionnée à la fin de la tâche ?  Quel avantage y a-t-il, à trouver une solution pour gagner du temps, si le temps ne peut être réduit ? Un individu payé pour une tâche produira du mieux et du plus vite possible.

La même personne payée pour un temps produira du temps. Ce qui est confectionné dans cet intervalle ne le concerne pas.

Les employeurs ayant tellement peu conscience de ce fait, des recueils de management sont écrits et forment à eux seuls une abondante littérature. Ces livres ont pour objectif de faire adopter un comportement efficace aux salariés. Ils incitent à produire comme s’ils étaient financièrement concernés. L’absence de motivation impose la nécessité d’expliquer comment produire, comme si tous ignoraient la chose. Il est inutile de donner des cours tentant de faire appliquer un comportement, s’il n’y a aucun intérêt à le faire. Laissez les gens produire pour eux même, ils adopteront les comportements que l’on souhaiterait qu’ils adoptent. Qui a-t-il de plus infantilisant, qu’expliquer par le détail, des choses se ressentant naturellement dans les bonnes conditions. S’adresser à des adultes, comme à des enfants, ou à des déficients mentaux n’est pas la bonne manière. À aucun moment, il ne vient à l’esprit de personne, que cette sagesse fait défaut à la majorité, parce que l’asservissement la raréfie. Est-il si difficile de concevoir, que toute personne libre serait parfaitement capable de se gérer seule ? Même les principaux concernés semblent douter d’eux-mêmes. Entendant continuellement dire que leur absence de compétences est la conséquence d’une absence de savoir, ils n’osent remettre en cause les sentences de leurs supérieurs. Ainsi jamais ils ne réaliseront qu’il n’y a aucune difficulté à faire avec zèle, ce que l’on fait pour soi-même. 

La période entre la naissance de l’agriculture, et la révolution industrielle, a été longue. Il me semble naturel de penser que c’est en grande partie dû à la démotivation, qu’engendrait le plafonnement du bénéfice. Nous aurions inventé bien plus vite, les solutions de mécanisation pour gagner du temps, si l’on ne nous avait pas confisqué le temps gagné. Dans cette logique, si nous libérons les salariés la production des innovations, ira en s’accélérant. Pouvant à leur tour réduire leur temps de travail, ils se comporteront en entrepreneurs soucieux de finir vite. Le grand nombre de gens pouvant potentiellement se mettre à innover boostera notre productivité de manière exponentielle.

Le traitement des déchets.

Il en est de même, pour la pollution. On prélève les ressources non renouvelables sans modération, tout cela pour fabriquer en fin de chaine, des outils jetables. Nous nous engorgeons dans les déchets de nos industries, et de nos propres poubelles. Nous confions à des entreprises, le soin de créer des objets, dont seul le prix compte, et nous nous étonnons de leur piètre qualité. La gestion des résidus n’entre pas dans le raisonnement, du processus de fabrication. En voulant produire bon marché, l’entreprise humaine pollue à outrance.  Les gaz de Co2 et CH4 sont rejetés dans l’atmosphère sans aucune précaution. La plus grande partie de l’humanité n’arrive même pas à évacuer ses propres excréments. L’humain produit de manière industrielle, et considère que produire suffit. Nous ne prenons en compte ni la manière dont cela est construit ni la nuisance des déchets. Le salariat est un processus insensé imposant d’ignorer les couts induits et ne prenant en considération que les couts de réalisation.

Cessons de hiérarchiser les individus pour produire mal, l’humain est une nuisance pour lui-même. Libèrerons-nous, car en nous enrichissant nous produirons de meilleures qualités. Devenus riches, nous constituerons une clientèle aisée. Nous pourrons alors nous offrir, des objets propres et faits pour durer. Si nous fabriquons de manière écologique à partir d’énergies renouvelables, et traitons nos déchets industriels et particuliers, nous nous enrichissons par la qualité du service.

Pourquoi demander à l’état de traiter ce qui relève d’un processus industriel classique ? Devenus financièrement autonomes, nous pourrons enfin nous payer la facture environnementale. Il est inutile de prélever des taxes appauvrissantes, pour s’offrir une écologie au rabais. Il n’est pas nécessaire de lorgner sur l’argent qui dort, pour faire l’indispensable. Payons aux gens ce qui leur revient, et les problèmes écologiques liés à la saleté des « nations riches » disparaitront. La propreté est une richesse, que les nations industrielles ne peuvent s’offrir, car elles esclavagisent leurs salariés. Nous avons choisi de rendre pauvre, nos producteurs, et cela appauvrit la société elle-même. Enrichissons-nous afin de pouvoir nous payer des objets propres et de bonne qualité.

Bio sagesse : le productivisme anti écologique.

Si vous ne donnez pas aux individus, la possibilité de s’arrêter. Si vous mettez l’échéance en fin de vie, vous ne fixez pas de limite à l’exploitation. Celle-ci se fera de manière infinie, sans aucun rapport, avec ce qui est nécessaire pour vivre. Toute personne arrivant à se constituer un réseau de rémunération touchera sa rente sans discontinuer. Le processus n’a pas de limite, et ne peut donc se réguler. C’est la base du productivisme, qui permet aux individus de toucher de génération en génération, des rentes de situation.

Si vous imposez un système salarial, interdisant aux individus de se reposer, vous établissez un flot perpétuel de ressources. Il commence par l’exploitation des salariés, se poursuit par celle des employeurs, et se solde par un malus environnemental. La seule limitation à l’exploitation est la quantité de biens ou de ressources exploitables. Un travail infini sous-entend une exploitation de la nature infinie, et une usure infinie du corps. Si les fourmis arboricoles cueilleuse de feuilles, fonctionnaient selon ce principe, les arbres ne tarderaient pas à se déplumer, et le sol serait rempli de caverne à champignons. C’est l’image de notre société et de ses banques tentaculaires.

Nous détruisons notre environnement parce que nous exploitons le vivant sans répit. Nous ne nous soucions pas de la qualité de ce que nous produisons, ni de la manière dont nous le faisons. Nous aurons donc forcément une facture, à la mesure des déséquilibres engendrés. La décision encore une fois, ne dépend pas d’une technique compliquée. Elle sera le résultat de la suppression de la contrainte horaire. En allégeant la pression de notre activité sur l’environnement, nous sauverons, nous et la biosphère. Un tel mécanisme est à la portée de simples fourmis. Peut-être serait-il temps de faire preuve d’une sagesse équivalente. La question n’est donc pas de savoir si nous devons le faire, mais comment le faire.

Une agriculture dépassée.

Une grande partie de la population est maintenue contre son gré au niveau le plus bas. Cela est dû à l’arbitraire de la fixation des salaires. Nous avons dans nos pays développés une pénurie de mains d’œuvre pour tous les travaux sales ennuyeux ou difficiles. La raison en est simple, les employeurs maintiennent les salaires non qualifiés en dessous de leur seuil normal. Si ces emplois étaient soumis à une libre concurrence, le manque de personnel les ferait naturellement augmenter. Nous préférons exploiter des étrangers en lieu et place des Français. Moyennant quoi d’immenses secteurs d’activité sont impossibles à mécaniser, la main d’œuvre étant trop bon marché.

Les exemples abondent ou des cas similaires se produisent.  L’agriculture gagnerait à être un secteur d’activité high-tech. Les champs devraient être uniquement parcourus par des machines avec des techniciens pour les faire fonctionner. Or les récoltes se font encore à la main dans le secteur de l’arboriculture et du maraichage. Il en est de même pour d’autres activités ou l’humain coute moins cher que les machines, tel le ramassage des poubelles, la maçonnerie et bien d’autres encore. Nous préférons utiliser de bas salaires pour ces travaux ingrats, plutôt qu’une solution robotique.  Finissons-en avec ce réflexe de peur pour nos emplois. En mécanisant les tâches difficiles, nous créerons un travail bien mieux rémunéré. Libèrerons les salariés et réinstaurons les lois du marché, automatisons afin d’augmenter les salaires.

Le biolibéralisme immédiat.

Il est possible de déssalarier l’économie de manière extrêmement rapide en se contentant d’interdire tout contrat salarial. Ce premier pas ne demande qu’une simple volonté politique. On supprime les horaires et on interdit de travailler plus de trente-cinq heures par semaine.   C’est ce que nous appellerons le premier niveau du biolibéralisme. Vous ne serez plus employés à l’heure, mais au devis. Bien entendu ce ne sont pas les clients, mais les producteurs qui définissent le temps nécessaire à accomplir un ouvrage. Le travail à la tâche est un esclavage seulement lorsque c’est l’employeur qui en détermine les conditions. À partir du moment où c’est l’artisan qui en définit les modalités cela s’appelle tout simplement un devis.

                                               CHAPITRE 4

 L’exemple de l’enseignement.

En individu civilisé, nous avons décidé d’instruire les masses. Cependant nous le faisons selon la formule salariale. Il nous est difficile de voir les méfaits d’un tel comportement, parce que nous y sommes habitués. Un système n’est pas bon parce que les meilleurs élèves réussissent, ils y arriveraient dans n’importe quel environnement. Le seul enseignement que l’on peut considérer comme bon, est celui faisant que tous arrivent, non en baissant le niveau, mais en augmentant l’intérêt d’apprendre. C’est pourquoi l’échec est inadmissible, il découle d’une incompréhension des mécanismes de l’apprentissage humain, et non de la compétence des enseignants ou des élèves.

La forme scolaire est extrêmement coercitive, parce que les cadres sont en sous-effectifs. Faute de personnel, il est impossible de mettre en place d’autre pédagogie que celle du dictaphone. Nos enseignants sont obligés d’imposer le silence et de s’adresser à tous en même temps. Le cours magistral est la seule forme permise par cette configuration, ils ne peuvent se démultiplier pour expliquer les corrigés d’exercices, ne pouvant se pencher sur chaque cas particulier.  

Les enseignants.

Dans notre système de répartitions salarial, les enseignants ne sont pas maitres de leur tâche, et ne peuvent en définir ni les modalités ni le prix. Nos instituteurs et nos professeurs, sont considérés, comme des machines à distribuer un savoir, manufacturé par d’autre. Ils se voient obligés d’appliquer une posologie, comme on le ferait pour un traitement, par le simple fait qu’ils sont seuls face à une classe nombreuse. 

Leur faiblesse numérique leur interdit d’observer, d’expérimenter, de se concerter et d’élaborer de nouvelles techniques. Qui a-t-il de plus insensé que d’interdire à ceux qui enseignent d’ajuster leur cours en fonction des résultats obtenus. Ne sont-ils pas les plus aptes à innover, puisqu’ils sont directement confrontés aux problèmes ? Comment est-ce que des centaines de milliers d’enseignants pourraient être moins efficaces, que quelques chercheurs dans le domaine de l’éducation. Le salariat est un gaspillage de ressources insensé. Dans ce cas précis, il néglige la capacité d’innovations, de personnes ayant toutes les compétences pour le faire.

La robotisation de l’enseignant.

Les enseignants ne sont pas des machines à enseigner, et devraient être capables de déterminer la manière et les moyens à mettre en œuvre, pour parvenir au meilleur résultat. L’état salarial leur retire toute substance, pour en faire de simples distributeurs. Obligés d’accomplir leur travail, avec interdiction d’en maitriser les tenants et les aboutissants, ils sont prisonniers de leur propre méthode. Ils effectuent une tâche sans pouvoir modifier, ni le mode, ni la manière dont on contrôle la bonne assimilation. La progression est tellement mécanique, qu’ils ne peuvent même pas prendre en considération les différentes vitesses, auxquelles les enfants apprennent.

En découpant en tranche ce qui doit être appris, le salariat fait des enseignants les pièces d’une machine à répéter. Celle-ci ne peut ni ralentir, ni accélérer, ni modifier la pédagogie, ni contrôler le bienfondé de ce qui est enseigné, ni critiquer les méthodes, ni les moyens préconisés, ni la manière dont on demande d’enseigner. Il est étonnant que les enseignants ne deviennent pas fous, à essayer d’appliquer de telles méthodes sur des enfants. On comprend pourquoi une discipline de fer a longtemps été la pédagogie de prédilection de l’enseignement au vingtième siècle.

Lorsque des centaines de milliers de personnes obtiennent des résultats plus que médiocres, avec une méthode imposée, il est temps de leur laisser la maitrise de leur pratique, et de les payer en fonction de leurs résultats, selon un emploi du temps qu’ils auront eux-mêmes établi. Redonnons une dignité à la fonction. De serf salarial ils doivent devenir maitres de leur compétence, en établissant eux-mêmes les moyens et le temps, dans lequel ils pensent raisonnable de former les enfants à lire, écrire et compter.

Le budget de l’éducation nationale est pauvre, parce que le principe salarial interdit aux enseignants de déterminer les fonds nécessaires aux résultats attendus. Il coute beaucoup plus cher de mal éduquer des individus à un cout réduit, que de payer le juste prix pour réellement former, non à savoir, mais à apprendre.

En laissant l’enseignant seul devant sa classe, vous leur imposez le rôle ingrat d’instaurer une discipline de fer, pour avoir une chance d’être entendu. C’est pour cela que les enseignants doivent être le soutien des parents, et non celui des enfants. Les parents sont les instructeurs naturels, et leur présence est déterminante au sein de l’école. L’enseignant doit fournir toutes les informations techniques, permettant au parent de pratiquer les jeux pédagogiques. Les rapports parents enseignants doivent s’établir sur le principe de la collaboration. En donnant aux parents l’accès aux enfants, vous évacuez le problème de sureffectif des classes.

Les parents.

Couper les enfants des instructeurs naturels, que sont les parents, est contreproductif, et dispendieux. Nous avons aujourd’hui de jeunes pères et mères au chômage, touchant des aides, mais ne travaillant pas. Admettons que l’on se prive de leur concours par idéologie. Il n’est physiquement pas possible, de s’occuper correctement d’enfant en bas âges de manière constructive, sans une main d’œuvre abondante.

Une des premières discriminations entre les élèves, est le temps que les parents accordent à leurs enfants. Donner le gout pour les histoires, ou même enseigner des rudiments de la lecture nécessite un travail. Il me semble normal que cet apprentissage soit établi à l’école, par un contact prolongé parent enfant.

La socialisation.

Le point d’achoppement des enfants en échec scolaire n’est pas l’intelligence, mais un processus d’enseignement contre nature. L’éducation nationale base son activité sur le travail dissimulé des parents à la maison. Toute personne qui ne possède pas une famille pour le guider, le soutenir, et l’encourager, aura de gros problèmes dans sa vie scolaire. Mettons fin à ce malentendu, et les lacunes pourront être rattrapées.

Laissons entrer les parents au sein de l’école, afin qu’ils aient le temps, pendant les heures ouvrables, de faire le travail que l’on attend d’eux. Les parents qui travaillent ont les plus grandes difficultés à assurer l’intendance des repas, des bains, du ménage et de l’ordre général de la maison. Il ne leur reste plus assez de temps pour la socialisation. Si vous l’interdisez durant le temps de classe, vous acculturez les enfants, ou plus exactement vous imposez les relations salariales, comme culture sociale. Vous instaurez la domination, comme méthode comportementale. Il ne faudra pas vous étonner que, lorsque vous cesserez de les contraindre, il fasse n’importe quoi s’ils sont désobéissants, ou ne fasse plus rien du tout, s’ils sont obéissants.

De nombreux parents, apportent un soutien scolaire à leur enfant, il semblerait plus logique qu’ils le fassent dans l’école et pour tous, qu’à des heures indues uniquement pour leur seule progéniture. Refuser l’aide des parents est un non-sens, et refuser de les payer pour ce travail est contreproductif. On ne cesse de répéter que les différences scolaires sont dues à des différences de milieu familial. Il me semble logique d’importer le milieu familial au sein de l’école, afin que les parents se forment par imitation, de ceux possédant les meilleurs résultats. 

Les élèves deviennent bons, lorsque leurs parents leur font saisir l’importance du travail scolaire. Ce travail n’est pas et ne sera jamais, celui d’un enseignant, car il ne possède ni le temps ni les moyens, de devenir la référence affective des enfants. Dans un système biolibéral le travail de l’enseignant, sera de fournir les modèles pédagogiques, que les parents devront appliquer.

Le tissu social.

C’est en prenant l’habitude de se confier les enfants que les liens se créent non seulement entre les enfants, mais aussi entre les parents. C’est le passage obligé pour acquérir la notion de groupe. C’est en tissant des liens d’entraide entre parents que les enfants feront de même. En l’absence de ce lien, les individus resteront des étrangers, se côtoyant, mais ne s’aimant pas. Il ne peut y avoir d’intégration de nouveaux arrivants, sans cette soudure communautaire. En son absence les enfants se réuniront par la langue ou la culture, et formeront des gangs, pendant que leurs parents constitueront des ghettos.

Le conditionnement salarial.

On a parfois du mal à imaginer les conséquences néfastes d’un enseignement mal calibré. La manière par laquelle on apprend est le véritable moule de la société. Elle conditionne à une image déformée de votre environnement. Quoi que vous appreniez, la leçon sera toujours la même. Un être détenteur d’un pouvoir absolu, contraint votre corps dans la durée, pour vous imposer sa volonté. La méthode est plus significative que les différents savoirs acquis, car elle sera répétée, en tous lieux et à toute heure, dans l’enceinte de l’école.

Cette forme d’enseignement a peut-être été utile, à la société du 19em siècle, mais une telle contrainte est catastrophique pour préparer les enfants de demain. Il ne faut pas espérer qu’ils travaillent au-delà de ce qui leur est imposé, si personne ne leur montre le plaisir, pouvant en résulter. Tout ce qui est appris dans la douleur, par la contrainte salariale, pourrait l’être dans la joie, par des enseignants libres de leurs techniques. Il ne peut y avoir de motivation à apprendre s’il n’y a aucun plaisir à le faire. Aucune complicité ne peut naitre d’une relation de domination.

Ne pas pouvoir s’exprimer durant toute la journée affaiblira les capacités d’élocution. Un tel conditionnement à l’inaction, couplée à des heures d’attention soutenue, réduira fortement leurs capacités physiques. Ils seront naturellement poussés vers les activités sédentaires, et à une vie par procuration, au travers d’écrans à phantasmes aux scénarios mal ficelés.

Qui pourrait résister à la tentation de ne rien faire, après avoir été toute la journée contraint, à des tâches sans intérêts. Qui ne serait séduit par le flot audiovisuel constant de sentiments exaltants, après une journée entière de sevrage social. Le fait de mettre des enfants dans une même pièce en leur demandant d’être immobile silencieux et attentifs, n’étant pas ce qui se fait de mieux en matière de développement de la communication.

Le jeu.

Augmenter le nombre des intervenants permet de passer d’une forme privilégiant le discours à un véritable dialogue. Grâce à son processus répétitif, le jeu est la forme d’apprentissage le plus efficace. Il a ceci de merveilleux qu’il donne l’impression d’une absence de contrainte, et nous permet d’apprendre simplement par la pratique. La science gagnerait à n’instaurer cette méthode aux vertus a nulle autre pareille, car l’élève travaillerait sans avoir conscience de le faire.

Par cette méthode on aurait certainement trouvé depuis des siècles, que l’on apprend mieux en s’amusant, et que les enseignants doivent plus être vus comme des maitres de jeux, que comme de simples répétiteurs. L’absence de plaisir ludique fait qu’on demande aux enfants de se comporter en travailleur modèle, sans leur donner de salaire. Les priver de leur récompense, c’est les amputer de leur motivation.

N’importe quel jeu de l’oie avec quelques légères modifications permet d’apprendre les quatre opérations, sans avoir conscience qu’on les apprend.  Selon les règles qu’on lui donne, le scrabble peut permettre d’apprendre à écrire ou à lire. Mon propos n’est pas de définir quels jeux peuvent être utilisés, mais simplement de montrer qu’il est possible d’apprendre par le plaisir, plutôt que par la contrainte.

Ne faisons pas de la lecture ou de l’écriture une fin en soi, car ils ne sont qu’un moyen. Sachant lire les enfants doivent trouver dans les livres, ce dont ils ont besoin pour jouer. Les jeux basés sur des questions doivent porter sur des disciplines telles les sciences naturelles, l’histoire, la géographie, avec des ouvrages doivent être agréables à lire.

La notation.

Les gains obtenus à un jeu ne doivent jamais servir d’étalon de valeur, ils ne devraient être que le reflet d’un processus d’autoapprentissage. Pour que chaque activité soit un plaisir, les notes devraient être des points de réussite qui s’additionnent sans limites. On ne note pas sur vingt les bonnes réponses, car on doit pouvoir recommencer autant de fois que nécessaire. Les erreurs ne doivent entrainer aucune pénalité, cela permet de conserver le caractère ludique aux activités. Tricher doit simplement faire perdre les points que l’on espérait gagner par ce moyen. Il serait plus productif de supprimer les examens, qui ne sont qu’une méthode stressante, pour faire de la répétition ludique le véritable moteur de l’enseignement. 

L’enseignement par la répression n’est pas une méthode pédagogique efficace. Les points ne doivent pas s’additionner pour donner une moyenne, que ce soit à l’intérieur d’une matière ou entre plusieurs matières. Il n’y a aucun sens à mélanger les capacités dédiées aux différentes activités. Avoir gagné au jeu de l’oie et au scrabble ne peut donner lieu à une moyenne des deux, car on n’additionne pas des compétences de calcul et de vocabulaire. Personne ne doit être dévalorisé pour ses faiblesses dans une matière, mais au contraire revalorisé par ses points forts. Si l’on veut vraiment donner un sens aux notes, ils doivent être gagnés par la pratique des jeux, jusqu’à la maitrise de la chose à apprendre. Distribuer les points au compte goute est contreproductif surtout si elles sont mauvaises, car elle deviennent une véritable stigmatisons.

Les notes doivent être une récompense.

La notation doit servir non pas à évaluer un élève en fonction d’un savoir absolu, ce qui n’a aucun sens, mais de leur permettre de s’évaluer par rapport aux autres. C’est de cette manière que l’on peut créer une émulation. La notion de groupe sera renforcée par les échanges, et les qualités ne seront pas mises en compétition, mais mises en valeur pour leur complémentarité. Chaque individu doit trouver la place au sein du groupe ou il se sent le plus compétent. C’est de cette manière que les humains s’organisent par ilots et non selon une échelle nationale ne possédant aucune signification.

Si l’on veut donner plus de sens au point gagné, on peut en faire une monnaie servant à acheter du matériel de jeu auprès des enseignants. Ce faisant celui qui débloque de nouveaux jeux pour lui et ses camarades peut acquérir un statut social scolaire. Il doit être possible de faire progresser ce statut selon trois grades : éclaireurs, auxiliaire et enseignant. Si le premier grade donne l’accès à de nouvelles activités, le grade d’auxiliaire permet de seconder les enseignants, et le dernier grade de devenir soi-même enseignant pour son groupe. Il ne doit pas y avoir de tranche d’âge, ce sont les activités qui regroupent les individus, pas leur date de naissance ou leur sexe.

La réponse conditionnée.

L’humain a besoin de défis agréables pour se sentir vivre. Le repas de midi est peut-être une raison suffisante, dans les pays sous-développés, pour aimer apprendre, mais il n’est certainement pas l’objectif de ventres pleins. Interdire aux enseignants de laisser jouer les enfants au cours d’activité pédagogique, a pour effet de rendre l’apprentissage rebutant. Contraindre les enfants des heures durant, à écouter immobile et dans le silence n’est pas une action neutre.  Les enfants peuvent respecter un tel conditionnement s’il est instauré dès le plus jeune âge. Cependant utiliser de telles méthodes ne vous permettra jamais d’obtenir leur collaboration. Vous pourrez les contraindre par la menace et les sanctions à s’acquitter d’un travail minimum. Jamais ils ne feront par plaisir ce que vous leur imposez par la force. Un auditoire contraint sera dans l’attente permanente de la fin des cours. Si le travail se finit quand la cloche retentit, la sonnerie devient le plaisir qu’attendent les élèves.  En ne donnant pas de récompense au travail, vous formatez les individus à aimer ne rien faire. Ivan Pavlov a parfaitement mis en lumière ce mécanisme, dans notre cas le résultat du conditionnement est une inhibition. Par ce type d’éducation, les enfants acquerront le dégout des activités intellectuelles. En faisant de l’activité physique une contrainte, vous faites de même pour le corps.

La condition physique.

Je suis entouré de gens à la condition physique plus que précaire. Je ne dénombre plus le nombre de jeunes adultes, ne pouvant courir plus de quelques mètres sans être essoufflés. Le mode d’éducation salariale est particulièrement ravageur chez les filles. Il semble qu’on les conditionne à tellement peu bouger, qu’elles en sont réduites à un empilement d’os. La structure musculaire du cou est tellement faible, que le moindre choc pourrait les tuer. Il me semble évident que si une catastrophe venait à couper l’approvisionnement d’une citée, et nécessitait un déplacement long comme cela s’est passé au moment de la dernière guerre, une grande partie de la population s’écroulerait avant même d’être sorti de la ville. Que dire de la capacité à donner la vie, dans un tel état sanitaire. J’en viens même à douter, que nous soyons encore capables de nous reproduire, sans assistance médicale.

Nous sommes à l’évidence à un point ou une décision s’impose. Soit, nous continuons sur le chemin de la dégradation physique et intellectuelle, et nous laissons une méthode débilitante nous asservir par gout de la domination.  Soit, nous redonnons à l’éducation ses idéaux de santé et d’intelligence en changeant de méthode. Je sais que cela demandera des réformes d’une ampleur sans précédent, mais la solution est claire, au vu des résultats actuels. Cessons d’apprendre dans le simple but d’apprendre pour passer à l’exercice pratique des connaissances.

La finalité de l’enseignement.

Il semble que l’enseignement salarial a fait par excès de zèle, de la capacité de lire et d’écrire, un but dénué de toute utilité. On devrait lire pour apprendre quelque chose, que ce soit intellectuellement ou émotionnellement. En supprimant tout plaisir, vous construirez des individus qui savent lire et écrire, mais ne le font pas, ou le font mal, parce qu’ils n’ont strictement aucune raison de le faire.

En instaurant un système d’apprentissage comme une fin en soi, nous dénions à nos enfants le modèle qui motiverait leur apprentissage. Toutes les espèces supérieures apprennent par l’imitation. Les humains sont les seuls à dissocier apprentissage et raison d’apprendre. Il ne faut pas s’étonner de voir le peu d’enthousiasme des enfants pour le système scolaire. Nous avons extirpé le jeu comme une perte de temps incroyable, réputée distraire les enfants en objectif futile. Nous avons instauré un programme d’éducation rationnel, et fractionné l’espace-temps en tranches horaires, consacré à l’effort, d’un apprentissage strictement nécessaire.

Il me semble évident qu’ayant appris à lire, ce sont des livres que doit venir le savoir et non d’un cours oral. Si vous voulez que les enfants utilisent ces connaissances, et pratiquent la lecture pour les découvrir, il faudrait organiser des activités où ils auront plaisir à les utiliser, que ce soit sous forme de jeux intellectuels, de joutes verbales, ou physiques.

Lire écrire et compter sont les outils qui permettent de jouer, non pour gagner, mais pour échanger. On découvre la géométrie en ciselant des pâtes à pâtisserie ou en découpant les tissus pour fabriquer des habits, on s’exerce aux opérations en jouant à des jeux de dés. L’exercice physique se fait par la danse, la musique s’exerce par les chants. On se familiarise avec les proportions et les températures en cuisinant. On apprend à s’exprimer en racontant des histoires, on acquiert de l’imagination en les inventant. On entreprend d’équilibrer un budget en organisant des évènements culturels.

Si l’instructeur domine, il n’enseignera jamais la collaboration, car ces choses s’apprennent par l’exemple. Si vous enseignez à des enfants prépubères à lire, écrire, compter, sans jamais leur laisser le loisir d’expérimenter, ils ne sauront pas ce qu’ils divisent ou multiplient et ne comprendront pas ce qu’ils lisent. Si vous leur interdisez d’échanger, vous en faites des acteurs immobiles, qui savent mais ne font pas. Sortons de la vision de l’école-usine de production industrielle d’un pseudo savoir, pour penser l’école comme un lieu où l’on s’exerce en jouant dans un modèle réduit de la société. À quoi cela sert-il d’apprendre à lire, si lire ne sert pas à apprendre ? Un tel enseignement aura à la fin comme conséquence de limiter leur autoapprentissage.

La culture acculturée.

Nous en sommes aux balbutiements des logiciels de dictée, quel est l’intérêt d’écrire sans faute, si l’on n’a rien à raconter ? Ne s’est-on jamais rendu compte que les règles de l’écrit si compliquées soit elles dans leur grande majorité ne s’entendent pas lorsque l’on parle ? Ne faut-il pas encourager l’expression orale, à la veille de révolution technologique sans précédent de l’intelligence artificielle où les ordinateurs écriront à notre place ? On ne cesse de se lamenter de l’indigence de la production cinématographique. La pauvreté des scénarios n’est-elle pas le reflet de la rigidité des éducations ? N’est-ce pas parce que l’on n’a jamais appris aux enfants à raconter des histoires que les films que nous voyons sont si pauvres ? La révolution industrielle nous a donné la possibilité de développer les techniques audiovisuelles qui sont une merveille, il serait temps de former les gens à créer un contenu de qualité.

À quoi cela sert-il d’admirer ce que le passé a produit, si l’on ne nous permet pas d’apprendre à l’améliorer ? L’art n’est pas seulement fait pour être admiré, mais pour être pratiqué. Comment être pleinement heureux, si l’on ne sait exprimer notre bonheur ? De tout temps les gens ont raconté leur joie, leur peine, leur colère au travers des musiques et de la danse. Notre civilisation ne laisse s’exprimer que quelques spécialistes, en réduisant tous les autres au silence. La notion de spectateur découle directement d’une conception salariale, ou la valeur la plus haute réside dans le fait de ne rien faire. Comment est-il possible que l’on sorte d’une école sans savoir parler, chanter, danser, de la même manière que l’on respire ? La technique n’est que le moyen par lequel le plaisir devient meilleur. Il est plus important d’enseigner aux enfants que l’on peut obtenir ce que l’on désire, sans forcément passer par un spécialiste. Dépendre des autres pour son bonheur est le pire des asservissements. La spécialisation doit arriver une fois parvenu à l’âge adulte, en choisissant de se vouer corps et âme à une seule tâche, et certainement pas au moment de l’adolescence où les choix sont encore confus.

Les activités émotionnelles.

Si vous envoyez à l’école des enfants, sans leur faire pratiquer des activités ludiques, vous retirez toute raison de vivre. Inventer, bricoler, cuisiner, se confectionner des vêtements, avoir un contact avec la nature, les plantes, les animaux, représentent le véritable sens de la vie.  Lire écrire et compter ne sont que le moyen, par lesquelles on perfectionne la pratique de ces choses.

Il en est de même de la vie sentimentale, il est possible de lui redonner ses lettres de noblesse au sein de l’institution scolaire. Réintroduisons le chant, la musique, et la danse à l’école sous la tutelle parentale. Pour civiliser les sentiments, réintroduisons la notion d’amour courtois. Préparer les individus à une vie de couple nécessite la mise en pratique des règles, par lesquelles on se rencontre et l’on se sépare. C’est en recréant une vie sociale au sein de l’école que nous instruirons les futurs couples sur la manière de socialiser. Il est inhumain de décourager les activités émotionnelles, il faut juste les encadrer. Les arts et les lettres n’auraient pas la même intensité sans les pulsions qui les ont fait naitre. Les sentiments sont une source de forte motivation, il est contreproductif de se priver de ce puissant moteur.

Les mœurs n’ont jamais été aussi libres et pourtant huit millions de célibataires sont la preuve manifeste de la difficulté, qu’il y a à se rencontrer ou à cohabiter. Aujourd’hui nous laissons à l’industrie du porno le soin de s’occuper de l’éducation sentimentale de nos jeunes.  L’humain est peut-être un être social, mais une culture inadéquate peut le rendre asocial. Les progrès de la science en matière de durée de vie influent sur nos comportements, nous devons ajuster nos règles de conduite pour qu’elles correspondent à la réalité, dans le respect de nos idéaux. La rigidité du mariage à vie est un concept d’un autre âge, nous devons apprendre à pacifier les relations amoureuses en les codifiant dès la jeunesse.

La polyvalence.

La tâche de l’école est de faire des généralistes, c’est la profession qui forme les spécialistes. Il ne doit pas y avoir de domaine laissé pour compte, les enfants doivent pouvoir s’exercer de manière pleine et entière dans toutes les disciplines. Ainsi sortant de l’école ils pourront dire, je me suis formé dans tout ce que la vie propose. De cette manière lorsqu’ils perdront un travail, ils pourront sans difficulté se tourner vers un autre. L’école doit refléter la notion de multitâche, qui attend l’élève dans sa future vie professionnelle.

À quoi cela sert-il d’enseigner la beauté des arts et des lettres si personne ne s’exerce à faire mieux ? Le dessin a pour vocation à être aussi important que l’écriture. La musique et la danse doivent devenir un moyen d’expression quotidien. L’école est un environnement artificiellement pauvre, il serait temps d’y introduire des objets sur lesquels pourrait s’exercer la curiosité. Comment comprendre les bases de l’électricité et du magnétisme sans appareils à monter et démonter afin d’en comprendre le fonctionnement ? Il est certes possible d’assimiler la mécanique des fluides au travers des mathématiques, mais il est plus agréable de s’exercer les beaux jours d’été à faire et défaire des circuits d’arrosage. Les enfants peuvent apprendre à distinguer les plantes comestibles et médicinales dans des livres, mais il est infiniment plus bénéfique qu’ils le fassent en les cultivant dans un jardin. Tout le monde s’accordera à dire qu’il est plus gratifiant d’apprendre la valeur nutritive des aliments en se faisant à manger. Les chiffres et les lettres bien qu’indispensables ne sont là que pour servir ces connaissances. Il est important d’apprendre à lire une carte en découvrant de nouvelles régions, car alors on acquiert le gout de la découverte. Les méthodes académiques ne créent pas de vocations. Vous pouvez être le dépositaire de toute la science du monde si vous n’avez pas le gout de vous en servir, elle ne vous saura d’aucune utilité. Les activités qui procurent du plaisir doivent être pratiquées sans modération, à tout âge et le plus souvent possible. Si vous attendez d’être un spécialiste pour le faire il sera trop tard cela ne procurera plus aucun plaisir.

Les bases de la santé.

Il est plus important d’apprendre à ne pas tomber malade que de se soigner. Connaitre les règles d’hygiènes et les raisons pour lesquelles on les applique est primordial. Il faut voir les bactéries s’agiter sous le microscope pour mettre un visage sur les infections. Les boites de Petri et la culture de microorganismes sont indispensables pour observer leur multiplication et comprendre les principes de la contagion.  Mettre des antibiotiques sur ces mêmes cultures permet de comprendre le mécanisme du médicament.  Il n’est pas une tâche complexe qui ne soit à la portée des enfants si l’on a la volonté qu’ils apprennent. Faites-leur manier le fil et l’aiguille à la maternelle, et ils auront dès l’enfance toutes les compétences requises pour réaliser des sutures dans un bloc opératoire. Sortons de la logique de spécialisation tardive pour entrer dans une ère de généraliste précoce.

Enseignement militaire.

L’armée est le parent non grata de l’enseignement. Finissons-en avec l’antimilitariste latent, nous sommes à une époque pacifique et il est possible de mettre en place une armée éthique et responsable.  C’est l’état qui rend les guerres sales pas les militaires qui ne font qu’obéir. L’ordre, la discipline, la chaine de commandement et les exercices de déplacements coordonnés sont des valeurs hautement appréciables dès le plus jeune âge. Nous nous voilons la face devant la brutalité des guerres, mais nous sommes littéralement envahis de jeux vidéos, qui sont des entrainements au tir bien plus réels, que tout ce qui peut se faire sur le terrain.

Introduisons la pédagogie du jeu jusque dans le l’apprentissage militaire, car il en va de ce domaine comme tous les autres. Si vous voulez que les élèves soient attentifs, donnez-leur des formateurs qu’ils pourront apprécier, et des exercices ludiques.  Les gradés doivent être sélectionnés plus pour leur charisme, que pour une connaissance militaire. Si vous voulez intéresser les jeunes, reproduisez en grandeur nature, les jeux auxquels ils jouent devant leurs écrans. Faites de la prise de drapeau en milieu urbain avec des armes factices rendant l’intensité du combat. Utilisez des fumigènes et des pétards pour l’ambiance et vous aurez des jeunes fortement motivés à faire ce qu’ils font virtuellement et sans aucun bénéfice pour le corps.

La condition physique a déjà été abordée, mais il faut souligner que deux heures de sport par semaine sont totalement insuffisantes, on ne peut continuer à former des esprits sans en fortifier le support. La logique économique qui préside aux emplois du temps n’est visiblement pas compétente, pour éduquer le corps. Si on considère que la santé physique relève d’une priorité nationale, l’éducation physique devrait dépendre de la défense. Si vous n’employez pas les bonnes techniques vous aurez des citoyens qui savent faire, mais ne feront pas, parce qu’on ne leur aura pas donné le gout de le faire. Si vous faites de l’exercice physique une chose rebutante, vous obtiendrez des citoyens obèses. Si vous sélectionnez un encadrement sadique dont l’objet sera de briser les recrues, vous obtiendrez des antimilitaristes. Si vous envoyez des jeunes dans des guerres injustes, vous les perdrez dans les urnes avant même de les avoir commencées.

L’entretien des écoles.

Dans une société décentralisée, les écoles doivent être gérées de manière autonome. Il ne doit pas y avoir de personnel administratif, de maintenance, d’entretien, ou de cuisine. Considérons ces secteurs comme des matières au même titre que les autres, et faites de ces agents des maitres enseignant leur discipline de manière ludique. Le rangement et l’hygiène des salles de classe ainsi que des lieux de vie doivent être maintenus par les élèves. La réparation des locaux ou du matériel doit être assurée par les classes de technologie. La cuisine doit être une matière comme les autres. Le fonctionnement administratif ainsi que les responsabilités du matériel doivent incomber aux parents travaillants dans les établissements.

La pauvreté scolaire.

Nous avons créé un système éducatif austère, parce qu’il a été conçu pour créer la main-d’œuvre du 19em siècle. Si nous voulons former, non plus des sujets asservis d’hier, mais des artisans autonomes de demain, il faut des éducateurs eux-mêmes libres et biens payés. Nous entretenons la gestion d’un système d’enseignement selon des méthodes obsolètes.

Nous avons un système économique qui concentre des milliards entre quelques mains, quand quelques centaines d’euros répartis entre les mains de tout le monde pourraient permettre de payer le matériel scolaire nécessaire à une éducation déssalariée. L’enseignement est l’ossature de la société, il ne tient qu’a nous a lui donner la force de soutenir les muscles de la nation.  Faisons les investissements adéquats, pour mettre en place une structure fonctionnelle de distribution du savoir.

L’école ne doit pas être le lieu où l’on enseigne ce que l’on sait, mais où l’on apprend à se confronter à ce que l’on ne sait pas.  Nous sommes à l’aube de la découverte des plus grands champs d’exploration de l’histoire de l’humanité, c’est désormais dans la recherche que doit s’appliquer notre effort de production. À quoi cela sert-il de mettre des millions dans des bâtiments scolaires si la manière d’enseigner n’est pas adéquate ?

Le goulet d’étranglement.

Le summum de l’éducation consiste à avoir un enseignant par élève et à suivre son évolution pas à pas. Cette méthode est impossible lorsque le savoir est déposé ente les mains d’un petit nombre. Personne ne pouvant se démultiplier, tous sont obligés de donner un cours unique, distribué à une vitesse constante, en un lieu déterminé. Ce faisant, nous avons créé un goulet d’étranglement, obligeant les élèves à suivre un enseignement linéaire, ne pouvant ni accélérer ni ralentir avec des contrôles rébarbatifs.

La technologie numérique vient de rendre possible la démultiplication du savoir, et s’il y a toujours des enseignants, ils ne seront plus une source de ralentissement. De la même manière que Gutenberg a rendu obsolètes les manuscrits, YouTube rend obsolète la fonction de répétiteurs qui n’ont comme seule qualité que de répéter. Par le miracle de la technologie, chaque enseignant pourra être rémunéré pour les cours qu’il met en ligne, le savoir sera ouvert à tous sans contrainte ni de lieu ni de temps.

De la même manière que la connaissance sera en accès immédiats en n’importe quel endroit il sera inutile de tout mémoriser. Savoir où se trouve l’information sera plus important que de la connaitre par cœur. Ainsi c’est sur des exemples concrets et à banque de données ouverte, que se feront des contrôles en continu. On ne demandera plus d’avoir une connaissance théorique, mais de savoir l’exploiter dans un cas précis. Il sera plus important d’être un bon praticien qu’un dépositaire de savoir. La connaissance pouvant être en libre accès c’est le résultat qui compte, et non plus la capacité à la stocker.

La dématérialisation du savoir.

Lorsque vous salariez vos enseignants-chercheurs, vous les bridez de deux manières. La première en les empêchant de jouir des résultats de leur recherche, et la seconde en les faisant produire des cours oraux qui par leur format ont une diffusion limitée. Ce faisant vous maintenez dans la pauvreté les personnes à la productivité la plus utile à la société, et vous mettez un frein à la diffusion du savoir.  Ce n’est pas aux chercheurs à donner des cours in situ ou à corriger des examens.

Relocalisons les facultés là où l’on pratique, le droit, la médecine, les lettres doivent avoir leur centre de formation sur les lieux mêmes où s’exerce le savoir, c’est-à-dire dans les tribunaux, dans les hôpitaux, la presse, les théâtres, les journaux audiovisuels. Il est extrêmement couteux d’envoyer les enfants dans des facultés ils doivent pouvoir se former dans leurs villes en continuant à habiter chez eux. À l’ère du numérique, les amphithéâtres sont dépassés, un cours fait par un professeur en médecine à Dunkerque doit pouvoir être vu partout sur terre. À quoi cela sert-il d’avoir inventé l’audiovisuel et les câbles pour le transport du numérique, si les parents doivent se saigner pour envoyer leurs enfants en faculté ?

Faire des études supérieures nécessite un logement et de quoi se nourrir, et avoir une vie sociale.  C’est donc un salaire complet qui est affecté à l’éducation des enfants hors frais de scolarité. Quelle est l’utilité d’une telle dépense lorsqu’une connexion internet permettrait d’avoir les mêmes cours chez soi ? N’est-il pas préférable d’affecter des sommes à la rémunération des enseignants du numérique qu’a des marchands de sommeil, louant des chambres d’étudiants à des prix prohibitifs ? Les facultés sont un mode d’enseignement obsolète et couteux dont il faudrait se débarrasser.

Oublions les centres d’enseignement universitaire qui ne sont qu’une manière dépassée de reproduire un savoir. Les gens ne sont pas des livres et l’école n’est pas une imprimerie. Si vous apprenez aux élèves à retenir, vous en faites les dépositaires d’un savoir. Or un dépositaire n’est pas un chercheur. Le temps mis à fabriquer un spécialiste, selon la méthode des cours oraux, est extrêmement long, et ne garantit absolument pas que ces individus trouveront quoi que ce soit.

Les conséquences de la défaillance.

Il n’est pas anodin de mal enseigner, et si nous avons sept pour cent d’illettrisme en France, ce qui représente plus de trois millions de personnes, ce n’est pas le moindre des problèmes engendrés par une mauvaise éducation. Ne pas être capable de former sa jeune génération, est un péché qui gangrène la société. Une importante proportion des enfants laissés sans solution seront alors formés par des professionnels du crime, selon les meilleurs critères d’éducation, avec un à plusieurs maitres par élève. Il est étonnant de voir le degré de professionnalisation découlant d’une éducation correctement menée.

Les enfants ayant échoué dans le milieu scolaire se montreront de vrais entrepreneurs de l’ombre, insouciants des conséquences. Leur révolte face au monde salarial de l’éducation les oriente naturellement vers une libre entreprise mafieuse. Contestataires de l’éducation nationale ils sont prêts à s’affronter dans un combat impitoyable, et ne se rendent pas compte de la nature de leurs gestes. Taguer des coins de rue et mettre des vigies, revient simplement pour eux à se créer un territoire commercial.

La mort fait partie des risques, à la différence qu’elle est réelle, ce ne sont pas des entreprises qui disparaissent, mais des vies qui s’envolent. Ainsi, certains ne reculent, ni devant les menaces de torture ni les risques d’exécution sadique. Pour se défendre de la concurrence, et s’assurer le niveau de vie qu’ils estiment décent, ils sont prêts au sacrifice ultime.

Les délinquants sont la conséquence directe d’une excellente formation mafieuse. En leur offrant comme seule perspective d’avenir, des emplois mal rémunérés et en quantité insuffisante, il est normal qu’ils soient séduits par l’école de la délinquance. Ces disciples perdus chercheront à reproduire le modèle commercial ambiant. Imitant la logique de l’entreprise, ils se livrent à des commerces prohibés, du simple fait qu’on leur a fermé les filières qu’ouvre normalement l’éducation. Tous sont des entrepreneurs, qui feront valoir leur droit à se constituer un capital criminel, parce qu’ils ne possèdent pas les fonds, nécessaires à une activité légale.

Les armes, la drogue, la prostitution, le racket, le vol, ou l’extorsion sont des secteurs prisés parce qu’accessibles. Cherchant un marché, ils iront jusqu’à créer la demande, pour ensuite la satisfaire. Ils vendront de la sécurité ou de la justice, pour être semblables à ceux qui les dominent. Notre système scolaire prend toute la place, il est normal qu’il incite à être contourné. C’est pourquoi la diversification des supports d’enseignements doit être une priorité nationale. En numérisant les formations, nous faciliterons leur accès, et nous résoudrons les dérives criminelles de notre société. Nous ne pourrons faire l’impasse d’auxiliaires pour mieux encadrer les enfants. L’éducation est un investissement pour l’avenir, et lésiner sur sa qualité nous coutera infiniment plus cher en répression, que ce qu’il nous aurait couté en éducation.

                                               CHAPITRE 5

La libre entreprise.

Le verrou salarial.

Certains attribuent à l’encadrement de grandes vertus d’organisation et en déduisent que la domination est la forme optimum du travail. C’est ici à mon sens une assertion sans fondement. De nombreuses tentatives se sont déjà mises en place, pour libérer l’entreprise de sa hiérarchie. L’instauration d’une structure plate, dans laquelle les collaborateurs s’autodirigent, a fait la preuve de son efficacité. Si certaines réserves sont apparues lors de sa mise en pratique, c’est uniquement parce que l’on tente de faire ces changements, en conservant le principe salarial. Il n’est pas bon de prôner une libéralisation, pour faire baisser les frais, simplement en supprimant des postes. Le modèle devient alors un moyen, d’augmenter la charge de travail, sans compensation financière. Cela rejette l’échec de la procédure sur les salariés, rendu coupable de n’être pas assez libéraux. En fait ce sont les employeurs, qui sont trop dirigistes. Ils ont peur du désordre, qui naitrait de la fin de la domination. Ils n’ont pas confiance, en la capacité des employés à s’organiser, une fois devenus comme eux, responsables de leurs horaires. Ils sont persuadés que l’émancipation des salariés les appauvrira, alors qu’au contraire, il en ressortirait un enrichissement généralisé.

Un chemin déjà balisé.

L’humanité connait le moyen de passer à une société libéralisée. Les procédures ont déjà été testées, et leur efficacité a été confirmée. S’attacher au vieux modèle au-delà de toute raison, fait souffrir inutilement ceux qui le subissent. Si l’on n’a pas généralisé la libération des entreprises, d’une hiérarchie sclérosante, c’est simplement pour des raisons de procédure. On hésite, à faire sauter le verrou salarial, par simple peur de l’inconnu. Sur ce point, il n’est pas besoin de faire preuve d’une telle prudence, le retour à l’état de liberté est tellement naturel, qu’il n’aura pas besoin d’être planifié. De la même manière que la Chine est passée du communisme au capitalisme, il est aisé de s’affranchir d’une contrainte sclérosante. Le retour à un état naturel sera facilité par une responsabilisation généralisée. Le reengineering s’effectuera de lui-même. Faisons confiance à la sociabilité humaine, parfaitement capable, d’organiser les tâches les plus complexes dans la plus stricte liberté. Avec des rémunérations revalorisées par les gains de productivité, le processus aura pour conséquence d’augmenter la fluidité, sans allonger le temps de travail.  Les individus responsables d’eux-mêmes et de leur environnement pourront cumuler les domaines d’expertises, et les revenus qui en découlent.

Les promesses.

Nous sommes bercés depuis des années, par l’annonce de l’avènement d’une nouvelle entreprise. Nous entendons régulièrement parler, d’assouplissement du cadre légal du travail, et de ses contraintes. Il est souvent question de travail à la maison, de télétravail, d’horaires aménagés, de crèches d’entreprises, de salle de sport, ou de cafétéria. Au-delà des avantages apportés par toutes ces prestations, l’intérêt qu’elles procurent a un dénominateur commun. C’est grâce au temps que l’on pourrait gagner que tous ces avantages semblent si enviables. Or c’est précisément parce que nous n’en sommes pas maitres que nous cherchons sans cesse à en obtenir. Le déplacement vers le lieu de travail, représente un gaspillage de temps insupportable. Les fonctions familiales sont des activités réduites à la part congrue, du fait que l’activité professionnelle prend le pas, sur tout le reste.

Une surveillance omniprésente.

Les promesses de libération du carcan temporel s’accompagnent de celle du carcan physique. Les déplacements chronophages s’alourdissent toujours d’une contrainte spatiale. C’est parce que l’entreprise impose un lieu de travail que vous ne pouvez travailler ou vous le souhaitez. Supprimez la contrainte temporelle, la contrainte spatiale disparaitra. C’est parce qu’il est nécessaire de contrôler votre rendement, que vous devez vous rendre chaque matin loin de chez vous. C’est pour ne pas faire perdre de temps à votre entreprise, que vous en perdez chaque jour, coincé dans les embouteillages. C’est toujours pour ce contrôle du temps que l’accès internet est restreint dans les bureaux, que la parole entre collègues est comptée, que le temps passé sur chaque dossier est minuté, ou qu’une pointeuse est chargée de vérifier votre ponctualité. C’est pour cette raison que lorsque vous avez des interventions extérieures, votre kilométrage ainsi que le nombre de personnes à rencontrer, sont scrupuleusement comptabilisés. La liste n’est pas exhaustive, mais chacun de ces contrôles existe, par et pour la contrainte horaire. Supprimez ce seul et unique paramètre, et vous serez libre, de toutes les manières dont l’entreprise règlemente tous les aspects de votre vie, à l’intérieur, mais aussi à l’extérieur du travail. 

On fait généralement le choix de devenir entrepreneurs pour avoir enfin, la possibilité d’organiser son emploi du temps. Lui seul nous permet lorsque l’on a des enfants de passer à la crèche ou à l’école, sans être stressés par les horaires. Si l’on travaille à la maison, on peut faire les courses pendant la journée, et non le soir à des heures indécentes.  Le sport entre midi et deux, peut alors se faire dans des conditions agréables. La reprise du travail, n’étant plus liée à un timing précis. Il n’est plus nécessaire de perdre un temps précieux en déplacement pour se rendre à l’entreprise. Travailler dans de meilleures conditions permet d’être plus productif.  Être libre signifie ne plus recevoir d’ordre, ou subir le contrôle de votre rentabilité. L’entreprise régit absolument tout dans votre vie, et le problème est encore plus présent dans les petites entreprises que dans les grandes. Les avantages des grands groupes ne sont pas à la portée des petites structures. Quels que soient les avantages offerts, jamais les prestations fournies par les sociétés ne vaudront la liberté.

La classe unique.

Employeur et employés ont le même objectif, sortir de la contrainte temporelle. C’est le moyen choisi pour en sortir qui nous divise. Les deux extrêmes doivent se libérer ensemble de cette camisole absurde, et bénéficier de la liberté d’entreprendre au sein d’une classe unique. Toute la société repose, sur une immense majorité de gens possédant un véritable savoir-faire professionnel, rémunéré en deçà de leurs capacités. Il serait bien plus efficace libre, qu’asservi, tous seraient enfin égaux. C’est de cette manière que supprimant la cause des dérèglements, vous en supprimerez les conséquences.  Nous éradiquerons ainsi le principal facteur de contestation, les actes de rébellion, le malêtre dû aux conditions de travail. Il n’est pas nécessaire de dominer son prochain pour vivre, cela peut se faire par l’échange. On ne cesse de nous proposer une relance par la demande et ce genre d’action rend la chose faisable. Il n’est pas possible d’augmenter les revenus de gens asservis, mais il est possible de les libérer. Nous entrerons alors dans un monde où, les progressions salariales se feront par la disparition des postes de surveillance et des fonctions administratives, au profit des producteurs. La mécanisation ne fera pas disparaitre des emplois, mais des postes obsolètes. Dans un système de répartition proportionnel, la concurrence entre collaborateurs sera enfin assainie et règlementée de manière à respecter les individus.

L’abondance par la destruction créatrice.

Des gains de productivité immense résulteront de la transformation du salariat en partenariat, permettant une meilleure rémunération des producteurs. Les emplois d’encadrements inutiles pourront être réaffectés aux secteurs productifs. Unies sous une même règle, les réductions de cout et l’augmentation des revenus enrichiront tout le monde. Nous sommes tous égaux, libérer les uns affranchira les autres. Tous y gagneront en qualité de vie et en liberté.

 Plus qu’un simple problème de salaire, le respect de l’égalité touche à un fondement de notre espèce. L’humain est trop intelligent pour accepter d’être contraint. L’état doit donc nous rendre notre liberté. S’il ne le fait pas, il s’expose à une poursuite des dysfonctionnements, et aux incessantes récriminations, qui en découlent. C’est parce qu’on maintient les salaires artificiellement bas et une durée de travail fixe que les employés ne peuvent mettre de l’argent de côté pour vivre entre deux emplois. Cette pauvreté impose que l’on reçoive une couverture sociale afin de ne pas manquer de l’essentiel. Sortons enfin de cette logique d’assistanat.

L’égalité de bénéfice

Dans notre système capitaliste, l’égalité consisterait à donner des actions aux employés afin qu’ils puissent toucher des dividendes. Le problème est qu’un tel schéma met à mal tout le fonctionnement de l’entreprise, créant un conflit d’intérêts. Il deviendra dès lors beaucoup plus difficile à une direction, d’imposer ses politiques d’investissement ou de licenciement, a des actionnaires étant en même temps des employés. Ce serait comme de mettre un syndicat à la tête de l’entreprise, celle-ci coulerait immédiatement du fait de l’adoption d’avantages sociaux divers et variés, incompatibles avec le principe de concurrence.

Partager les parts sociales présenterait l’immense désavantage de conserver toutes les injustices du système. Nous continuerions avec des horaires imposés et une inégalité de coefficients salariaux. On aboutirait rapidement à un système où les employeurs seraient découragés de faire leur travail. Il n’est pas possible de demander aux entrepreneurs de faire tourner les entreprises, d’être le garant de leur performance économique et de les priver de la rémunération de ce travail. Toute personne prendra fort mal, qu’on lui demande de répartir ses gains s’il est le seul à veiller au bon fonctionnement du système. La seule solution est de restituer à chacun la responsabilité de son travail. Nous devons changer le mode de rémunération, la répartition des bénéfices, doit se faire en fonction des heures travaillées de chacun. Abandonnons une fois pour toutes le travail contraint.

L’accumulation de capital est une méthode d’enrichissement barbare, car égoïste. Une fois constitué il implique de vivre du travail des autres sans jamais rien partager. C’est un mode de répartition fait pour favoriser un petit nombre de gens au détriment des autres. En répartissant le bénéfice proportionnellement aux heures travaillées, on égalise les revenus. Un tel mode de répartition donne une chance égale à tous, non seulement de profiter, mais aussi de participer à la construction de la richesse commune.  C’est en brisant le monopole de l’employeur que chaque individu devient l’égal des autres et que l’on en finit avec le capitalisme.

On a coutume, avec raison, de ne pas aimer les monopoles, car ils produisent de piètres qualités à un prix exorbitant, or le salariat est le processus par lequel se constituent les monopoles. En déléguant votre capacité à vendre vos objets ou services, vous donnez à votre employeur le monopole de votre production, et il s’en servira à son profit exclusif. Par cette méthode il récolte votre bénéfice et exploite l’acheteur.

De tout temps nous avons eu l’habitude de combattre le monopole par la compétition. Mais cela ne solutionne pas ce qui se passe à l’intérieur des entreprises. La concurrence ne résout rien elle rend seulement un mal supportable, elle permet à un système contre nature de perdurer, en rendant les objets moins chers tant que dure la concurrence. Dès qu’elle cesse, l’entreprise reprend sa position dominante et les abus se manifestent inéluctablement. 

Pour que la concurrence agisse correctement, elle ne doit pas s’exercer simplement entre les entreprises, mais entre tous les individus y compris l’employeur. Faute de quoi un mécanisme machiavélique se met en place. Le patron n’étant pas soumis à une juste concurrence verra ses revenus augmenter de manière exponentielle. Soyons objectif, si l’on accepte cette entorse au marché, comment pourrait ton s’offusquer du fait qu’un seul individu empoche la majeure partie du salaire de ses employés ?

 Pour qu’une concurrence soit juste et parfaite, tous les individus doivent s’y soumettre, faute de quoi vous aurez quelques personnes immensément riches, drainant les salaires d’une foule gigantesque de pauvres.

Le maintien de la servitude.

Le biolibéralisme implique une égalité des entrepreneurs. Ne pas la respecter impacte gravement la manière dont on prend ou on quitte un travail. Se faire licencier est certainement la façon plus détestable de changer d’emploi.  Cela crée un sentiment de rancœur.

Par la manière dont il fonctionne, le système salarial à la propriété perverse de multiplier les employés et de réduire le nombre d’employeurs. L’employé surinvesti alors dans son employeur, car perdre son travail présentera de lourdes pénalités, tel le sacrifice de son ancienneté, ainsi que les avantages de salaire et de confiance qui vont avec. Dans un environnement raréfié, tous chercheront à établir une relation à long terme et seront prêts à des sacrifices.

Une rupture de contrat est donc un choc, pour des individus démunis. Ayant tout investi dans une relation, ils perdent des années de capital. Se voir trahis induit inévitablement un fort sentiment de désespoir. Les individus sont en général prêts à consentir à des efforts en échange d’un partenariat durable. Abandonner la maitrise de ses horaires, ou la part naturelle de ses bénéfices, tout en vivant avec des relations de travail imposées, est pénible, mais constitue un investissement acceptable s’il est réciproque. Malheureusement les bénéfices se calculent sur l’année fiscale, et le compteur est remis à zéro chaque premier janvier. Avec un préavis de licenciement d’un mois, salariés et employeurs ne jouent pas avec les mêmes règles. La solution est donc claire, si l’on veut apaiser les relations et fluidifier le marché du travail, libérons les employés.

L’ubérisation.

Les employeurs se sont longtemps présentés comme des pères de famille, prenant soin de leurs subordonnés, mais avec le temps ce modèle social s’est révélé être un fantasme. Aujourd’hui nous possédons une vision plus lucide de la réalité. Lorsqu’un employeur embauche un salarié, son but est égoïste. Il consistera simplement à mettre en place l’équipe la plus performante. La matrice salariale impose à ses agents de considérer ses partenaires comme des outils.  Ne nous étonnons pas de la médiocrité des relations qui en découlent. L’être humain est un animal communautaire, mais l’entreprise salariale, ne recrée pas une société humaine. Elle impose de louer une fonction corporelle ou intellectuelle à un prix plancher, pour une utilisation maximale. Aucune garantie d’emploi n’est donnée.  La durée du contrat sera conditionnée aux intérêts de l’employeur, sans aucune sécurité pour l’employé. Lorsque les rendements baissent ou la conjoncture économique change, plus rien ne garantit la pérennité du poste. Devoir subir un tel régime, génère inéluctablement un sentiment de trahison. Se voir imposer des relations inhumaines, pour se rendre compte que les efforts pour être agréable à l’employeur n’ont pas de durée dans le temps, est explosif.

La logique salariale.

Par une logique implacable, le marché du travail impose à l’employeur d’utiliser les individus au cout le plus bas, et de s’en débarrasser s’il augmente. Les lois économiques dans un contexte salarial réduisent les humains à leur fonction minimale. Ce principe biaisé impose de voir les individus, sous le seul angle de l’utilité immédiate. Dans de telles circonstances, l’expérience professionnelle acquise avec le temps devient un handicap. Par un effet pervers, tout ce qui fait grimper le cout horaire devient discriminatoire. Louer une fonction corporelle est intéressant pour l’employeur, si elle est pleinement fonctionnelle et économiquement attractive. Le salariat impose donc une stigmatisation de l’expérience. Par un mécanisme insensé plus vous prenez de l’expérience, plus votre salaire augmente, et moins vous devenez économiquement attractif. Il ne faut donc pas s’étonner que plus on avance en âge, et plus il est difficile de changer de travail.

La terreur.

Si employeur reçoit de l’état la possibilité d’employer il reçoit en même temps celle de licencier. Le patron a donc un pouvoir exorbitant, celui de terroriser ses employés. La peur qui règne n’est pas une vue de l’esprit, elle empoisonne littéralement les relations au sein de l’entreprise. Une telle situation fait alterner des relations de lutte pour conserver son travail, aux comportements de soumission envers les supérieurs, voire de cruauté envers les subalternes. Ces attitudes ne sont pas naturelles et n’apparaissent pas en période d’abondance. Elles sont le résultat d’une raréfaction artificiel de l’emploi. La civilisation industrielle ne devrait pas avoir cet effet, nous ne sommes pas dans une époque de stress alimentaire c’est même le contraire. Si ce n’est pas l’environnement qui génère la contrainte, c’est donc le mode de répartition salarial qui se trouve à l’origine du processus. La raréfaction de l’emploi est donc la cause de l’agressivité, générée par la concurrence entre les salariés. Il en va de même pour les relations au sein des hiérarchies. Toute personne exerçant dans une société où le travail est abondant n’a pas besoin d’avoir des comportements de soumission envers ses supérieurs. Les mêmes supérieurs seraient certainement plus attentifs au bien être de leurs subalternes de peur de les perdre.  Cette main d’œuvre captive fait hélas l’objet d’une certaine dureté de traitement. Le peu de considération des responsables envers les classes plus basses se répète tout au long de la chaine de commandement. Les dominants ne prenant pas de gants avec les dominés l’atmosphère devient rapidement irrespirables.

Un bizutage universel.

Ainsi chaque personne subit le poids de la hiérarchie et la transmet à son tour. La notion de bizutage si cher aux universités est la préfiguration de la vie en entreprise. C’est une représentation fidèle du monde dans lequel ils seront immergés. Malheur à qui ne s’y soumet pas, la violence se chargera de mettre chacun à sa place. Il ne peut plus y avoir de socialisation sans arrière-pensées, le rapport de force, tient alors lieu de vie sociale. Il est nécessaire d’avoir des égards envers le supérieur, car de lui dépend votre bienêtre. À l’inverse il n’est pas nécessaire de prendre des précautions envers le subalterne, ainsi vous répercutez en amplifiant les méthodes dont vous souffrez.

Un paternalisme pesant.

Lorsque vous payez un minimum pour un temps de travail maximum, et un droit de licencier arbitraire, le chômage est inévitable. La solution ne découle pas d’une législation sur les conditions de licenciement, mais sur l’abolition de l’asservissement salarial. Libérez les salariés ! Laissez les individus établir leurs prix, et il n’y aura plus besoin d’être perfusé, par l’allocation chômage entre deux travaux. Il en est de même pour toutes les prestations sociales. Si vous imposez des conditions d’attribution, tels l’âge ou le montant, il est naturel qu’elles suscitent des discussions. Le problème n’est pas leur opportunité. Il est simplement anormal pour l’état, d’imposer ses solutions de manière autoritaire. Chaque ajustement des prestations chômage, maladie ou retraite, en défaveur des cotisants produira des récriminations. Si vous laissez aux entrepreneurs la maitrise de leur budget assurance, ils ne pourront se plaindre de leur choix. Des cotisants responsabilisés réguleront d’eux-mêmes leurs dépenses en fonction de leur budget. Ils cesseront de demander à l’état de faire des miracles.

Ouvrez la cage.

L’asservissement salarial empêche toute augmentation du niveau de vie, et bloque les gains de productivité. Si vous ne libérez pas les salariés, ils ne pourront subvenir à leurs propres besoins, et resteront pauvres et assistés. Levez l’obligation des huit heures, et laissez-les s’enrichir par une juste péréquation du prix de vente, ils prendront en main leurs dépenses sociales, qui deviendront un secteur d’activité comme un autre. Les récriminations cesseront et il sera possible de faire baisser les couts par des gains de productivité souhaités et non plus imposés.  L’état génère sa propre opposition. En gérant le social de manière autoritaire il crée une contestation. Vouloir faire des économies suscite une lutte sans fin pour les acquis.

Le choix.

Le temps est venu de faire un choix. Si l’on conserve l’ancien modèle, il faudra accepter un niveau de chômage élevé et se contenter d’un progrès technique fortement ralenti. Si cette solution malheureuse venait à être privilégiée, il faudrait alléger les prestations sociales, pour favoriser le système patronal. On resterait coincé dans le système actuel, où toute augmentation des salaires induit une perte de compétitivité et une augmentation des prix. Le monde du travail continuerait à être un champ de bataille sociale.

-L’autre solution consisterait à introduire le biolibéralisme dans la société, ainsi en poursuivant les valeurs de liberté et de démocratie, nous aurons alors tous le même statut. Si l’on veut favoriser cette logique, cessons de produire des employés pour former des artisans libres. Laissez les employés devenir des partenaires égalitaires, ils auront la polyvalence attendue d’une telle fonction. À court terme changer de statut fera disparaitre le chômage et tous seront gagnants.

La guerre syndicale.

La guerre syndicale découle directement du pouvoir insensé qu’a l’employeur de licencier. Le syndicalisme nait inéluctablement de la pression sur l’emploi. Les individus ne sont pas faits pour être manipulés sans égard. Les employés s’opposent à leurs patrons par dégout de l’incertitude du lendemain et l’absence de pérennité du travail.

Conscient de ces problèmes, l’état a essayé de favoriser le contrepouvoir syndical. Ce faisant les employés dominés sont devenus dominants. Cherchant à se libérer par tous les moyens de ces contraintes, la mondialisation a été alors une opportunité pour les patrons. Obtenir la possibilité d’employer au cout le plus bas dans la plus totale flexibilité a été la concrétisation d’un phantasme. Libérés des contraintes d’un quelconque devoir envers leurs employés, les employeurs pouvant accéder à l’international ont vu se réaliser leurs rêves les plus fous. Dans cette guerre, les syndicats ont perdu toute crédibilité. Les représentants syndicaux sont les agneaux sacrificiels, d’une méthode difonctionnelle, leur mission relève du vœu pieu, et on les envoie au massacre.  

Tous patrons.

L’intérêt des employés ne coïncide pas avec ceux du patron pour une raison fort simple. L’employeur veut gagner vite de quoi prendre sa retraite, l’employé préfère modérer son effort, la retraite étant octroyé à un âge imposé. Les deux camps sont inconciliables, car leur logique de travail est contradictoire. Si vous voulez unifier les forces de production, il faut un régime unique.  Le salariat ne peut tenir ce rôle, la dictature du prolétariat l’a prouvé. Dans ces circonstances l’abolition des classes se fera par un régime entrepreneurial unique. Le biolibéralisme réunira le meilleur des deux systèmes. Nous conserverons l’efficacité et la rapidité de l’entrepreneuriat en lui adjoint les minimas sociaux indispensables à une vie digne.

Le salariat shunt le lien client producteur.

L’employeur dépossède le client du choix de son producteur. Réalisez-vous à quel point le principe salarial est contreproductif ? La logique salariale impose l’individu le plus rentable et le plus soumis à l’employeur. Ces critères n’ont aucune utilité pour le client. Le gain de productivité et la fidélité vont à l’employeur pas au client. Il en est de même pour le licenciement, le patron se débarrassera de ses employés, selon ses critères et non selon ceux du client. Ce faisant vous laissez le pouvoir absurde d’employer ou de licencier à un intermédiaire. Son intérêt diffère radicalement de celui de ses employés ou de ses clients. Il sous-payera l’employé et vendra cher au client.

En quoi est-ce qu’un jeune demandeur d’emploi devrait être privé de travail, au profit d’un pré retraité déjà formé et plus productif ? N’est-ce pas au client de choisir à qui il donne du travail ? s’il préfère le donner à un jeune inexpérimenté pour qu’il apprenne à travailler, doit-on le priver de la générosité de faire un choix social plutôt qu’économique ? Ce problème est la raison majeure du chômage des jeunes.

Nous sommes dans un système extraordinaire où l’on empêche les formateurs de former correctement, où on laisse les employeurs débaucher n’importe comment, et où l’on s’étonne du chômage. Le non-sens kafkaïen est poussé jusqu’à reprocher à ces personnes forcées de travailler le plus longtemps possible de couter trop cher une fois à la retraite. N’avez-vous pas assez de cette contrainte temporelle induisant l’arbitraire du choix de l’employeur ?

La déspécialisation.

Sortons du système salarial, nous faisant croire qu’il est plus intéressant de faire produire par les autres, que de produire par ses propres moyens. Faire produire par autrui n’est intéressant que si vous exploitez ceux qui produisent. Si vous faite produire à l’étranger, c’est parce que les producteurs y sont plus exploités, que sur le territoire national. Selon la même logique si vous faites produire par une entreprise, c’est parce que vous acceptez que soient exploités les travailleurs nationaux.  Nous pouvons produire sur des sites éloignés à cause de la faiblesse des prix du carburant. Tôt ou tard la rareté du pétrole nous imposera de produire à nouveau à proximité. L’énergie sera alors consacrée à produire et non à transporter.

Il peut paraitre insensé de prétendre renoncer à ce qui a fait la richesse de notre civilisation, mais produire pour soi est infiniment plus rentable que produire pour les autres. L’objet produit par un employeur ne présente que la qualité nécessaire à sa vente. Les gens auraient tout intérêt à relocaliser entre leurs mains, la fabrication des objets précieux ou complexes. La société de demain n’a plus vocation à produire avec une main d’œuvre bon marché. Nous sommes déjà submergés de ce genre de biens polluant et sans valeur produite par ce type de main d’oeuvre sous-payée. Notre vision est tellement orientée que nous calculons notre richesse au travers du PIB. Or ce n’est pas ce que nous échangeons qui fait notre richesse, mais ce que nous possédons. Une attitude normale nous inciterait à remplacer ce calcul par un état hypothécaire, récapitulant les possessions mobilières et immobilières de chaque individu. Nous aurions alors un véritable état des richesses et du bienêtre de la population.

Nous devons changer notre vision des choses, et cesser de considérer notre capacité à produire comme une fin en soi, car elle ne sert que les employeurs. Nous devons remettre au centre de nos préoccupations la qualité de ce que nous produisons, plus que tout le reste. Le meilleur exemple que je puisse donner a trait à l’alimentation.

Prenons l’exemple de la bière. Nous avons atteint la production de masse, il y a plusieurs décennies. Nous avons opté il y a quelques années pour des productions régionales au gout plus typiques.  Nous nous dirigeons maintenant vers des productions de proximités, avec des cuvées de saison. Il est fort probable que demain les brasseries seront communautaires, et que la seule chose achetée à l’extérieur sera une recette, un savoir-faire. Ainsi des unités de production locales, produiront chaque jour des micros cuvés, à partir de recettes en provenance de toute la planète.   Dans ces conditions il n’est plus besoins de faire venir sa nourriture ses matériaux de construction, ses meubles, ses ustensiles de cuisine, ses vêtements, sa musique, ses véhicules, son électronique, de très loin, ou de l’étranger. Tout sera produit à proximité, selon les méthodes les plus appréciées, ou répondant à des normes internationales. Seules les productions demandant de très gros investissements, et de très grosses unités pour être rentables auront encore la contrainte d’une centralisation. Les matières premières arriveront dans les centres urbains, où elles seront façonnées ou préparées, pour être consommées sur place. Nous n’avons que faire de la richesse qui pourrait découler d’une production centralisée faite pour profiter aux employeurs. De telles méthodes ne contribuent en rien à la richesse des employés, qui consiste simplement à fabriquer le meilleur produit, avec le temps de travail le plus court possible.

La nourriture n’aura plus vocation à être distribuée industriellement, car nous possédons de tout en abondance. L’effort portera sur la qualité du produit. Nous nous dirigeons vers une société de production locale, où la plus-value découlera directement des innovations, et non de son adaptation au processus industriel ou de son prix.

Le système social.

La force d’un pays dépend de la richesse de ses individus, l’état a donc choisi de fournir un service social, afin d’augmenter la richesse de tous. Voulant le rendre au meilleur cout l’état a décidé d’assurer lui-même ce secteur. De ce fait la sécu est publique, l’état n’ayant pas voulu en faire un moyen d’enrichissement patronal. Il n’a pas vu l’intérêt de faire vivre un intermédiaire. Comme Il se trouve que nous sommes confrontés à un chômage structurel, l’état s’est donc aussi servi du secteur social pour soutenir l’emploi.

L’état est lui-même un intermédiaire.

L’état a pris sous son girond les activités de la santé, du chômage et de la vieillesse, pour éviter aux usagers la rigueur d’une gestion privée. Ainsi au nom du social, l’état est générateur d’une grande injustice. Des millions de personnes font partie d’un secteur ne payant ni charges sociales ni impôts société. Soyons objectif le service public n’a jamais été plus efficace que le privé. Nous ne sommes ni mieux couverts, ni mieux remboursés, ni mieux gérés. Le secteur privé peut payer charges sociales et impôts sur les bénéfices parce qu’il est tout simplement plus productif. Rendons-nous à l’évidence, c’est à cause d’une situation de monopole que le social ne peut assumer ses redevances.  Ainsi nous pouvons affirmer que nous avons la possibilité de faire d’un secteur chroniquement déficitaire, une branche aussi rentable que le reste du tissu économique, sans pour cela y perdre quoi que ce soit, en service.

Soyons honnêtes, rien ne justifie la société de classes dans laquelle nous vivons. Il est totalement injuste d’avoir d’un côté des employeurs, et de l’autre des employés alors que tous pourraient avoir le même statut, et vivre sur un pied d’égalité. Il en est de même pour l’état et ses fonctionnaires, dont le statut légèrement plus avantageux, vient s’inscrire sur l’échelle des salaires, entre les professions libérales et les employés du privé. Encore une fois rien ne justifie ces différences, un statut unique mettrait tout le monde sur un pied d’égalité.

Le salarié du public et celui du privé sont soumis à la même contrainte horaire.  Bien souvent payé à des salaires très proches du minimum, tous se sentent pauvres. En libérant les employés publics comme privés, on leur permet d’accéder aux crédits leur permettant de s’équiper. Artisan de leur réussite ils augmenteront leur productivité et pourront payer charge et impôts. Les emplois administratifs du public comme du privé, étant appelés à disparaitre, pourront être accueillis par les trois grands secteurs actuellement en déficit de main d’œuvre que sont l’enseignement, la santé et l’armée. Nous avons actuellement au chômage des gens payés à ne rien faire et d’une totale inutilité pour la société.

L’informatique est appelée à court terme à provoquer de profond bouleversement, il est urgent de mettre en place des solutions de reclassement, si l’on ne veut pas se retrouver avec une explosion des chiffres du chômage. Les tâches administratives sont appelées à disparaitre, la gestion des retraites, de l’emploi ou de la santé, devrait être effectuée par les acteurs eux-mêmes.

Désétatiser le social.

L’état sécuritaire est plein de bonne intention, mais utilise de mauvais moyens. Après vous avoir taxé et imposé pour payer le chômage la retraite et la maladie, il vous impose de passer entre les mains d’une administration, pour vous les restituer selon un principe salarial long et couteux. Il est temps de normaliser la situation, libéré de la contrainte stupide de produire selon les conditions d’un supérieur, nous nous retrouverons sans horaire ni lieu de travail imposé. Entre artisans responsables de leurs charges, nous sortirons d’une logique à deux secteurs. Les salariés du privé et du public doivent se libérer de leurs employeurs, ainsi tous égaux nous pourront reprendre le contrôle de nos dépenses sociales et entamer des gains de productivité. La société civile pourra alors déterminer ce qui est juste de donner aux nécessiteux, aux indigents, et à tous ceux que la nature rend incapables de travailler.

Nous pouvons nous féliciter de l’expérience des assurance chômage, maladie, et vieillesse réalisée par l’état. Nous savons aujourd’hui qu’il est possible de nous assurer contre les principales vicissitudes de la vie. Il est temps d’en faire un secteur de l’économie comme les autres. Libéré de la tutelle des employeurs, salarié du public comme du privé, pourront profiter des bienfaits d’un secteur social, affranchi de la tutelle de l’état.

La gestion du social.

Une fois le problème du reclassement des employés surnuméraires assuré, les gains de productivité pourront être réalisés par les ex-employés eux-mêmes. Il est fort probable que la société se dirigera vers un système social géré, avec une main d’œuvre extrêmement réduite. En instaurant un système de prélèvement automatique sur chaque transaction, on s’autorise un mode de prélèvement et de distribution extrêmement bon marché, ne nécessitant pas l’entretien d’une administration. De cette manière nous remettons entre les mains de la société civile une activité qui pourra enfin payer impôts société et charges sociales.

Le déclenchement des prestations santé ou retraite doit se faire en fonction de circonstances précises. Il est inutile d’avoir des fonctionnaires pour contrôler la bonne marche du système, les professionnels de la santé tels les médecins sont parfaitement qualifiés à prescrire des arrêts maladie. Les bourses du travail seront quant à elle, parfaitement aptes déclencher le versement d’un revenu collectif.

On ne peut éviter de se poser la question des abus qu’un système sans contrôleur pourrait engendrer comme dérives. Il existe des solutions pour pallier ce genre de problèmes. Dans un système non salarial, le chômage n’existe pas puisqu’il n’y a pas d’employeur. Chaque personne doit provisionner ses périodes de non-travail, comme c’est actuellement le cas pour les travailleurs libéraux. Toutefois si certains venaient à se retrouver sans emploi, sans être malade ou retraité, il pourrait bénéficier d’un système de sécurité collectif, garantissant que personne ne puisse se retrouver sans revenus.

Le revenu collectif.

Nous avons mis dans notre système de sécurité sociale le droit au soin, qui en fait un fleuron de l’humanisme. Malheureusement la nourriture, le logement, l’eau ou l’énergie, font encore partie du revenu individuel. Il en découle donc qu’une partie de la population peut se retrouver à manquer de ces ressources essentielles. Il est possible de se retrouver sans appartement, sans eau ou sans électricité ou avec une mauvaise alimentation. Le principe du revenu collectif consisterait donc à garantir à tous l’accès à ces prestations minimums, en échange d’un travail d’intérêt collectif. Ce genre de prestation n’est pas bien vu par la population, qui y voit un moyen d’abuser de la générosité publique.  Distribuer un tel revenu sans contrepartie serait abusif. C’est pourquoi ce type de salaire doit être assorti d’un travail d’intérêt général. Toute personne sans travail, dois pouvoir bénéficier de la prestation si elle s’acquitte de tâches en lien avec la défense nationale, la santé publique, ou l’enseignement. Ceux qui s’inquiètent d’un afflux massif de personnel vers ces activités peuvent se rassurer. La nature humaine est ainsi faite qu’un ventre plein et un gite ne sont pas suffisants à assurer la satisfaction de notre espèce. Nos désirs sont insatiables et notre volonté de jouir et de paraitre est bien plus puissante que l’oisiveté, surtout si elle rime avec ennuis. Le revenu collectif ne donnera droit à aucune prestation ludique, pour bénéficier des dernières innovations technologiques, il faudra avoir un travail, et payer impôts et charges sociales.

Désétatiser le municipal.

Il n’est pas possible d’aborder la désétatisation du social, sans parler de la ville. De la même manière que le syndic de propriété gère l’entretien de l’immeuble, les trottoirs, les routes et tous les aménagements de circulation, les eaux usées, le transport de l’eau et de l’énergie, doivent être gérés par un syndic dessalarié, dont le pouvoir découle des habitations qui les jouxtent. Donner le pouvoir à des élus revient à confier la gestion d’un bien, à quelqu’un vous faisant la promesse de gérer mieux que vous. Si vous souhaitez qu’ils exercent leurs compétences en fonction de véritables qualités, et non sur un discours électoral, il serait nécessaire d’envisager une formule qui se rapproche de celle d’un syndic de propriété, rendant des comptes pour chaque travail effectué. L’état monopolise les secteurs les plus indispensables de la société, parce qu’il n’existe pas d’autre moyen dans un système salarial d’offrir un service à un cout plus bas. Malheureusement le salariat d’état exploite le salariat du privé, comme le ferait n’importe quel employeur, mais en pire, car il jouit d’un monopole de secteur en plus du monopole salarial. Des pans entiers de l’économie sont des déserts stériles et un poids mort pour les administrés. Ont appauvri la population sous prétexte de faire du social alors qu’il suffit de dessalarier, pour enrichir les acteurs et rentabiliser un secteur. L’état croit bien faire, mais il nuit gravement au tissu social, il faut le revitaliser en le libérant.

Le vote des villages

Nous avons entamé un processus de décentralisation, devant en toute logique, remettre in fine entre les mains du public, la décision sur les investissements de la ville. Rendons aux individus le pouvoir qui leur revient, que ce soit celui de choisir la couleur des parterres fleuris, la délimitation des zones constructibles, ou le style architectural de nos cités. S’il est un lieu où doit s’exprimer la démocratie, c’est bien la ville. Disons-le ! la démocratie ultime est la démocratie participative. Si nous ne prenons pas les devants pour la demander, jamais elle ne sera proposée par nos employeurs politiques, qui y verraient une diminution de leur prestige. On ne cesse de nous répéter que la démocratie athénienne, n’était possible que parce qu’il s’agissait de petites villes. À quoi cela sert-il d’avoir développé des outils technologiques, permettant à chacun d’être informé comme s’il était assis au conseil municipal, si l’on ne l’utilise pas ? La démocratie est a porté de main il ne reste qu’à la tendre pour s’en saisir.

La démocratie universelle.

Il est normal qu’une administration constituée en monopole coute cher par sa lenteur et son inefficacité. Libérez les techniciens du public qu’ils puissent augmenter leur salaire, et réduire leurs couts par la mécanisation. Laissez aux administratif le temps d’être formé à produire et nous aurons une véritable démocratie. Nous avons vécu durant des millénaires avec l’obligation d’avoir les représentants qui agissent en lieu et place des véritables propriétaires, ceux-ci ne pouvant se trouver partout à la fois.

De la même manière que les préfets sont les représentants de l’état au sein du département, le maire est le représentant des citoyens. Les élus sont là pour réduire le nombre des interlocuteurs, face aux professionnels chargés d’effectuer les travaux nécessaires au bon fonctionnement de la ville. Or personne ne semble se rendre compte que depuis l’avènement d’internet, et plus particulièrement des smart phones, la fonction de maire doit être revisitée.

Il est parfaitement possible de décider des travaux, de lancer des appels d’offres et de choisir les entreprises, en faisant participer l’ensemble de la population par le biais de simples téléphones portables. Nous ne cessons d’entendre que l’état souhaite associer les citoyens à la marche des affaires publiques. L’état dans sa grande sagesse a mis en place une démocratie participative dans certains secteurs, tels l’aménagement du territoire, l’urbanisme, voire l’environnement. Il est temps de lui donner une dimension universelle. Dès lors qu’il est possible d’interroger instantanément la population avec un simple SMS, et que cette dernière peut répondre tout aussi rapidement, plus rien n’interdit l’entrée dans un âge de démocratie directe universelle.

Le cycle travail repos

Nous vivons dans un système ou celui qui ne travaille pas, encoure de fortes pénalités. Il peut être contraint d’abandonner son logement, son véhicule, voir rencontrer des difficultés à s’habiller ou à s’alimenter. Si nous voulons une société plus humaine, c’est-à-dire une organisation ou les sanctions seraient moins pesante, il suffit de les symboliser.

Si vous regardez des individus jouer, vous vous rendrez compte qu’une peur virtuelle instaure une très grande ardeur pour la victoire. Il n’est pas nécessaire de priver les joueurs de nourriture ou d’abri, pour voir se manifester l’esprit de compétition. Il en est de même pour notre société. Quoi que nous fassions, il n’est pas nécessaire de se voir privé de l’essentiel, lorsque l’on ne peut travailler. Si l’on veut instaurer une saine émulation, il suffit de conditionner la récompense à des saveurs, à des coupes de vêtements, aux colories de revêtements des habitations. Ainsi les individus auront toujours de quoi vivre décemment. De cette manière, vivre pauvrement ne signifiera pas vivre mal, la nourriture sera aussi saine que celle de couches plus aisées, elle aura seulement moins d’arômes. Les vêtements ne seront pas de moins bonne qualité ils seront simplement moins colorés. Les appartements ne seront pas moins grands ils seront simplement moins décorés, les véhicules ne seront pas moins surs, ils seront simplement moins beaux. Ainsi la différence de richesse, ne sera pas une différence de qualité ou de sécurité, mais de beauté.

Instaurer une concurrence entre les producteurs est une chose néfaste, s’il n’est pas établi des minimas sociaux permettant un niveau de vie décent. L’aiguillon de la faim rend fou, il est inutile d’instaurer des sanctions sévères, et de dramatiser le secteur du travail par des contraintes négatives, les motivations positives sont bien plus efficaces. Il n’est pas nécessaire de mettre en place un système répressif pour délivrer les aides aux revenus, c’est le médecin qui déterminera qui est réellement malade ou ne l’est pas. La probité des médecins peut être acquise, si on les rend collectivement responsables de leurs diagnostics, et qu’on les laisse établir les normes dans lesquelles ils exerceront.

La fin de l’anonymat financier.

Nous vivons dans un monde ou celui qui possède est suspect, parce que les moyens de gagner de l’argent sont injustes. Il est normal que le riche se cache du pauvre, car nous vivons dans un système où la richesse elle-même est une injustice. Dans une société biolibérale où la facture finale d’un produit comporte les gains de chaque intervenant, le secret n’a plus aucun sens. Si les moyens par lesquels vous gagnez votre argent sont justes, être riche n’est plus une honte, c’est au contraire une fierté. C’est pourquoi les comptes personnels doivent être accessibles à tous. Ils doivent être suffisamment explicites pour savoir d’où vient le crédit et comment il a été obtenu. Si vous ne voulez plus payer, une administration qui contrôle votre probité, le meilleur moyen de sécuriser les transactions, est de les rendre totalement transparentes. Dans un vieux pays comme la France où la coutume ne va pas dans ce sens, il faudra certainement du temps pour habituer à de telles mesures si elles sont acceptées. Mais si vous voulez vous libérer de la surveillance de l’état, c’est l’unique moyen. Prouver sa bonne fois par la transparence évite de payer un agent pour vous contrôler.

La surveillance des minimas sociaux.

Les services sociaux doivent être financés par des taux, ponctionnés directement sur les revenus des actifs, pour l’éducation, la santé, la maternité, ou la retraite. Le secteur social n’a pas besoin d’employeur pour fonctionner.  Il n’est pas besoin de mettre un comptable et un contrôleur derrière chaque personne, alors qu’un taux de prélèvement se gère tout seul.  Les charges sociales doivent être prélevées automatiquement sur les revenus vers un compte d’attente, puis reversées aux individus selon des critères fixes.

Par principe les chômeurs devraient disparaitre rapidement, le chômage étant inconnu chez les artisans, et les départs en retraite devraient donner du travail à tous les actifs.  Les secteurs de l’armée, de la santé, et de l’éducation, devraient à eux seuls absorber tous les individus sans emplois. Les mesures de contrôle n’existent dans notre société que parce que l’on a conditionné du berceau à la tombe, des générations d’individus, à aimer ne rien faire.  Il est évident qu’une société où tout sera fait pour donner du plaisir à travailler aura vraiment très peu de chance de produire des oisifs.

Mais pour plus de précautions si nous devions nous départir de nos contrôleurs salariaux, il semble naturel que d’autres assurent la fonction de surveillance. Un mode de répartition qui s’affranchit des horaires imposés devient un travail volontaire, ceux qui ne voudront s’y astreindre, se trouverons simplement affectés à des tâches imposées.

La pire des sanctions sera de se voir obligé de faire un travail non choisi, sous les ordres d’un formateur. Cela semble peut-être manquer de sérieux dans un monde où chacun vit sous la rigueur salariale, avec une énorme sanction en cas de chômage. Dans un monde où le travail n’est pas imposé, mais offert comme un moyen d’épanouissement, les techniques salariales seront une vraie humiliation, et le contrôle de proximité une vraie sécurité.

La bourse du travail.

Si le travail ne résulte plus d’une exploitation, il n’est plus nécessaire de se faire connaitre par le biais de la publicité. Toute personne désirant réaliser des travaux devra se manifester. Ainsi les demandes d’emploi ne résulteront plus des employeurs, mais des clients eux-mêmes, ils se feront connaitre au travers d’une bourse du travail établie à l’échelon national. Il ne sera plus nécessaire de faire de la publicité pour vendre un produit frelaté, résultant d’une exploitation acharnée. Nous sommes à l’ère de la connectivité et des réseaux sociaux, quiconque sera à la cherche d’un travail pourra consulter le site présentant les demandes de devis.

Tout client inexpérimenté pourra demander l’aide d’un professionnel. La demande de réalisation de travaux ou de services sera accompagnée d’un descriptif détaillé. Tout professionnel intéressé par le travail chiffrera les travaux, et les devis seront donc en concurrence. À tarif égal, le souscripteur le plus jeune sera sélectionné. Les producteurs les plus âgés ne trouvant pas de travail seront affectés à la formation ou toucheront l’indemnité retraite. Quel que soit le travail effectué, le temps de déplacement et les couts de déplacement devront faire l’objet d’une rémunération. Si le manque de main d’œuvre se fait sentir, ce seront les secteurs de l’armée, de la santé ou de l’éducation, qui fourniront le personnel nécessaire possédant une formation.

La société gère l’emploi.

Pour comprendre le fonctionnement d’une société biolibéral, il est surtout nécessaire de comprendre le cycle de la société elle-même. La jeunesse est l’époque de l’apprentissage des bases de la société, et permet d’acquérir les fondamentaux des lettres et des chiffres. Les parents sont donc les clients et toute personne qui répond à leur demande, se trouvent naturellement être leurs employés. La formation scolaire doit s’accompagner d’une formation militaire, pour développer le corps autant que l’esprit. Parvenu au stade de jeune adulte, on répond aux demandes de travail en fournissant des devis chiffrés, sous la supervision des jeunes retraités. L’enseignement reste accessible et gratuit, quel que soit votre âge, afin de permettre une formation continue.

Une fois que les différentes compétences professionnelles souhaitées auront été acquises, on pourra entamer une carrière professionnelle, qui alternera selon les capacités de chacun, avec la possibilité de développer de nouveaux produits ou techniques. La rareté du travail choisit, permettra si la concurrence ne s’exerce pas, de majorer le prix des services. Ce ne sont plus les entreprises qui sont mises en concurrence, mais les qualités qui sont plus ou moins rémunérées, sans jamais descendre en dessous du minima social le plus confortable possible pour tous. L’âge de la pleine production se poursuit jusqu’à extinction des tâches productives, au-delà les individus deviennent des formateurs, faisant ainsi profiter de leur expérience des apprentis. L’âge de la retraite n’est pas un âge fixe, mais fonction des offres de travail. Toute personne âgée aura des journées de retraites si tout le travail offert est satisfait par des individus plus jeunes.

Ne pensez-vous pas qu’il vaut mieux que les jeunes chômeurs travaillent en lieu et place des personnes âgées ? N’est-il pas plus naturel que ce soient des personnes expérimentées, qui s’occupent de la formation, et non de jeunes ne connaissant rien au monde du travail ? Pourquoi le jeune retraité devrait-il aller au rebut ? Je n’ai que trop vu de personnes âgées gisantes derrière les barrières de la retraite, à qui il est interdit de transmettre un savoir, s’enfoncer tristement vers les ombres de la mort, seules et délaissées malgré la richesse qu’ils représentaient. Au-delà de l’utilité et de l’efficacité, ce sont les lauriers que vous retirez à ceux ayant produit avec compétence toute leur vie.

Selon la même logique, les retraités non utilisés pour la formation deviendront des organisateurs des tâches ludiques. Dans une civilisation où le travail n’est plus une torture, la retraite n’est pas l’absence d’activité, mais un travail destiné aux choses plaisantes de la vie. C’est à ce moment, que l’on peut se consacrer entièrement aux activités créatrices et artistiques, tels les arts graphiques, la danse, le chant, la musique, la sculpture, la mode, les arts culinaires, que ce soient pour les promouvoir, les enseigner, les organiser, les encadrer, ou simplement les exercer.

Puis arrivera le moment où vos facultés physiques et intellectuelles déclineront, et vous redeviendrez alors dépendant. Votre place sera alors dans des établissements contigus aux crèches, maternelles, et aux écoles primaires. Lorsque l’heure viendra, vous pourrez alors partir en ayant sous les yeux ceux qui sont appelés à vous remplacer, vous réjouissant de leur bonheur, soigné par ce que vous aimez, et accompagné dans votre dernière demeure, par ceux qui auront été votre raison de vivre. Il est à espérer qu’à ce moment, il soit proposé, à tous ceux souhaitant ne pas connaitre la déchéance de leur corps, une solution pour partir dans la dignité.

La jouissance de la retraite.

Passé un certain âge, les plaisirs de la vie deviennent difficiles à apprécier, on ne peut plus manger ce que l’on souhaiterait de peur de perdre la santé, l’exercice physique devient bien souvent pénible, et la libido est bien souvent en berne. Il serait alors envisageable à ces âges avancés et pour ceux qui le souhaitent, de pouvoir gouter aux paradis artificiels. La fin de vie devrait être autre chose qu’une longue déchéance physique dans l’attente de la mort. L’interdiction des drogues est certainement une bonne chose pour la jeunesse, mais à quoi pourrait-elle servir en fin de vie ? on comprendra aisément que disposant d’un corps sain et vigoureux on ne doive pas détourner les jeunes de leurs activités. Il est parfaitement compréhensible d’écarter toutes substances pouvant obscurcir l’esprit durant les jeunes années.

Pourtant, la mort approchant, toutes ces précautions semblent futiles. Pourquoi priver de vieux corps d’ultimes plaisirs ? quelle vertu y a-t-il à franchir les derniers pas, accompagné de la douleur d’un corps agonisant ? n’est-il pas plus désirable d’embrasser la mort, bercée par les joies des plantes psychoactives ? nous sommes tous appelés à disparaitre et il me semble plus humain de le faire dans le bonheur, fût-il artificiel. Passé un certain âge le corps tend naturellement à se dégrader et seule la morale contraint de durer dans de telles conditions. Si le corps décline, il n’est pas nécessaire de perpétuer une hygiène de vie spartiate. Une approche plus hédoniste de la vie pourrait redonner un intérêt, à vivre nos dernières années.

Une note d’espoir.

Les promesses du système biolibéral ouvrent des perspectives inégalées. Nous sommes à un tournant majeur de notre histoire. La technique met à la portée de l’humanité, la possibilité de réaliser ses rêves de démocratie et de richesse. Il est certes périlleux de se lancer vers un avenir inconnu, et toute nouvelle technique comporte des risques. Nous sommes pourtant à l’orée d’un changement inéluctable, qui s’effectuera tôt ou tard.

De telles perspectives ont tout pour enchanter le lecteur si l’ensemble de ces promesses ne se heurtaient à un problème majeur. Rendons-nous à l’évidence, aucune des avancées ne peut fonctionner sans un programme informatique actuellement inexistant gérant le travail et ses charges sociales. 

Il n’y a cependant pas de quoi s’émouvoir. De telles avancées dans le monde numérique sont parfaitement envisageables et les infrastructures pourraient être facilement mises en place par le politique. De lui dépend la possibilité de réforme des institutions bancaires et économiques débouchant sur un monde nouveau. Nous vivons à une époque merveilleuse ou par le pouvoir des urnes l’état et la nation ne font qu’un. Il n’est pas possible de rentrer dans l’ère numérique et de conserver des méthodes de fonctionnement datant de la Révolution française voir du néolithique. Nous sommes appelés non à faire une nouvelle révolution, mais plutôt une évolution de la société vers toujours plus de rapidité et d’efficacité.

De la même manière que nous avons construit nos routes, nos ponts, nos lignes de chemin de fer, nos avions, et nos centrales nucléaires, nous devons maintenant entamer des chantiers numériques permettant de réformer la société en fonction de ses nouvelles possibilités.   Investissons en recherche et développement pour améliorer nos smartphones afin de mettre en place des portails démocratiques. Installons le haut débit dans tous les foyers afin de créer les médiats démocratiques de demain.

                                               CHAPITRE 6

L’occultation mortelle.                   

Lorsque l’employeur s’impose, entre le producteur et le consommateur, il ne s’interpose pas entre deux personnes, mais entre deux fonctions de la même personne. Cela revient à déléguer à autrui, les relations que vous avez, entre vous et vous. Je ne m’étendrai pas sur le fait qu’il n’est pas judicieux de posséder un intermédiaire, pour décider en votre lieu et place, de savoir si votre production est bonne à consommer. La raison en est simple, il n’est pas dans la nature humaine, de dissocier, un pouvoir de décision et son intérêt direct. Nous ne sommes pas conçus pour déléguer notre jugement de valeur. Celui qui possède le pouvoir de décider en notre lieu et place en abuse, pour la simple raison, qu’il fera ce qui est dans son intérêt et non dans le nôtre.  Lorsqu’un individu fabrique une chose dans le but déclaré d’en retirer un profit, il ne faut pas s’attendre à ce que cet objet vous satisfasse de façon pleine et entière. Il le concevra de manière la moins couteuse, quitte à lui faire perdre certaines de ses qualités. Il n’y a aucune volonté de nuire, seulement la logique du profit ne sera jamais celle de l’échange équitable, ou le travail de l’un vaut celui de l’autre.

La vente forcée ou la surabondance.

Si vous laissez à un individu le pouvoir de décider le prix auquel il vous emploie, il est normal qu’il le fasse au prix le plus bas possible. Inversement si vous le laissez fixer arbitrairement le prix d’un objet, il est naturel qu’il vous le vende le plus cher possible.  La logique va même plus loin, un objet est intéressant, pour celui qui gagne sa vie par l’exploitation, seulement s’il est conçu et fabriqué pour enrichir, et présente uniquement les qualités nécessaires à la vente. Si une personne économise sur les composants il ne faut pas s’attende à le voir utiliser des techniques honnêtes pour vous le faire acheter. Il serait normal de le voir mette toutes ses compétences à vous exposer le besoin que vous en avez, de quelle manière il correspond exactement à ce que vous pouvez en attendre, et argumenter pour démontrer que son prix est on ne peut plus adapté à ses qualités. Le point fort du salariat réside dans la capacité de persuasion, car il est plus simple et moins couteux de persuader qu’un objet est bon, que d’en faire un qui est réellement bon.

Nous entrons alors dans le domaine de la manipulation mentale, dans laquelle notre société a décidé de ne se donner aucune limite. Chaque produit fabriqué dans le but de s’enrichir aura pour vertu d’appauvrir l’acheteur, ne satisfaisant jamais vraiment la fonction qu’ils sont censés remplir. On ne vous vend pas de la nourriture, des vêtements ou un moyen de déplacement, mais un concept. Chaque produit présenté a une histoire pour vous convaincre de son adaptation à votre recherche, et comme vous êtes des êtres exceptionnels, ce produit est exceptionnel.  Si l’on écoute les publicités, on vous vend une marchandise tellement parfaite, que le simple fait de la posséder serait générateur de bonheur.

Le tissu économique est appauvri par la fabrication d’objet bas de gamme. Si vous voulez faire fonctionner une économie basée sur de bas revenus, il faut produire les objets le moins cher possible, par la faiblesse de leurs composants. Ainsi plafonner les rémunérations, revient à mettre la puissance de la mécanisation, à produire des objets déficients. Le but du salariat n’est pas de satisfaire un besoin, en proposant un objet. Il est de faire fonctionner un système, favorisant arbitrairement les employeurs. Pour ce faire, il faut fabriquer des objets, à durée de vie limitée, convenant à des consommateurs pauvres. Ces derniers seront sans cesse dans la nécessité d’en racheter, aux vus de la mauvaise qualité de leurs composants.  Dans cette logique toute réparation est inutile, ce qui ne coute rien à produire, n’a pas été fait pour être réparé. On a oublié que le but de la production de masse, est d’obtenir ce dont on a besoin, pas de devenir dépendant d’objets qu’il faut sans cesse racheter. La meilleure manière, d’enrichir la population, consiste donc à payer une fois les produits qu’elle achète, à avoir des pièces détachées à un cout inférieur au produit fini, et à pouvoir réparer soi-même. C’est précisément ce que le salariat ne fait pas.

L’occultation des employeurs atteint un summum en la matière, en proposant des produits à option, qui ne présentent les garanties de sécurité que par un surcout, alors qu’il devrait être intrinsèquement sur, c’est-à-dire posséder les mécanismes de sécurité qu’il est naturellement possible de leur donner. Il est incroyable qu’il faille payer plus, pour l’utilisation d’un produit ne vous mettant pas en danger, puisque l’on cherchera à vous vendre moyennant une augmentation substantielle, les options qui le complètent.

Le mesmérisme publicitaire.

Si vous laissez à un individu la faculté de créer, de promouvoir et de fixer un prix, vous lui donnez la possibilité de vous influencer, sur le besoin que vous avez de cet objet, sur ses qualités, et sur son prix. Votre perception de la réalité sera affectée par celui même à qui vous donnez le moyen de la décrire, et de vous obliger à l’entendre. Pour être clair, celui qui a la capacité de faire la promotion d’un produit a la possibilité d’en taire les défauts et de tenter de vous convaincre en ignorance de cause.  Il a le droit de décider à votre place, si une chose est bonne ou mauvaise, de vous faire l’article sur la manière dont elle vous est nécessaire, et en faire ressortir les propriétés qui l’intéressent. La publicité créatrice d’un faux besoin oblitère les conséquences. Le vendeur a le droit de vous conditionner, par des messages incessants, jusqu’à vous faire perdre votre objectivité, et de vous inciter à choisir sur des bases irrationnelles.  Historiquement, la seule structure à avoir déterminé ce qui est bon collectivement, est la religion, et nous avons donné ce pouvoir à l’entreprise dans un but d’exploitation. Nous faisons de la publicité l’organe de propagande des intermédiaires, dans un objectif d’enrichissement. C’est pour cette raison que vous êtes bombardés de messages vous poussant à consommer, et que vous perdrez toute mesure au moment d’acquérir vos produits.

La manipulation mentale.

Lorsque la matrice salariale impose à ses agents employeurs de s’interposer entre le vous producteur, et le vous acheteur, il y a un problème structurel majeur, vous renoncez à défendre votre intérêt de consommateur. Par l’ascendant de l’employeur, vous êtes conditionné à adopter son point de vue. Il vous incite fortement, à ne pas vous occuper de ce que vous produisez, car « vous devez être heureux d’avoir un travail ». Il vous est implicitement demandé de ne pas agir comme un consommateur, ou de défendre leur intérêt ou leur point de vue, comme si vous n’en étiez pas un. Il vous lie moralement à lui et à son activité. Vous lui êtes redevable de votre travail, et tout est fait pour que vous ressentiez l’intérêt que vous avez à adopter son point de vue. Les employés deviennent indifférents aux aspirations des consommateurs, pensant que leur intérêt est en jeu. Ils agissent comme s’ils étaient deux personnages différents. Devenu sourd aux dégâts causés par ce que vous produisez, vous imaginez ne jamais en être victime. Vous ne voyez pas la responsabilité de l’intermédiaire, parce qu’il est couvert par la société tout entière.Personne ne peut nier l’effet schizophrénique d’une logique consistant à ignorer les conséquences funestes découlant de mon activité, sous prétexte que mon intérêt de producteur entre en conflit avec ma fonction de consommateur. On peut donc considérer que cette dissociation entre producteurs et consommateurs est tout simplement un agent pathogène.

La sécurité en option payante.

Ainsi l’employeur, situé stratégiquement entre le producteur et le consommateur, dégage clairement toutes responsabilités d’utilisation du produit. Il vous est implicitement demandé de faire de même. Or il se trouve que l’usage des produits de notre société dit technologique est intrinsèquement mortifère. Il est difficile d’utiliser un produit sans courir un risque, et je ne parle pas de défaut de fabrication, mais de défauts de conception rendant le produit dangereux, lorsqu’ils sont simplement utilisés dans leur usage courant. Je parle d’objets causant la mort, la maladie ou les mutilations de leurs utilisateurs, par ce que nous appelons les accidents de la vie. Nous les nommons les maladies cardiovasculaires ou le diabète pour les accidents généré par le complexe agroalimentaire. Ce sont les morts de l’alcool et du tabac découlant de l’industrie des drogues. Ce sont les accidents domestiques imputables à l’industrie chimique ou au bâtiment. C’est aussi les maladies nosocomiales liées à l’industrie de la santé, ou les accidents de la route liés aux industries de véhicule de transport. Tous sont la conséquence de l’utilisation naturelle de produits en vente libre.  Nous sommes activement conditionnés à ignorer les ravages qu’ils causent.

On casse le thermomètre.

La société a choisi de résoudre les problèmes en refusant de les voir. Lorsqu’il y a un mort, les services de police enquêtent et classent naturellement le dossier sous la rubrique des accidents, ou des maladies, et il n’y a pas de remontée de l’information vers le public ou les entreprises. N’y a-t-il pas meilleur moyen de résoudre un problème, que de dire qu’il n’y en a pas. En supprimant toute culpabilité ou responsabilité, on détourne l’attention de la cause naturelle. Ne serait-il pas normal qu’une enquête soit ouverte, afin de déterminer la raison exacte de ce type de décès ? Ne trouveriez-vous pas judicieux, afin d’éviter de nouveaux morts, de rechercher dans l’environnement de la victime, non seulement le moyen par lequel on meurt, mais les raisons qui poussent à utiliser les objets qui font mourir, et les circonstances qui font que l’on en meurt. Ne serait-il pas tout aussi normal de faire parvenir l’information à ceux qui les fabriquent, ou à ceux qui légifèrent sur leur utilisation, afin que soient envisagées les solutions techniques ou légales, permettant que cela ne se reproduise plus. Il y a bien quelques tentatives qui sont faites dans le domaine des normes, mais à quoi cela sert-il de les améliorer, s’il n’y a aucune corrélation entre les modifications, et une quelconque baisse de la mortalité.

 Créer les malades avant de les soigner.

Les faits ont du mal à remonter, et ne donnent lieu à aucune formation ou information du public. La société a pris la décision d’intégrer des accidents de consommation mortels, comme un dommage collatéral, ne pouvant entraver l’intérêt de la production. Nous mourrons pour la gloire des entreprises, de l’utilisation directe ou indirecte des produits. Afin de dédouaner les responsables naturelles, les accidents sont pris en charge par la communauté. Le cout de la mortalité est donc à la charge des victimes. Si on ne cherche à prévenir les causes, il est mis un point d’honneur à soigner les malades, et certains seront même indemnisés. À aucun moment l’entreprise n’est impliquée, ou ne peut être mise en cause pour l’utilisation de ses produits. En conséquence cela annihile toute motivation, pour modifier un produit dangereux, voir pour cesser sa production. Finalement on n’attribuera pas plus d’importance aux statistiques de mortalité, qu’a une hécatombe de moucherons dans un verre de vinaigre, et les courbes de mortalités restent stables d’une année sur l’autre. Le seul intérêt retiré par la société est de faire fonctionner le secteur médical ou l’industrie pharmaceutique. Le processus ne prend pas en compte la douleur individuelle, seulement la stabilité économique dans son ensemble. Or il me semble que cela devrait être l’inverse. Le bien être global devrait découler de la satisfaction individuelle. De toute évidence, l’intérêt des entreprises salariales ne concorde pas avec l’intérêt des individus qu’elle asservit.

Monde de monopole.

Les gens meurent au contact des objets installés dans leur environnement, sans possibilité d’inverser la tendance. Personne ne cherche à remédier à ce type de morts, car personne n’a d’intérêt direct à le faire, ou ne peut être sanctionné s’il ne le fait pas. Si l’entreprise n’est pas responsable, c’est donc le consommateur qui l’est, ainsi en désignant un faux coupable on supprime toute possibilité d’amélioration. Il faut donc que les entreprises cessent d’être des entreprises, afin que tous acquièrent le statut d’entrepreneurs. Ainsi doté d’un pouvoir raisonnable les groupements de producteurs seront soumis à l’intérêt général. Concentrer le pouvoir de pans entiers de l’économie, entre un nombre d’intervenants réduit, fait des mandatés les mandants. L’intérêt particulier prévaut alors sur celui du groupe, bloquant toute réforme. Cette force disproportionnée est directement issue du monopole dont jouit l’entreprise. Elle est la cause directe, de la nature dangereuse de la production. Le pouvoir d’employer que l’État conféré aux entreprises favorise leur intérêt aux dépens du bien public.

La solution.

Nous avons inversé le sens des valeurs, nos créations devraient améliorer notre quotidien au prix d’un travail raisonnable, et non au prix de la vie des utilisateurs. Nous avons réussi à réduire la mortalité professionnelle et nous produisons dans une relative sécurité, peut-être serait-il temps d’organiser le fonctionnement de la société dans son ensemble, autour de la sécurité des usagers, et non de l’intérêt stérile d’une minorité. Mourir par l’utilisation des produits de consommation n’est pas une fatalité. Nous devons en finir avec ces fléaux. Les victimes ne doivent plus être considérées comme des coupables.

Les maladies nosocomiales.

Notre système de santé a mis en place, un hôpital tourné vers la recherche. La formule a incontestablement été couronnée de succès, tant au travers des découvertes que de l’accessibilité au grand public. Il existe cependant un point noir, nous avons créé le service hospitalier, comme s’il s’agissait d’un commerce de grande distribution. La méthode brille par son succès, mais il n’en demeure pas moins qu’elle souffre d’un défaut majeur. Comment peut ont conserver un système de soin, qui par son simple fonctionnement, produit les pathogènes les plus dangereux, auquel l’humanité n’a jamais été confrontée ? Chaque année environ dix-mille personnes meurent de maladies nosocomiales. La médecine devrait contrôler son propre fonctionnement afin de ne pas produire les germes des pires fléaux qu’elle est censée combattre.

Malheureusement ce n’est actuellement pas le cas. La médecine n’est pas libre d’exercer selon les principes qui l’animent, elle n’est pas autonome. Elle est soumise à l’état, ultime décideur tant en matière de moyen que d’objectif. Or les objectifs de la force publique ne sont pas ceux de la santé. Si comme nous l’avons vu, notre civilisation tire sa force de son développement économique, la véritable priorité de l’état est de s’assurer de la santé économique des entreprises, et le secteur médical ne fait pas exception. L’état a pour mission de s’assurer que les entreprises produisent, toutes les tendances ne participant pas de cette logique, sont secondaire. Ainsi les malades et les morts seront considérés, comme une perte collatérale. Pour l’état l’ordre des valeurs est de soigner avant de prévenir. Nous sommes dans un système insensé ou comme à la guerre, les victimes semblent un mal inéluctable. De fait on ne désigne aucun coupable aux maladies nosocomiales, comme s’il s’agissait du fonctionnement normal de la société. Cette logique était peut-être parfaitement justifiée dans un contexte de guerre économique mondiale au 20em siècle, mais elle ne l’est plus dans l’époque de progrès social actuel. Ces pathologies existent en raison, du choix d’un secteur économique fort, au détriment des usagers. Nous avons choisi de soigner les malades, au lieu de prévenir la maladie. C’est pourquoi en temps de paix, ce sont les individus qui doivent avoir la priorité, et seul le corps médical est à même de mettre en œuvre ce type de politique. La médecine ne doit pas être soumise à l’État, car en matière de maladies, il n’est de plus hautes autorités que les médecins.

Il n’est pas de missions plus nobles que celle de la santé, car elle a pour objectif d’éradiquer la souffrance et ses causes. Quiconque a vu des gens mourir de maladies ou d’absence de soins, sera intimement persuadée de la mission civilisatrice de nos médecins. C’est pourquoi il faut rétablir une hiérarchie de commandement, reflétant nos priorités. Les médecins sont nos gardiens, ils doivent être en matière de santé publique les ultimes décisionnaires, tant en termes de budget que d’orientation. Ils sont les personnes les plus aptes, à nous guider sur le chemin du bienêtre. Ce sont les seuls à pouvoir déterminer de quelle manière, notre société doit se développer et à quelle condition elle doit le faire, dans le respect et le bien être des individus qui la constituent. Les politiciens n’ont pas ce type d’expertise, car ce n’est pas leur fonction. L’état est notre protection contre les agresseurs, les maladies dépendent de la santé pas de la politique.

Le système salarial entretient l’illusion d’un conflit permanent, que rien ne justifie. En conséquence de quoi, nos médecins sont assujettis à l’état et sont contraints de soigner selon des méthodes imposées.  Actuellement, les médecins sont les tâcherons de l’état qui les focalisent sur la prescription de médicament. Ce faisant ils sont détournés de leur véritable fonction, qui est celle de prévenir plutôt que de guérir. Être payé pour les soins prodigués, incite à se préoccuper plus des maladies que de leurs causes.  Le médecin ne doit pas être payé au nombre de gens soignés, mais de ceux en bonne santé.  Faire de la prévention évite de faire du traitement médicamenteux un mode de vie. Pour illustrer mes dires, il n’est pas d’exemple plus flagrant que la grippe. Tout le monde a pu constater que l’on prescrit des antibiotiques et que l’on renvoie les contagieux au travail. On traite les symptômes et on laisse la contagion se répandre, il me semble que ce genre de méthode doit être proscrit. Les personnes contagieuses devraient rester chez elles, pour éviter d’en contaminer d’autres.  On devrait rembourser des traitements de confort, simplement destiné à masquer les effets négatifs, et réserver les antibiotiques pour les usages strictement nécessaires. On s’éviterait ainsi l’apparition de maladie résistante.

En dépouillant les médecins de leur liberté d’action, l’état bride des troupes, dans une guerre sans âge. Nous créons des maladies immunisées à tous les traitements connus, et nos médecins sont impuissants contre ce processus. Nous les avons dépouillés du pouvoir de nous protéger, contre l’ennemi le plus redoutable de l’humanité. Ainsi par une déresponsabilisation chronique, le milieu hospitalier en est venu à produire des maladies pour lesquelles on ne connait aucun traitement. C’est à la médecine à déterminer si l’hôpital est le meilleur instrument pour distribuer les soins, et c’est à elle seule, de déterminer comment on l’administre.   L’exercice de la médecine dépasse largement la prescription médicale, et si pour vaincre définitivement un certain nombre de maladies, il est nécessaire de donner aux médecins le pouvoir de réformer le système hospitalier, je ne vois pas au nom de quoi on ferait l’impasse de méthodes ayant pour objectif de nous protéger.

Nous sommes à la fin d’une période obscure de l’histoire, ou l’état règne sans partage. Il est temps de se rendre compte que le bien être quotidien de la population, ne dépend pas seulement de la gestion de la force physique, mais de la manière dont les gens s’administrent eux-mêmes. Si la société civile doit se donner des responsables du bienêtre, les médecins semblent plus désignés que les politiciens. Il est du ressort de la psychologie d’établir comment on enseigne en milieu scolaire, pas à l’état. Ce sont les règles d’épidémiologie qui devraient imposer les méthodes d’éradication des germes pathogènes en milieu hospitalier, pas à la mairie. C’est au spécialiste de la nutrition, de définir comment doit être présentée la nourriture afin que l’on mange de tout en quantité raisonnable, pas à la publicité. C’est au médecin que doit être dévolu la tâche de déterminer ce que sont les canons de la vie saine et heureuse, et à en administrer ses principes, car si le bonheur dépend de l’usage que l’on fait de notre corps, c’est aux techniciens du corps et de l’esprit, que l’on doit de pouvoir le faire dans de bonnes conditions.

Nous vivons dans une société où la simple nécessité de dépistage des maladies n’est pas imposée. Nous pouvons être en danger de mort, par le simple fait de côtoyer des individus que rien n’oblige à se soigner. À quel point faut-il être insensé, pour faire passer la liberté individuelle avant le bienêtre collectif, et permettre à des gens malades de développer leurs maladies sans aucune considération pour ceux qu’ils contamineront. Si les gens veulent mourir c’est leur droit, mais en fonction de quel principe, devraient-il en entrainer d’autre avec eux, ou même simplement rendre malade ceux qui les entourent. Nous créons les conditions de développements de nos propres fléaux.

La réalité des faits.

C’est donc au nom de la santé publique que chaque individu doit prendre conscience de sa vulnérabilité face au processus industriel, et à la mortalité qui en découle. Cessons d’incriminer les consommateurs, en les accusant d’être responsables de leurs propres morts, alors qu’ils en sont les victimes. Considérons au contraire les morts du processus industriel comme une perte inadmissible, qui doit être combattue par tous les moyens. Notre démarche consistant à soigner sans rien faire pour se prémunir des causes de la mortalité est insensée. Que ce soit dans le domaine des maladies contagieuses ou des accidents de la consommation, il ne peut exister aucun prétexte à la culpabilisation des victimes.

Les ravages de la surconsommation.

Si nous prenons les entreprises agroalimentaires, qui ont pour but de nous nourrir, leur mode de fonctionnement induit sept-millions de personnes obèses en France et cinquante-cinq-mille décès chaque année. Acceptons de reconnaitre une politique de surconsommation maladive pour ce qu’elle est. Le bizness modèle des entreprises du secteur consiste à vendre le plus possible, et elles y parviennent au détriment de notre santé. Chaque année vingt-cinq-mille personnes décèdent du diabète, maladies occasionnées par le surpoids. Il ne s’agit pas de condamner les entreprises alimentaires se conformant au modèle social, mais le principe salarial dont ces pratiques découlent.

L’objectif de l’industrie alimentaire n’est pas de vous nourrir, elle est de faire une plus-value sur les produits qu’elle vend. Nous sommes conditionnés à user et à abuser des produits qu’ils diffusent, parce qu’ils constituent une rente financière. Tout est fait pour pousser à une surconsommation maladive. Si l’on était complotiste, on serait tenté de croire qu’une volonté organisée a pour objectif de nuire à la population dans son ensemble.  Hélas ! il n’en est rien, lutter contre des personnes physiques aurait été plus aisé. C’est par un procédé naturel que chaque étape du meurtre de masse est mise en place, et cela commence dès la plus tendre enfance.

 Il n’est donné aucune formation sur la manière de se nourrir, les enfants sont laissés dans la plus totale ignorance, de la nocivité des produits gras et sucrés. Ces substances ont pourtant un rôle primordial dans la prise de poids, et on en retrouve pourtant dans presque tous les aliments, pour leurs qualités gustatives.   Ce ne sont pas des cours d’hygiène alimentaire qui sont diffusés en boucle sur les écrans, mais des incitations ouvertes à la consommation. Chaque jour toute la population, enfants compris, se trouve martelée par des flashs censés les inciter à manger ce genre de produits. Nous connaissons le mode de fonctionnement de la publicité. Nous sommes parfaitement au fait de leur influence. Pourtant c’est sans aucun scrupule que nous les laissons faire la promotion, de produits générant un fléau national. C’est un fait, l’abus de ces substances provoque l’obésité, et pourtant nous n’hésitons pas à utiliser les moyens les plus puissants pour inciter à les consommer. La publicité est porteuse d’effet pervers mortifère, ayons le courage de reconnaitre que toute mauvaise technique doit être interdite. Il n’est pas normal de mourir de méthodes commerciales, censées favoriser un système mortifère. Le problème serait facile à résoudre s’il se limitait à la publicité, car les ramifications sont bien plus vastes et touchent même le système scolaire. 

Une immobilité criminelle.

L’exercice physique est indispensable au bon entretien du corps, pourtant l’activité physique à l’école, est limité à un niveau de recommandation proche de la survie. On ne préconise pas un nombre d’heures de sport par jour, mais par semaine. On se lave les dents plus longtemps qu’on ne court. Nous vivons dans une société qui a choisi de tout sacrifier aux facultés intellectuelles. Et à l’encontre de toute logique, nous laissons se détériorer son support, comme si cela n’avait aucune influence sur le tout. Nous abandonnons des individus totalement désarmés face à l’alimentation.

On fait payer le diététicien à des jeunes à qui on devrait plutôt apprendre à se nourrir. Lorsqu’après une multitude de régimes le surpoids devient pathologique, on n’hésite pas à préconiser des chirurgies invasives tel l’anneau gastrique. Rien n’est fait pour pallier les excès alimentaires, dans une société de consommation forcée. Si une personne en risque de dépassement de poids cherche à pratiquer un exercice avec le peu de temps que lui laisse son travail de salarié, il devra payer simplement pour rester en bonne santé. C’est ainsi que pour survivre à la nuisance alimentaire, le malade devra se plier à des exercices, qui s’assimilent plus à un travail qu’a un plaisir. Il n’est pas étonnant qu’après avoir passé la totalité de leur enfance immobile, ils ne trouveront aucune joie dans la contrainte d’un sport.

Des marques dénaturées.

Matraqué par la publicité, il vous sera donc imposé, des produits, dont le principal objectif, est de faire vivre des marques. La puissance de conviction est tellement forte, que les individus seront fiers d’acheter les plus connues. Ils confondront le prestige de dépenser cher avec l’intérêt que devrait présenter le produit.  Ils sont fiers de se référer à une étiquette trompeuse, incapable de départager le bon du mauvais.

L’industrie agroalimentaire est allée jusqu’à modifier les espèces pour cadrer avec le processus de transformation industriel. Les agriculteurs ne mangent pas ce qu’ils vendent, ils cultivent à part, ce qui est destiné à un usage personnel. Dégoutés par les méthodes de production courantes, ils prennent soin de ne pas se les appliquer. Sous la pression de la rentabilité, les élevages industriels nous obligent à manger de la viande de bête martyrisée. Les producteurs interdisent la diffusion des images des sites de production, de peur de nuire à leur commerce. Personne ne pourrait regarder des conditions d’élevage aussi insoutenables sans être pris de nausées. On consacre des sommes significatives au packaging, et on dissémine des tonnes de plastique d’emballage. Les millions de litres de poison mortel déversés sur nos cultures pourraient être avantageusement remplacés par des prédateurs. Nous imbibons nos sols de désherbants pour nous débarrasser d’une herbe pouvant très bien être consommée par des auxiliaires vivants.

L’ensemble de ces dérives sont le résultat de la logique salariale, poussant à produire non dans l’intérêt du consommateur, mais dans celle de l’employeur.  C’est pour amasser du capital qu’employés et client sont exploités par des méthodes outrancières. Nous portons atteinte à la santé publique sous prétexte de santé économique. Abandonnons la logique entrepreneuriale ou les produits sont une manière d’effectuer une plus-value. Il n’est pas possible de continuer à tolérer des pertes collatérales pour simplement se nourrir. Il me semble urgent d’ouvrir des centres d’alimentation diététique. Les consommateurs doivent être formés dès le plus jeune âge, à la consommation d’une alimentation saine. On apprend les tables de multiplication à l’école, il serait temps d’apprendre aux enfants la valeur calorique des aliments afin de le faire prendre conscience des méfaits ce de qu’ils mangent.   Il semble logique d’arrêter la promotion d’ingrédients ou de produits finis comportant des matières grossissantes dans une société d’abondance.

Les accidents domestiques.

Les accidents de la vie courante génèrent 4.5 millions de blessés, et vingt-mille morts par ans, les rendant cinq fois plus meurtriers que les accidents de voiture. Nous vivons dans un monde décidé à rejeter la faute de cette mortalité, sur les individus. Il a été sciemment décidé que la mortalité est causée par notre incompétence. Nous vivons selon les règles d’un code moral, générant une réaction, seulement si la mort est le résultat de l’action directe d’un tiers.  Ainsi des individus meurent, mais la société refuse de prendre en compte la manière dont les accidents arrivent faute de coupable.

Sans pour autant désigner une personne comme responsable, il me semblerait normal de prendre en considération les causes de mortalité, pour les modifier voire les supprimer. L’utilisation des statistiques on parfaitement permis d’identifier les problèmes. On décède pour des raisons de chute, de suffocation, de noyade, d’intoxication, ou de feu. Cependant personne n’envisage d’interdire l’utilisation des objets qui sont la cause directe de la mort, ou d’engager une démarche pour les rendre inoffensifs.  Si l’alimentation entraine la suffocation des personnes âgées, c’est que la méthode par laquelle on les nourrit n’est pas adaptée à leur âge. Les surfaces glissantes qui sont de manière évidente la cause des glissades mortelles, n’ont jamais fait l’objet d’une interdiction. Les dispositifs de bain n’ont jamais été rendus totalement surs. On continu à vendre des produits de nettoyage mortel et à les entreposer dans des lieux, accessibles aux enfants. Les flammes n’ont pas été bannies des cuisines, et on continue à faire chauffer des aliments, selon des procédés pouvant entrainer de graves brulures. Les installations électriques vétustes ne sont soumises à aucun contrôle périodique. Tout est fait comme si les morts dues à l’environnement ne devaient pas être prévenues.

Nous sommes tellement persuadés du bienfondé de la situation, que nous ne prenons même pas la peine d’informer la population de la manière dont on chute dans une maison. Nous passons totalement sous silence les 26 morts par jours résultant de cette cause. Nous ne donnons même pas une chance de prévoir les comportements dangereux et les objets qui en sont la cause, par une simple information télévisuelle. Quel intérêt y a-t-il à ne pas faire remonter les informations auprès du grand public ? Laisser les consommateurs dans l’ignorance des dangers, rend impossible toute améliorations des produits, et ces derniers ne feront rien pour améliorer leurs installations.

Nous sommes des individus sociaux faits pour réagir à l’information et rien n’est fait pour la faciliter. On nous abreuve de fictions généreusement entrecoupées de publicité, mais à aucun moment il ne nous est signalé les dangers des produits fournis par les industries du bâtiment, de l’électroménager ou de la chimie. Ne serait-il pas profitable à tous de savoir quels sont les objets générateurs d’accidents et les marques les diffusant. Il serait sans aucun doute bénéfique de voir la pression des consommateurs s’exercer pour améliorer les normes de production. La société n’est-elle pas censée progresser de cette manière ? nous avons des chaines publiques, n’ont-elles pas le devoir d’informer la population des objets causant la mortalité, et les circonstances des drames afin de se prémunir de tels accidents ?

Ce n’est pas un service à rendre aux entreprises de les laisser s’assoupir dans une satisfaction trompeuse. La société aveuglée par le principe d’occlusion intellectuelle refuse de reconnaitre la simple idée d’imposer aux entreprises les recherches pour améliorer les objets qu’ils vendent. S’il y a mort, il semble normal de pouvoir accéder aux éléments de l’enquête. Les circonstances de la mort doivent être en accès public, afin de sensibiliser les entreprises et permettre au média une meilleure diffusion. La communication étant la meilleure des préventions, peut-être serait-il judicieux de mettre dans les programmes des personnes concernées les informations relatives au danger de la maison.

Les drogues addictives.

L’aveuglement général atteint son summum avec l’alcool causant cinquante-mille morts par ans (50000) avec un-million-deux-cent-mille malades. Le tabac en cause soixante-dix-huit-mille morts (78000) avec six-cent-soixante-dix-huit-mille malades. Les drogues légales tuent parce que l’humanité remet entre les mains des industriels, la diffusion de substances générant des addictions. Les pouvoirs publics ne semblent pas vouloir reconnaitre l’impuissance des individus, à lutter contre de tels produits et leur effet néfaste. L’état considère les conséquences funestes, comme le meilleur moyen de prévention.

De manière totalement naïve, nos fonctionnaires s’imaginent que la vision de la maladie peut avoir une action chez le drogué du tabac. Il faut être aveugle, pour ne pas se rendre compte de l’inutilité des images mise sur les paquets. De telles méthodes ne sont pas efficaces contre la toxicomanie, elles sont tout juste bonnes à dédouaner les pouvoirs publics. Il en est de même des impôts prélevés par l’état au travers du tabac et de l’alcool. Les taxes ne ressuscitent pas les morts elles ne dissuadent même pas de l’addiction.

Une logique archaïque nous pousse à croire que l’on doit être puni des excès que l’on commet. Il faudrait considérer comme une juste sanction les terribles conséquences qu’entraine l’usage de ces drogues récréatives. Les chiffres sont là pour nous prouver l’inefficacité des méthodes utilisées. Ce n’est pas à l’état de combattre les addictions, c’est aux médecins. Dépassons cette conception punitive de la lutte contre les drogues, les individus doivent pouvoir bénéficier de l’office de la science et de la médecine, seule apte à mettre en œuvre les méthodes psychologiquement efficaces, pour se débarrasser de tels fléaux.

 La médecine est la seule institution apte à déterminer qui, comment, et à partir de quel âge, ces matières actives peuvent être utilisées. Elle seule peut déterminer les quantités et la périodicité des prises, pour en faire un usage récréatif, sans devoir supporter l’hécatombe qu’ils génèrent. Les cigarettes sans nicotine devraient être obligatoires pour tous nouveaux fumeurs.

Cessons de conditionner l’alcool sous forme de bouteille, elles entretiennent l’idée que l’on peut se modérer pour les quantités, ou la périodicité des prises. La sensation de bienêtre procurée par l’alcool rend toute modération difficile, dès lors que l’on a commencé à boire. C’est à la science de déterminer, quelle doit être le pourcentage de matière active entrant dans la fabrication de ces produits, afin de procurer le plaisir que l’on est censé en retirer sans pour autant tomber malades ou devenir infirme.  Combien de personnes ont perdu leur acuité visuelle après avoir absorbé des doses trop importantes d’alcool. Les hôpitaux font usage de matières actives extrêmement fortes, sans rendre les malades dépendants. Chaque jour en France dix-neuf enfants naissent atteints du syndrome d’alcoolisation fœtale, soit sept-mille par ans présentent des malformations, dû à la consommation de leur mère pendant la grossesse. Pour ces personnes le simple fait de vivre devient un handicap, parce que nous laissons des substances dangereuses en vente libre.

Il est totalement anormal dans le cas du tabac, de distribuer les doses sous forme de cartouches. Il est nécessaire de mettre en place des coutumes de consommation, sous la stricte surveillance du corps médical. Il n’est pas question de parler d’interdictions, toutes les politiques ayant utilisée cette voie, on aboutit à un résultat allant dans le sens contraire à celui souhaité. Si de tout temps et en tous lieux, les humains ont utilisé des stimulants, il est totalement anormal que n’ait pas été mis en place, une utilisation plus sure de drogues récréatives.  On retire un médicament du marché pour quelques accidents mortels par ans, et on laisse la libre circulation de substances générant cent-vingt-mille morts par ans. Où est la logique ? Nous sommes à l’orée de la légalisation du cannabis, une telle réflexion semble indispensable, si l’on ne veut pas voir les dégâts de cette nouvelle drogue, se superposer à celles déjà existantes.

On laisse la chose se répandre sans prévention scolaire, les individus peuvent fumer et boire en public, le tout avec une large diffusion médiatique. Il n’est pas un feuilleton ne présentant la consommation de tabac et d’alcool comme étant normale voir même revalorisant. Les films devraient présenter leur usage comme négatif, et stupide. Est-il admissible que les parents donnent l’exemple et favorisent l’intoxication de leurs enfants. Laissons se constituer des établissements, dont le but sera de permettre aux intoxiqués de pratiquer sans influencer la population par leur exemple.  Les méthodes de désintoxication devraient être gratuites et accompagnées d’un suivi psychologique, afin de ne pas laisser les individus seuls face à leurs addictions. Les méthodes de désintoxication sans douleur devraient être promues à grande échelle. Le transport de telles substances devrait être plus contrôlé que les armes, elles font bien plus de morts. Leur usage devrait être restreint à des environnements réservés à cet effet.

Les usagers ne sont pas responsables des malades et des morts causées par ces fléaux, c’est la logique commerciale encouragée par l’état, agissant hors du contrôle de la médecine, qui l’est. Ce sont les entreprises qui distribuent librement des produits conditionnés de manière à encourager l’abus. Au vu des méthodes de diffusion et d’encadrement, il est normal d’avoir des millions de personnes présentant une addiction au tabac et à l’alcool, avec un tel taux de mortalité. Les individus ne sont pas responsables de leurs addictions. En décidant de favoriser le système économique, l’état est le seul responsable de ces morts à grande échelle. Il est naturel d’aimer les psychos-stimulants, mais les méthodes actuelles de distribution ne conviennent pas aux consommateurs. Rendre les gens responsables de leur addiction, c’est accepter leur mort comme naturelle.

Il est temps d’aborder la question dans un esprit dépourvu de tous aprioris. La gamme des substances psycho active est extrêmement étendue et il y a fort à parier que certaines seront infiniment plus ludiques, et d’un usage moins dangereux que celui des drogues classiques. Il serait temps d’entamer des études, permettant de savoir quel type de drogue sont les plus adaptées, en fonction de la manière dont on les absorbe. Seules ces recherches nous permettront de savoir comment utiliser des substances récréatives, sans en faire un fléau social.

La voiture et la ville.

S’il est un domaine, où la priorité industrielle a été placée avant le bien être des gens, c’est bien l’industrie automobile. L’utilisation de ces produits engendre trois-mille-cinq-cents décès et soixante-douze-mille-deux-cents blessés par ans, dont trois-mille handicapés à vie, et ce simplement pour se déplacer, de son lieu de travail à son domicile ou jusqu’aux lieux d’approvisionnements. Ainsi en jetant notre dévolu sur la voiture, nous avons accepté comme une fatalité de mourir sur le chemin reliant deux activités.

Mais ceci n’est rien comparé aux nuisances induites, par cette pseudo liberté.  En acquérant une autonomie sans égal dans l’histoire de l’humanité, nous avons allongé les distances qui devraient pouvoir se faire à pied, et fait de nos petites citées des mégapoles.  Ainsi le gigantisme de nos villes, les morts et la pollution qui en découlent, sont le résultat d’une anarchie volontaire.  Nous bétonnons et nous goudronnons nos trajets, sous prétexte que nous sommes incapables d’organiser notre développement sans les voitures. On devrait se demander, ce qu’il reste d’humain dans ce mode de vie. Nous sommes enfermés dans une logique infernale ou pour privilégier une industrie, et nous lui avons asservi toutes nos infrastructures.

La ville est l’outil le plus perfectionné de l’évolution culturelle humaine, et la mégapole le symptôme de sa maladie.  Nous n’avons pas besoin d’asservir des dizaines de millions de personnes à une logique insensée. C’est pourquoi j’affirme haut et fort, rien ne nous oblige à vivre sous la domination de l’automobile. Nous devons nous délivrer d’un objet nuisible, imposant à nos villes une forme contre nature.

Il semblerait logique de concevoir des cités constituées d’habitation collective, dans lesquelles se retrouverait l’ensemble des moyens de distribution. Ces habitations devraient se situer à proximité des lieux de production, l’ensemble étant subdivisé en unités de taille moyenne, idéalement située à la campagne. Il semblerait logique de relier ces unités de logement et de production, par des moyens de transport collectif. Or il apparait de manière évidente que la construction se fait de manière totalement anarchique. On fait des cités trop grandes, dans lesquelles il est impossible d’échapper aux encombrements. On entasse un nombre incroyable de gens, rendant la gestion de l’eau et des déchets problématiques. On construit des gratte-ciels sans se rendre compte, de la difficulté de se déplacer d’un point à un autre. 

La ville n’a jamais été pensée en termes d’optimisation des temps de trajets ni d’une production dépolluée. On a construit nos agglomérations pour les voitures, pas pour les conducteurs, car si toute concentration urbaine a besoin de moyen de déplacement, rien n’indique que les voitures soient indispensables. Nous avons été contraints de faire nos unités de production à l’extérieur des villes, parce que nous ne savons pas produire proprement.

Réindustrialisons dans le respect de l’environnement, en permettant de travailler et de vivre dans un même lieu. Un jour nous produirons en milieu naturel, débarrassé de la pollution visuelle, sonore, chimique ou bactériologique. Cessons de produire sale, sous prétexte que les acheteurs sont pauvres, et cessons d’accuser les urbanistes de faire des citées déshumanisées. Les villes sont un enfer invivable et dangereux à cause des voitures et de leur pollution. Nous sommes responsables de nos choix.

Ne croyez-vous pas qu’il serait temps de replanter des arbres, et d’installer des transports collectifs sans danger pour la population. Nous est-il vraiment impossible de faire prévaloir l’intérêt général avant celui de quelques entrepreneurs rendu tout puissant par le salariat ? Le temps semble venu de retrouver la raison. Mourir sur les routes est un prix bien trop cher pour de mauvais emplois.  Ayons le courage de se poser la question, de savoir si on doit vraiment mourir sur le chemin du travail, et perdre autant de temps à se déplacer aux seules fins de vivre.

Les voitures génèrent des accidents, car nous ne sommes pas faits pour conduire à de telles vitesses. Nos capacités de concentration ont du mal à rester en éveil, lorsque nous sommes assis à contempler le déroulement monotone de la route. Le sentiment de sécurité se dégageant de l’habitacle est trompeur, tout choc au-delà de soixante kilomètres à l’heure est fatal. La musique et le ronronnement du moteur ne nous aident pas vraiment à rester vigilants. Nous avons laissé se développer un environnement inadapté aux individus, dont on connait pertinemment son caractère mortifère, pour privilégier le développement économique.

 Soucieux de la santé de ses administrés l’état a mis en place, une politique de harcèlement moral et financier incroyable. On traque les contrevenants pour des règles tatillonnes, on harcèle les étourdis comme on chasserait le grand banditisme. Personne ne peut savoir à l’avance combien lui coutera de sortir de chez soi, tant le risque d’une contravention est grand. L’état cherche à justifier ses choix en harcelant les usagers.  Il se montre mesquin en rejetant les morts de la route sur les conducteurs. Les radars sont autant de percepteurs d’impôts dissimulés, réduisant le conducteur à l’état de cible impuissante. On martyrise les professionnels en leur supprimant leur permis de conduire. Dans une société où tout a été construit pour la voiture, en interdire l’usage est une sanction totalement disproportionnée.

On est allé jusqu’à instaurer des stages de rééducation routière dont les méthodes, n’ont rien à envier aux techniques de coercition chinoises. Ramener les conducteurs sur le banc de l’école est une volonté manifeste d’humilier. Le cours est entièrement dédié à la culpabilisation d’un auditoire contraint de participer à son autocritique. Les exercices d’un niveau de primaire sont faits pour vous démontrer votre stupidité. 

La voiture est parvenue à cristalliser l’opposition au gouvernement. La fiscalité automobile suscite des émeutes et le sang coule inutilement.  Les agitateurs exhibent fièrement leurs moignons, les éborgnés défilent en tête des manifestations. Les actes d’incivisme se répandent sur l’ensemble du territoire et la protestation s’acharne contre les radars. La colère gronde dans toutes les couches de la société parce que l’état touche à une nécessité fondamentale : le déplacement. L’ancien régime taxait le sel, le nouveau fait des véhicules un objet d’imposition.

Nous devons sortir de cette logique, acceptons la réalité, la technologie arriérée des automobiles n’est pas adaptée aux humains. Elle fait de nos villes un environnement impropre à la vie. Nous n’avons pas besoin des voitures pour nous déplacer, pas plus que nous n’avons besoin de pétrole pour les faire fonctionner. Nos choix économiques sont désastreux autant en termes d’humanité que d’écologie. Se débarrasser de la voiture sera un progrès inestimable. Les remplacer par les transports en commun est une nécessité absolue tant environnementale qu’humaine. Si nous les conservons pour des raisons de stratégie économique, il sera urgent de développer la conduite automatisée. Cela ne réduira pas les problèmes écologiques, mais aura au moins l’avantage de réduire le nombre des accidents.

Le suicide.

Le suicide comptabilise douze-mille-neuf-cents cas par ans. Ce chiffre est loin de représenter l’ampleur du phénomène puisque deux-cent-mille personnes tentent de se suicider chaque année en France. Le suicide est, comme les morts précédemment citées, stigmatisé par le fait que la société désigne comme unique cause les victimes. Par un raisonnement hâtif, la justice dédouane toutes responsabilités extérieures. En déniant une signification au geste, on a décidé d’y voir la cristallisation d’un déséquilibre. La majorité n’envisage pas le mauvais fonctionnement de la société comme cause du passage à l’acte.

Nous vivons dans des démocraties et nous mettons le respect de la vie au plus haut point sur l’échelle de nos valeurs. La mort est la pire des choses et jamais une société ne doit la donner. À ce titre nous avons exclu la peine de mort, des sentences prononcées par la justice, malgré l’atrocité des crimes commis. Pourtant cette mansuétude à l’égard des criminels ne semble pas s’appliquer aux suicidés. Pas une seule personne ne défile dans la rue pour lutter contre ce drame, et les politiques mises en œuvre brillent par la pauvreté des moyens mis en place.

Pourtant les morts sont atroces, la première cause de suicide, l’empoisonnement, nécessite de se procurer la matière active, puis de l’ingérer. La méconnaissance des produits à employer réserve en général une longue agonie seule face à son acte.

La pendaison est la seconde méthode la plus employée, les gens ne se rendant pas compte de la manière dont on meurt. Dans les films on voit les pendus mourir instantanément, mais il faut savoir qu’il en est rarement ainsi. La pendaison est une mort rapide, si elle est précédée d’une chute venant briser les vertèbres cervicales. Dans les cas d’autopendaison, il est rare de chuter de plus d’un mètre. On se laisse glisser dans le vide, et certains agonisent plus d’une demi-heure, le cou bien souvent lacéré par des cordes trop fines. C’est une mort ignoble et douloureuse.

À ses côtés la mort par armes à feu parait pleine de mansuétude tant elle est rapide, mais peu de gens ont le courage de se tirer en pleine face ou en plein cœur. C’est ainsi que beaucoup meurent dans d’atroces souffrances des suites d’une longue hémorragie. Il en est de même pour les autres méthodes, tel se faire impacter par un véhicule ou le saut dans le vide.

La SNCF a choisi de cacher ce genre d’évènement en leur donnant le nom « d’accident de personnes ». Je n’ose imaginer les douleurs endurées pour en arriver à de telles extrémités.  Le temps et la souffrance nécessaires pour arriver à prendre une telle décision participent à la douleur de l’acte lui-même. Pourtant il n’y a aucune commisération envers les suicidés manqués. La dureté semble être la seule réponse offerte par les secourt, pensant sans doute endurcir les malheureux, par une attitude ferme. Ainsi selon une logique absurde on traite sans ménagement les personnes trop faibles pour résister aux vicissitudes de la vie. On refuse d’admettre la responsabilité des causes externes. Pourtant à moins d’accepter l’idée d’avoir des millions de malades mentaux dans les rues, il faut se rendre à l’évidence, l’humanité a des frontières, au-delà desquelles elle perd ses moyens.

On est apte à se défendre à l’encontre des vicissitudes de la vie, si l’on a reçu un conditionnement psychologique fort. Comme pour l’école, certains réussissent là où d’autres échouent par la différence des éducations. L’état ne semble pas vraiment prendre ce problème en considération, au vu de la faiblesse des moyens octroyés à la prévention. Nous sommes devant un cas de déni manifeste.

Malgré l’ampleur du phénomène, la réponse sociale est faible, on ne nous entraine pas à reconnaitre les signes avant-coureurs, on ne fait aucune publicité pour une quelconque assistance psychiatrique. L’intérêt suscité par le phénomène est tellement bas, qu’un taux de récidive de cinquante pour cent n’alerte personne. Un tel échec remettrait en cause n’importe quelle procédure, si le problème était traité rationnellement.  L’inefficacité des mesures est flagrante et ne semble pas être un sujet d’inquiétude. Les personnes désirant se suicider manifestent des signes précurseurs. Je suis profondément étonné de l’ignorance de la population, dans la manière de les reconnaitre et de les traiter. S’il existe des lignes dédiées à l’écoute, rien n’est fait pour résoudre les problèmes.

Personne ne veut voir notre société salariale telle qu’elle est. Le fonctionnement de nos institutions publique et privée est mortifère, pour des êtres doux et aimants supportant difficilement les aléas de la société. Les soins pouvant être apportés coutent visiblement trop cher pour être mis en pratique. L’état se refuse de voir la défaillance des familles et la solitude affective qui en découle. Soulager la pression des tourments n’entre pas dans la panoplie des aides envisageables. Des gens se suicident pour des dettes, certains se laissent mourir pour des échecs sentimentaux, d’autres mettent fin à leurs jours par suite de harcèlement, la mort est une porte de sortie des gens trop seuls pour trouver une aide. L’échec tue et personne ne veut voir dans les règles sociales inadaptées à la nature humaine les causes du dysfonctionnement. 

La mort signale ultime.

Si l’on additionne les morts, dû au comportement de leurs auteurs, on arrive pour l’année 2013 à deux-cent-vingt-mille-trois-cents morts. Cela représente en France plus de 600 décès par jours, sans compter les centaines de personnes malades ou infirmes. Nous sommes arrivés à un degré d’aveuglement tel, que même notre conception du danger est altérée. Les causes de la mortalité ne sont même pas regardées avec suspicion.

Les risques liés aux maladies nosocomiales sont considérés comme trop faibles, et nous demandons à être soignés aux urgences d’un hôpital, pour le moindre accident. On ne frémit pas devant les carrelages glissants, ou les escaliers trop pentus, les accidents domestiques sont pour les autres, jamais pour sois. Tout le monde semble ignorer que nous avons 5 fois plus de chance de mourir chez soi, que d’un accident de voiture. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, c’est avec la plus grande désinvolture, que nous buvons de l’alcool, ou fumons du tabac. On parcourt les mètres de linéaire de spiritueux exposé dans les grandes surfaces, sans aucune indignation. Nous nous gavons de denrées alimentaires à risque, la surconsommation est considérée comme normale, et on considère les aliments gras et sucrés, comme les ingrédients indispensables à toute fête. On rêve en voyant les publicités automobiles, sans se rendre compte qu’elles sont la cause des principales nuisances de nos citées. Nous aimons conduire pour nous échapper du quotidien, alors que les inconvénients de la ville sont causés par les voitures elles-mêmes. Pour finir, on considère toujours le suicide comme une maladie honteuse, stigmatisant les familles.  Tout se passe comme si dans notre société une mort ne possédant pas de responsable, ne mérite pas d’être pris en considération.

L’information psychologique.

Si nous prenons en exemples les animaux sauvages, nous nous rendons compte que tous ont la plus grande hostilité envers les prédateurs, et les actions risquées. Toutes les études montrent que nous sommes nous aussi des animaux. Nous devrions réagir devant les périls avec un minimum de prudence. Pourtant la mort accidentelle ne semble éveiller chez nous aucune précaution particulière.

L’espèce humaine appartenant au règne animal, on peut s’étonner de l’absence de réaction face au danger. L’humain possèderait-il un courage lui permettant d’ignorer les risques de la société, ou peut-être une indifférence totale au sort d’autrui ? Bien évidemment l’humain n’est ni suicidaire ni insensible aux autres. Ce comportement pour le moins insolite a une raison logique : les individus n’ont pas connaissance des problèmes engendrés par les produits.

Une telle assertion pourrait prêter à rire, tout le monde a une connaissance, même partielle, des causes de mortalité.En fait, nous sommes informés des risques, par la télévision et les journaux des actions dangereuses, mais de manière intellectuelle. Ce type d’information ne déclenche pas le réflexe de survie. En nous indiquant un taux de mortalité, on ne nous permet pas d’être informés naturellement par la vue des personnes mortes ou mourantes, ou par les lamentations des proches endeuillés. Le stimulus causant la peur a été supprimé, la mort liée aux processus industriels est une mort, sans cadavre ni responsables. Dans la nature n’importe quel animal blessé, essayera par ses cris et ses gestes, de prévenir ses congénères, du danger représenté par une espèce de prédateurs ou un piège. Toute cause de mortalité sera un objet de peur. Cependant dans la société humaine les manifestations de la douleur sont étouffées, on n’interview pas chaque blessé dans les hôpitaux ni chaque malade en soins palliatifs. Les hôpitaux ne montrent pas les personnes, mourant de maladies nosocomiales. Les informations n’osent pas dévoiler les cadavres des enfants noyés dans leur bain, ou celui des personnes âgées ayant chuté dans leurs maisons.  Les maisons ne s’ouvrent pas aux caméras, pour montrer les victimes des drogues légales, rongées par leurs addictions. Les parents dissimulent soigneusement leur progéniture malade de surpoids, les enfants ne souhaiteront pas montrer leurs parents victimes du diabète. Les médias ne montrent ni les corps déchiquetés à l’intérieur des voitures ni la marque des carcasses, de peur de nuire aux constructeurs. On occulte les cadavres des suicidés comme si l’on voulait nier le suicide lui-même.

Mais par-dessus tout on cache la pire souffrance, celle des familles. On fait disparaitre les cris de douleur, les larmes, les obsèques, les deuils et leurs conséquences. On prive la société, du seul moyen de faire cesser cette boucherie inutile. Les gens ne peuvent adopter un comportement de prudence, s’ils ne bénéficient pas de la vue des accidents et encore moins leurs causes ou leurs conséquences. Le taux de mortalité est ignoré, par un simple manque de visibilité.

Les consommateurs sont frappés de cécité intellectuelle, par honte de la réalité. À une époque où l’image est omniprésente, les médiats ne donnent aucune indication sur les 600 personnes mourant chaque jour en France. Faute de responsables aucune police n’enquête. Il est interdit de faire une corrélation entre la morbidité des produits, et leur défaut de conception sécuritaire, ou leur mode de distribution. Les entreprises ne sont peut-être pas responsables, mais il semble évident que l’information n’est pas retransmise correctement, puisque l’on meurt dans un silence assourdissant. Comment inciter les consommateurs à refuser un produit dangereux, si on leur cache les conséquences de son utilisation ?  Il n’est pas nécessaire de désigner un responsable, pour lever le blackout médiatique. Les entreprises n’ont pas une valeur supérieure à la vie humaine, et les marques impliquées dans la production d’un objet dangereux, doivent être identifiées pour avoir une chance de s’améliorer.

Les consommateurs sont en droit d’être psychologiquement informés, car si les employeurs ne sont pas juridiquement responsables, la connaissance émotionnelle des faits est une question de vie ou de mort. L’amélioration des produits doit naturellement se faire sous la pression des clients dument informés. Vous devrez à la lecture de ces lignes être persuadé de la vertu salvatrice de l’exemple. Si vous ne voyez pas la douleur, le réflexe de prudence ne s’enclenchera pas. Si l’on nous cache les causes de la mort, elles ne seront jamais modifiées. Nous sommes tous en droit de connaitre les noms des produits causant les décès et leurs circonstances. Chacun doit pouvoir voir la douleur des familles, les veillées funèbres, les enterrements, les pleurs des proches. Ce n’est pas une question de voyeurisme, c’est de cette manière que se déclenche le réflexe de peur qui sauvera des vies. La population doit être informée du danger dans toutes ses dimensions.

L’image des marques et des entreprises ne passe pas avant la vie des usagers.

Libérer la presse.

La nouvelle presse doit être libérée, pour devenir déssalarier et publique. La presse salariale n’a pas la liberté voulue pour délivrer un message direct. Elle est trop facilement contrôlable, il suffit de convaincre l’employeur de mettre en lumière un fait, ou tout au contraire de le taire, pour modifier la réalité de l’environnement des auditeurs. Nous arrivons par ce biais, à faire disparaitre plus de 600 morts par jours, et à bloquer toute démarche d’amélioration ou de suppression des produits dangereux.

Si nous voulons retrouver un fonctionnement normal, il faut, dénoncer l’inadmissible.  Si les gens meurent en glissant chez eux, on doit pouvoir imposer des surfaces moins propices aux chutes. Si les bébés se noient dans les baignoires, inventons un dispositif de bain sécurisé. Si les hôpitaux sont contaminés par des maladies résistantes à tous les antibiotiques connus, nous devons montrer les personnes emportées par des maladies normalement bénignes. Ainsi nous pourrons soumettre à la décision populaire l’utilité des centres hospitaliers, et chacun devra décider si les CHU doivent être décontaminés ou fermés. Si l’abus d’antibiotique est la cause de ces mutations, donnons aux médecins la capacité d’en restreindre l’usage, sans être pénalisés auprès de leur clientèle. Facilitons l’utilisation de remèdes de conforts. Si certaines drogues sont mortelles du fait de leur addiction, les ravages doivent être visibles sur toutes les chaines de télévision, et la législation sur l’usage doit être discutée pour savoir si on doit les délivrer sous contrôle médical. Nous devons décider, si nous voulons pour nous en débarrasser, ternir leur image dans les médiats et instaurer des salles de consommation pour le tabac et l’alcool à l’instar des salles de shoot. La liberté individuelle ne doit pas se transformer en plébiscite d’industrie génocidaire.

Les ravages de l’obésité doivent apparaitre de manière flagrante afin de déterminer la manière de distribuer la nourriture. C’est au peuple de décider, en connaissance de cause, s’il doit limiter la diffusion des aliments nocifs. Si la conduite des voitures tue, il est indispensable d’en connaitre les circonstances. Il sera alors décidé s’il faut privilégier la conduite assistée par ordinateur, ou passer massivement aux transports en commun.

Tout doit être fait pour venir en aide aux gens mourant de leurs actes y compris les suicidaires. Si faire de la publicité pour les psychiatres permet d’éviter des morts, cela mérite d’être discuté.  Le débat démocratique passe par une presse libre et indépendante. La communication doit être considérée comme une institution au même titre que les élections. La législation sur les causes de mortalité doit être retirée des mains d’une élite dirigeante, pour être remise entre celle du peuple souverain.

La liberté d’expression.

La presse doit cesser d’être l’organe par lequel l’état forge les opinions, pour devenir l’institution par laquelle le peuple se pose des questions.

La dessalarisation présente l’immense avantage, de sortir certaine administration de la zone d’influence du pouvoir, permettant au peuple de s’assurer du bon fonctionnement de ses institutions. L’état ne doit pas être juge et parti de la qualité de son action. Les élections sont trop éloignées les unes des autres, pour être un contrôle vraiment efficace. Notre société accélère sans cesse ses processus de fabrication, et l’état est une entreprise ne devant pas échapper à cette règle. La presse est le contrôle qualité de l’administration. Les statistiques sont au premier rang concerné par ce double impératif, qui consiste à être d’utilité publique et présentée par un acteur privé.

Les statistiques et la Cour des comptes.

Si la conscience des choses dépend de la manière dont on les compte, alors les statistiques définissent la réalité, et la presse est l’organe par lequel on les présente au public. Pour avoir une vision claire, nous devons protéger les statistiques, et punir de la manière la plus sévère, toute personne tentant de les influencer. Une telle charge ne peut être laissée entre des mains partisanes. Ce n’est pas à l’état de décider des sujets de préoccupation de la population, ou des lignes éditoriales. Si la presse a des chiffres, elle doit transmettre les images correspondantes.

Selon l’article 17 des droits de l’homme et du citoyen : Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée n’a point de constitution.

En laissant mourir les consommateurs, sans les informer de la mortalité encourue, nous soulignons la faiblesse de notre constitution. L’institut des statistiques et la presse auraient dû être un réel contrepouvoir. Le principe de la dessalarisation a pour but de libérer producteur et consommateur, de la tutelle du patronat et de l’état. Si vous laissez les médiats continuer à exercer sous leur forme salariale, vous continuerez à avoir de l’information qui n’en est pas. Vous aurez des programmes faits pour fidéliser un public, et le rendre plus réceptif aux publicités. Toutes informations allant à l’encontre de ce formatage continueront à être découragées. Vos organismes de sondage reflèteront la réalité des dirigeants, au détriment de celle des usagers. Des dizaines de milliers d’individus continueront à mourir chaque jour dans le monde pour entretenir une consommation mortifère, ayant pour but l’enrichissement d’une minorité.

Bio sagesse.

Nous vivons une époque extrêmement avancée d’un point de vue technologique, mais d’une stupidité extrême du point de vue biologique. En bloquant l’avertissement naturel des dangers, nous laissons la pression sélective se manifester par la mort de millions de personnes dans le monde, sur des caractéristiques inutiles. En quoi faire disparaitre des individus pour des raisons d’excès de nutrition, d’absorption de drogues, de résistance au choc, ou de nouveaux pathogènes est utile à notre espèce ? nous laissons des individus mourir sans raison majeure. Il n’existe aucun avantage évolutif à posséder une capacité à résister aux causes de mortalité qui viennent d’être énumérées. La seule justification est culturelle : nous laissons des individus souffrir et mourir en grand nombre, pour favoriser nos entreprises. Le blackout doit cesser à la simple lecture de ces lignes et la vérité doit éclater. La dissimulation des faits doit cesser, la population est en droit d’avoir une information psychologiquement pertinente. Le bien de l’employeur n’est pas supérieur à celui de l’employé et du client.

Le modèle salarial est d’essence cannibale, il était peut-être adapté à un environnement préhistorique très rude, ou la survie des uns dépend de la mort des autres, mais il ne possède plus aucune utilité depuis la mécanisation de la production. Le salariat est un système transitoire permettant aux sociétés industrielles d’accoucher, à marche forcée. Il est maintenant temps pour chacun d’acquérir le contrôle de sa propre destinée. Tous patron ! est la formule qui permettra de s’affranchir d’un système injuste et contreproductif, inscrivant la domination de l’un sur l’autre comme une voie sans issus.

Le test du miroir.

Il existe un test pour savoir si un animal a conscience de lui-même, on le met devant une glace et s’il se reconnait, on le considèrera doué de conscience. Si beaucoup d’animaux manifestent cette qualité, l’humain n’a pas besoin de miroir pour savoir qu’il est lui-même. Son niveau de conscience lui permet même de se reconnaitre, dans les gens qu’il rencontre. C’est le sens profond de « aime ton prochain comme toi-même », cette maxime incite à voir en toute personne, un autre soi-même.  À l’inverse les mauvaises règles culturelles, poussent les individus à abuser les un des autres, et à se combattre au lieu de coopérer. La matrice salariale déshumanise l’humanité, elle impose la domination là où devrait se trouver l’égalité.

En changeant les règles de l’emploi, nous pouvons éradiquer le comportement, imposant la domination des individus les uns sur les autres. Ainsi la société augmente le niveau de sa conscience, lorsqu’elle permet à des individus ne se connaissant pas de travailler ou de commercer, sans que l’un n’exploite ou n’abuse de l’autre.

                                               CHAPITRE 7

Un retour aux valeurs fondamentales.

La monnaie-temps nous permettra de retrouver nos valeurs fondamentales, étant à l’origine issus d’un monde égalitaire. Depuis l’aube de l’humanité, l’heure de travail d’un individu a toujours valu celle d’un autre. Une technologie monétaire archaïque nous a fait croire qu’il pouvait en être autrement. La monnaie temps nous permettra par les techniques les plus modernes de retrouver nos comportements originels. Il en sera de même pour le partage du bénéfice qui n’est qu’un retour au partage des gains de la chasse entre les membres de la tribu. Enfin libérés du travail salarial découpant la société en caste, les individus revivront la joie du travail collaboratif. La disparition du statut d’employeur modifiera profondément le tissu social en homogénéisant la population.

La compétitivité biolibérale.

L’évolution biolibérale n’est pas une nouveauté, mais un retour à notre véritable nature, celle d’avant les lois égoïstes des monnaies non égalitaires. Depuis des temps immémoriaux, les humains progressent en se transmettant les problèmes de génération en génération. Nous avons modifié les plantes et les animaux, afin de pouvoir nous nourrir et nous vêtir sans savoir ce qu’était le code génétique. Les humains ont constamment amélioré leurs outils, chaque invention venant se rajouter à la précédente. En partant de végétaux et d’animaux sauvages, de simples os, des pierres ou du bois, nous en sommes arrivés aux avions et aux centrales nucléaires. Encore une fois ce sont les nouvelles technologies qui nous montrent la voie, les logiciels libres ne sont pas une innovation, ils sont en fait un retour à une méthode de travail ancestrale, qui fera à nouveau ses preuves.

C’est par la capacité que nous avons d’intervenir directement sur les problèmes dès leur apparition qu’il est possible d’accélérer l’évolution de la société. Imaginez la vitesse de progression de nos cultures, si nous appliquions ce procédé merveilleux à l’ensemble de la production industrielle. Nous passerions alors d’entreprise faite pour exploiter, à un modèle de société fait pour progresser. Les brevets sont la récompense de l’inventeur, mais ne doivent pas être un frein à l’évolution des objets. En modifiant perpétuellement les produits nous serons infiniment plus compétitifs, au point qu’il sera totalement impossible à une société salariale, de rivaliser sur la qualité ou les prix. Comme toute évolution découlant d’une libération, le biolibéralisme sera naturel et facile à mettre en application, car il enrichira ceux qui le mettent en pratique.

Demain L’IA.

Toutes les innovations présentées sous le terme de biolibéralisme seraient totalement impossibles sans l’outil informatique. Que ce soit la monnaie-temps ou l’abolition des taux d’intérêt, en passant par la dessalarisation des entreprises, pour finir par la répartition des bénéfices, aucune de ces méthodes ne peut être mise en œuvre sans un outil informatique puissant, et un internet absolument omniprésent.

Le vieux rêve de l’humanité unifiée en une seule entité, dont les différentes parties ne se feraient pas la guerre, est enfin à portée de vue.  En éradiquant les différences de salaire nous établirons l’outil d’une mondialisation humaniste, non plus basée sur l’exploitation d’un humain par un autre, mais par une juste répartition des bénéfices. Par l’égalité de revenus nous supprimerons la pauvreté à l’intérieur des frontières, et nous pourrons en finir avec les conséquences désastreuses de la pauvreté, telles la maladie et la malnutrition dans les pays qui nous entourent. En créant un enseignement basé sur le jeu, nous donnerons à la connaissance un engouement que les méthodes traditionnelles n’ont jamais pu susciter. La mise en place d’un nouveau système de brevet et de royalties enclenchera un renouveau de l’intérêt pour la recherche.   

Nous sommes à la veille d’une expansion technologique sans précédent, dont l’intelligence artificielle sera un des aboutissements majeurs. Depuis des millénaires le principal facteur d’incompréhension entre les individus de nation différente est le langage. C’est cette diversité qui encore aujourd’hui nous sépare. L’une des principales retombées de cette technologie sera d’être un traducteur universel, permettant aux peuples de se comprendre, et aux informations de circuler.

Avertissement.

La dessalarisation des employés, la monnaie temps, et la répartition des bénéfices basée sur le temps seront une amélioration, seulement si les impôts et les charges sociales sont gérés par référendum, et si la dessalarisation est totale.  Si vous conservez une partie du salariat, vous maintenez un monopole actif continuant son exploitation de masse. Le biolibéralisme est un retour à la démocratie non représentative par le pouvoir de la technologie. Si les minimas, les charges sociales et les impôts restent entre les mains de représentants autoritaires, vous serez tenu en laisse sans rien pouvoir faire.  Si la liberté n’est pas totale, vous perdrez tout le bénéfice du changement. Le biolibéralisme est une théorie globale impliquant la métamorphose complète du système salarial.  C’est une technique faite pour lutter contre les injustices, avec pour conséquence de permettre un ralentissement de l’exploitation environnementale, sans perte de niveau de vie.

Le biolibéralisme a donc pour objectif de faire disparaitre le gaspillage permis par un pétrole dont le prix autorise toutes les extravagances. Développons un nouveau circuit énergétique basé sur l’électrolyse de l’eau. Faire le choix de remplacer la consommation d’hydrocarbure est le seul moyen de poursuivre notre progression technologique, tout en conservant un niveau de vie décent. Il est fort probable que les voitures seront échangées contre des transports en commun, et le solaire remplacera avantageusement notre vieux système de chauffage au fioul. Le biolibéralisme permettra de lutter contre le réchauffement climatique, par ses qualités intrinsèques.

L’ADN du biolibéralisme.

Le biolibéralisme est par l’ensemble des innovations proposé, à même de changer l’orientation profonde de la société. Imposer huit heures de travail à chaque producteur maintient la machine industrielle à plein régime. Actuellement ce travail forcé, alimente une planète financière, plus gourmande en compagnie pétrolière qu’en activité écoresponsables. Interdire la journée de huit heures de travail ne sera pas un processus de décroissance, mais tout au contraire un enrichissement des producteurs. Les stocks financiers que le capitalisme remet entre les mains des employeurs, sera donné à leurs légitimes propriétaires les producteurs. Ce faisant ceux-ci pourront, comme il se doit, soutenir la croissance.

L’industrie pétrolière salit la planète parce qu’elle est bon marché, et que l’on a décidé de ne pas voir les déchets. Le pétrole pollue l’air avec les rejets de co2, il se déverse dans les océans sous forme de plastique, et est aussi la principale cause des guerres. Or nous faisons le choix de nous servir de ces résidus carbonés, simplement parce qu’ils sont moins chers que le solaire. En rendant aux producteurs les capitaux détournés par les employeurs, nous donnerons les moyens financiers à la population, de se débarrasser du pétrole et du charbon pour nous payer du solaire propre. Nous produisons sales, parce que nous sommes trop pauvres pour nous payer des technologies écologiques. Nous utilisons le nucléaire ne pouvant aller chercher le solaire, là où il est en quantité illimité, c’est-à-dire l’espace. Si nous devons installer des capteurs pour concentrer l’énergie solaire, nous devons le faire là où il brille en continu.  Actuellement nous ne maitrisons pas la technique pour le faire, mais en mettant en place les premières solutions sur terre, nous pourrons entamer un processus vertueux.

Notre consommation de matières premières nous laissera exsangues à courte échéance. Nous devons cesser de produire dans le seul but de créer du capital et nous contenter de produire pour notre simple bien être. La logique de l’employeur consiste à produire de mauvaise qualité pour améliorer son bénéfice, ce principe résume à lui seul la doctrine de l’obsolescence programmée. Cesser d’imposer huit heures de travail et se passer des employeurs, permettra de se débarrasser de la camelote industrielle, pour enfin produire des objets beaux et durables, fait à partie de matière recyclable.

L’être humain est la principale nuisance de l’environnement, nous devons revenir à des comportements plus écologiques. Aux vues des immenses surfaces désertiques, il est inutile de prôner une diminution de la population humaine, il sera bien plus simple d’apprendre à produire plus de denrées alimentaires. La richesse générée par le biolibéralisme nous permettra d’acheter une nourriture écoresponsable. La recherche devra alors se tourner vers des techniques de lutte biologique pour éviter les pesticides et les fongicides. Nous gagnerons en propreté et en productivité sans nuire à l’environnement.

Le biolibéralisme est vert.

L’agriculture est le plus ancien métier de l’humanité et aucune transformation ne peut se faire sans elle. C’est par la baisse des couts alimentaires qu’a pu se développer une société industrielle puis une société de services, pour cette raison le biolibéralisme sera avant tout une révolution agricole. Il faut retirer le pétrole et ses dérivés de notre production alimentaire, et construire sur une base écologique une société de la connaissance. Cessons d’utiliser des produits chimiques nocifs pour le sol, et la vie qu’il abrite. Nous devons redémarrer sur une base saine, en créant un secteur agricole écologique, fonctionnant à partir d’une énergie verte comme les bios gaz. Les solutions existent, elles ne sont pas appliquées, parce que la pétrochimie pratique une concurrence déloyale.  Nous devons donner un libre accès, à des méthodes respectueuses de l’environnement.La lutte contre les insectes nuisibles ne doit plus être issue du pétrole, mais des plantes ou effectuée par le biais des prédateurs naturels. Nos engins agricoles sont encore grossiers et imprécis. La nocivité de la pétrochimie découle directement de l’incapacité qu’on nos machines, à cibler précisément les problèmes qu’elles doivent traiter. L’humanité n’a pas vocation à détruire son environnement, c’est le salariat qui par une exploitation forcenée des ressources, conduit le monde vers un mur.

Si vous regardez avec attention le mode d’application des pesticides, vous vous apercevrez que 90% des insecticides épandus dans les champs ne touchent pas les parasites. Des quantités considérables de poison sont dispersées dans la nature en pure perte. Il est temps d’utiliser des auxiliaires naturels, pour nous permettre de combattre les parasites par leurs prédateurs.  En s’appuyant sur la vie organique, pour donner au sol une fertilité nous pourrons nous passer des engrais chimiques. L’alimentation humaine après digestion doit retourner dans les champs dont elles sont issues, nous ne devons plus baser notre fertilisation sur des apports extérieurs, mais sur un retour du biotope souterrain. Il est temps de recréer le cycle naturel de la fertilisation par nos excréments. Nous dépensons des sommes considérables pour nous débarrasser de nos biodéchets, qui malgré leur valeur sont jetés en pure perte. Nous devons retrouver une coopération avec la nature, en troquant les désherbants contre des herbivores, pour se débarrasser des herbes nuisibles, ou utiliser un désherbage ciblé grâce à la robotisation. Les auxiliaires naturels n’ont pas encore tous étés étudiés, et prendre la décision de le faire est le premier pas. Nous nous évertuons à faire pousser des plantes dans des conditions tellement contre nature qu’il faut ensuite les perfuser de traitement afin qu’elles ne meurent pas. Il en est de même des animaux qui sont élevés sans aucune considération au point que leur pauvre vie n’est qu’une suite de maladies avant de finir dans nos assiettes.

Depuis près de cent ans, nous avons cessé de moderniser l’agriculture en continuant d’employer une main-d’œuvre sous-payée. Or c’est justement par la capacité à supprimer totalement le travail manuel ingrat, que se trouve le prochain gain de productivité. C’est par la précision de nos machines que nous parviendrons à cueillir, transformer, conditionner, et livrer de la nourriture prête à manger. La robotique se développera avant tout dans les campagnes, car notre révolution agricole ne s’achèvera qu’avec la disparition de la main d’œuvre non spécialisée.

La fin des mégapoles.

La transformation la plus spectaculaire qu’offrira le biolibéralisme sera à n’en pas douter la fin de la croissance démesurée de nos citée. La voiture sera remplacée par les transports en commun et les pollutions aux particules fines et au co2 prendront fin. Nous retrouverons des rues où les enfants pourront jouer, et la convivialité des villages. Les camions se convertiront au ferroutage et cesseront d’encombrer et de polluer nos routes.   De petites villes se développeront sur les parcours des trains à grande vitesse redonnant à nos campagnes l’attrait d’autrefois.  Ces villages connaitront la prospérité par le télétravail et la gestion décentralisée des nouvelles entreprises.  Le but ne sera plus de créer des villes dortoirs, mais de véritable centre d’activité, des lieux de travail dont les trains seront la colonne vertébrale. Nous avons un des meilleurs systèmes ferroviaires au monde il serait temps qu’il prenne toute sa dimension. À l’encontre de ce que l’on pourrait penser, le chemin de fer sera le moyen de transport de l’avenir, et un réseau de villes décentralisées en sera le moteur.

Les déserts reverdiront.

D’immenses zones sur terre sont impropres à l’exubérance de la vie, et ces immensités stériles sont appelées à devenir fécondes par la mécanisation. Nous nous sommes lancés dans d’ambitieux projets d’électricité nucléaires, mais nous négligeons la production des ressources plus indispensables telle que l’eau. Nous ne cessons d’entendre qu’une des plus proches échéances en termes de pénurie est celle de l’eau douce, tant pour boire que pour irriguer nos plantations. De nombreux pays souffrent déjà du manque, et ne peuvent s’offrir les technologies couteuses permettant d’en obtenir. Or il n’est pas nécessaire de faire appel, à des solutions dispendieuses.

Par un processus industriel totalement aberrant, nous avons décidé de produire de l’eau douce à partir de procédés extrêmement énergivores. Aucune entreprise nationale ne semble avoir développé un procédé d’ébullition de l’eau de mer, à partir de la concentration de lumière solaire. Pour être clairs, nous avons du mal à fabriquer de l’eau chaude, directement à partir du soleil, pour dessaler l’eau.  Ainsi nous nous évertuons filtrer ou à faire chauffer de l’eau en plein désert sous des latitudes tropicales, à partir de pétrole, de gaz, ou de panneaux photovoltaïques, qui tous sont énergivore et polluants. Pourtant le principe de production d’eau douce par ébullition solaire de l’eau de mer, est impressionnant par sa rentabilité, puisqu’il produit à la fois de l’eau douce et de l’électricité.

La mise en valeur des déserts est donc un objectif prioritaire, non seulement pour avoir de l’énergie, mais pour une production agricole ultra intensive. La population mondiale ne baissera pas. Les conséquences économiques seraient désastreuses, aucun pays ne se résoudra à ce type de révolution.  Les étendues désertiques ne sont pas impropres à la production, elles sont simplement plus couteuses à faire produire. Il est nécessaire d’y amener de l’eau douce, et de préparer les sols, pour les rendre utilisables par l’agriculture. Ces deux impératifs ne sont pas une impossibilité technique, seulement financière.  D’un côté nous possédons des milliers de milliards cherchant désespérément à s’investir, et de l’autre des populations mourant de faim et de soif, sur des terres pouvant être mises en valeur.

Les marchés financiers regorgent d’investisseur prêt à placer leurs capitaux à taux négatif, mais personne ne semble prêt à faire les investissements, permettant de sortir de la misère des millions de personnes. Quand cesserons-nous cette logique stupide ? Le capitalisme est une technique d’appauvrissement de masse dont nous voyons tous les jours les effets néfastes. Il est inapte à servir de moyen de développement, car c’est une méthode d’exploitation. Nous faisons de la création monétaire, pour sauver des banques, et nous ne trouvons pas de fonds pour un développement rationnel de la planète.

Aider les autres cela revient à s’aider soi-même. 

Exploiter nos voisins nous entraine à maintenir des pays entiers dans le sous-développement. Nous commençons d’ailleurs à ressentir les conséquences d’une telle politique, au travers des vagues d’immigration qui s’échouent sur nos plages. Nous faisons de leur pays des enfers, il est normal qu’ils cherchent refuge chez nous. Il est urgent de mettre en place une politique inverse, qui aurait pour objectif de permettre l’autonomie des populations. Il va de notre bienêtre direct de fournir la technologie et les finances, qui permettront à nos voisins de devenir autosuffisant en nourriture, afin que comme nous, ils puissent se consacrer à une économie de la connaissance.

Nous devons leur fournir les infrastructures alimentaire et scolaire, leur permettant de se développer. Il est plus que temps de mettre fin à une immigration, dû à la pauvreté, dont nous sommes nous-mêmes à l’origine. Nous ne pouvons, nous développer seul sans aider les pays voisins de l’Europe à développer une agriculture écologique. Leur démographie explose, s’ils ne peuvent pas se nourrir, ils ne pourront accomplir leur révolution industrielle. À défaut d’entamer un véritable partenariat sur le très long terme, nous aurons de la pollution, des guerres pour les matières premières, et des épidémies. Est-ce vraiment cela le projet de développement de l’humanité ?

L’industrie de la connaissance ou l’accomplissement du rêve de l’humanité.

Partis des contrées chaudes de l’équateur il y a des dizaines de milliers d’années, l’espèce humaine a été capable de rejoindre les pôles et d’y vivre. Avec la même détermination, nous ferons reverdir les déserts. Nous nous affranchirons des aléas de l’environnement, pour devenir capables de produire sur des terres stériles. En nous exerçant à faire revivre les contrées sans vie, nous finirons par créer un environnement fertile jusque dans l’espace. Le monde est une boite de Petri dont nous allons nous échapper. L’humanité n’est pas seule, nous sommes une partie d’une symbiose d’une infinie diversité, dont les différentes espèces collaborent depuis des milliards d’années. Si l’être humain a pour vocation de s’extraire de sa planète, il le fera avec une très grande partie des innombrables organismes, qui l’accompagnent depuis la nuit des temps.

Nous avons jusqu’à ce jour, consacré une infime partie de nos capacités à comprendre ce qui nous entourait. L’immense majorité de l’humanité était affectée à simplement survivre. Nous allons inverser le ratio et consacrer une infime minorité à vivre, mais une immense majorité à comprendre les mécanismes de ce qui nous constitue nous, et ceux qui comme nous possèdent un code génétique. Nous sommes parvenus là où nous en somme, avec infiniment peut de savoir théorique. Imaginez où nous irions si nous consacrions la majorité de nos forces à la compréhension de ce qui nous entoure ou de nous-mêmes. 

En extrapolant notre puissance de calcul, connectée à la précision des machines, démultipliée par la maitrise de l’énergie, nous avons les moyens de faire un travail de titans.

Si notre bienêtre et nos possibilités d’évolution sont actuellement soumis au goulot d’étranglement d’une énergie fossile en raréfaction, les perspectives d’avenir semblent infinies avec les énergies renouvelables et l’hydrogène. Nous sommes dans un environnement littéralement saturé d’énergie, notre planète est une boule de feu enrobé d’une mince croute durcie, le tout baignant dans un océan de rayonnement solaire. Nous devons entamer des investissements dans la recherche des énergies renouvelables, grâce aux énergies fossiles. Développons enfin des infrastructures propres, nous donnant accès à une énergie illimitée. Nous capitalisons pour l’avenir et le temps importe peu.

L’époque de l’essor de l’humanité est arrivée, il ne faudra pas rater ce qui risque d’être notre unique chance de prendre en main, le destin du vivant vers l’espace. Pour cela nous devons apprendre non seulement à maitriser l’énergie solaire, mais aussi toutes les technologies permettant de créer un environnement confortable dans l’espace. Nous sommes loin d’avoir trouvé de nouvelles terres et celle que nous trouverons sont, nous le savons déjà, fort éloignées. C’est pourquoi les connaissances les plus importantes seront celles nous permettant d’adapter le vivant à l’espace. Comment faire vivre les espèces ailleurs que sur terre, si nous cultivons toujours en plein champ et nous nous nourrissons d’animaux ?

Demain l’espace.

L’espèce humaine possède des facultés intellectuelles jamais atteintes par le vivant. Il est temps de réaliser que ces capacités mettent à notre portée les immensités de l’espace.  Un jour nous serons capables de vivre dans le vide, d’y fabriquer des vêtements, des vaisseaux, et des habitations. Cependant il n’est pas possible de quitter la terre avant d’être capable de produire une alimentation adéquate. Nous ne pourrons augmenter notre population dans l’espace si nous ne pouvons augmenter nos rendements alimentaires. C’est donc ici sur terre que les techniques de production doivent se perfectionner.

Toute l’évolution humaine a reposé sur notre capacité à produire plus, sur une surface toujours plus petite. Il est illusoire de s’imaginer qu’il en sera autrement dans le futur. Il y a une convergence de but entre notre vie sur terre et celle que nous aurons dans l’espace. L’agriculture extensive est appelée à disparaitre, et l’intensive à se renforcer. Nous devons nous libérer des cycles des saisons et des intervalles du jour et de la nuit pour produire des végétaux protéinés en flux constants et dans des temps toujours plus courts.

C’est le seul moyen de rendre à la nature les espaces qui lui appartiennent afin qu’elle continue son évolution naturelle. Nous avons la capacité de devenir les gardiens de notre planète, il est inutile d’en être les fossoyeurs. Nous détruisons la terre parce que nous utilisons de trop grandes surfaces de cultures, nous devons en réduire l’emprise au sol si nous voulons alléger le poids que fait peser notre espèce sur le vivant. Si nous voulons protéger la biodiversité, nous devons entamer une production dans les déserts afin de laisser la vie sauvage se développer dans les régions fertiles. L’évolution technique n’est pas l’ennemie de la nature tout au contraire, c’est par manque de connaissances, que nous produisons sale et écologiquement cher.

Un message qui dépasse l’intérêt individuel.

Le biolibéralisme permet de revisiter rationnellement les mécanismes humains. Après des millénaires d’errance salariale, il est nécessaire de diffuser ces principes, afin qu’ils soient portés à la connaissance de chacun. Remettons au gout du jour les salons de réflexions, qui ont été la base de toute pensée démocratique. Réapprenons à nous socialiser autour des idées, non pas de manière antagoniste, mais collaborative. Nous devons revisiter l’art d’échanger, par l’accouchement des idées.

Démontrons l’inégalité qu’engendre le salariat, au travers d’argument calmement exposé. Confrontons le point de vue de l’employeur et de l’employé de manière dépassionnés, afin que chacun soit persuadé qu’il y a plus d’intérêt à s’unir qu’à rester divisé. Le but est d’importance, car l’inégalité est une citadelle, saignant ceux qui la subissent, alors qu’un principe de répartition équitable ouvrirait la porte d’un monde nouveau. Découvrir par quels moyens nous sommes asservis est la preuve qui manquait à tous ceux croyant sans pouvoir le démontrer, que les relations économiques ont une base injuste.

 Le moyen n’est ni compliqué ni difficile, ce n’est qu’une vulgaire péréquation économique largement à la portée de notre civilisation. La délivrance est maintenant accessible, car la seule force de cette iniquité était d’être dissimulée par l’ignorance. À la lumière de ce principe, chacun pourra constater les ravages de l’inégalité. Cet espoir est bien plus qu’une lumière vacillante, c’est un brasier qui rugit, car il porte le nom de justice.

Lorsque chacun sera persuadé que notre asservissement est le résultat d’un calcul défectueux, il deviendra évident qu’en changer sera un progrès pour le moins comparable, à celui de la suppression de l’esclavage. Le biolibéralisme ne peut rien par lui-même s’il n’est soutenu et porté par des gens de bien, voulant résoudre les problèmes de la société et la faire avancer. Il est nécessaire que tous ceux comprenant la portée s’en fassent les diffuseurs, que ce soit auprès de leur famille, dans leur milieu de travail, ou le soir autour d’un verre. Il faut expliquer, diffuser, convaincre que le changement est possible, et qu’il ne dépend que de la détermination des individus à l’appliquer pour qu’il se réalise. Il sera alors possible de mobiliser les populations autour de l’espoir de voir naitre un monde, débarrassé des limites archaïques d’une exploitation abusive.

C’est parce que nous ne pouvons pas voir sa nature malfaisante que l’ignorance circule librement, le simple fait de la reconnaitre suffira à en faire tomber les murs. La vérité est un antidote qui fera s’évanouir ce rêve malsain, nous asservissant depuis les âges les plus sombres de l’histoire.